-Fin de citation-
Les défis identifiés à cette occasion non seulement demeurent,
mais ils sont plus dangereux et urgents.
Pour cette raison, il est aujourd’hui plus vital et péremptoire
pour le Mouvement, le besoin d’agir de concert.
Nous sommes frappés par une profonde crise économique, sociale,
alimentaire, énergétique et environnementale, qui a acquis un
caractère mondial. Les débats internationaux se multiplient, mais
non pas avec la participation de tous les pays. Il existe une
conscience croissante du besoin de trouver des réponses à court
terme, cependant celles justes et durables sont encore à atteindre.
Si nous n’agissons pas avec la fermeté et l’urgence requises, ce
seront encore une fois nos peuples qui souffriront, pendant plus
longtemps, les pires des conséquences de cette crise.
Il est impossible de maintenir les injustes et irrationnels
modèles de consommation ayant servi de fondement à l’ordre
international actuel, imposé par quelques-uns peu nombreux et que
nous avons été obligés à respecter. Il n’est ni légitime ni
éthiquement acceptable un ordre mondial inspiré des prétentions
hégémoniques et de l’égoïsme des minorités privilégiées. Il n’est
pas durable un système qui détruit l’environnement et qui favorise
l’accès inégal à la richesse. Le sous-développement est une
conséquence inévitable de l’actuel ordre mondial.
Le néolibéralisme, en tant que politique économique, a échoué. Le
mythe des bontés du marché et de sa dérégulation, les prétendus
bénéfices des privatisations et de la réduction de la capacité
économique et de redistribution des États ainsi que la crédibilité
des institutions financières, sont aujourd´hui profondément remis en
question dans toute analyse objective.
Lorsque Cuba a assumé pour la première fois la présidence du
Mouvement des pays non-alignés, en 1979, il y a 30 ans, le leader de
la Révolution cubaine, le camarade Fidel Castro, a alerté des
conséquences négatives entraînées par la dépense de plus de 300
milliards de dollars en armement et de l’existence d’une dette
extérieure des pays sous-développés s’élevant à un montant semblable.
A cette occasion, le camarade Fidel a calculé qu’avec ce chiffre,
il aurait été possible et je cite: «de construire en un an 600
mille écoles d’une capacité pour accueillir 400 millions d’enfants;
ou 60 millions de logements confortables pour 300 millions de
personnes ou 30 mille hôpitaux avec 18 millions de lits; ou 20 mille
usines capables de générer d’emplois pour plus de 20 millions de
travailleurs; ou aménager pour l’irrigation plus de 150 millions
d’hectares de terre, lesquelles avec le niveau technique adéquat
pourraient nourrir un milliard de personnes», a-t-il conclu.
Bien entendu, rien n’a été fait et la situation s’est aggravée de
façon dramatique. Il suffirait de signaler, que les dépenses
militaires annuelles, à l’heure actuelle, dépassent le chiffre de 1
million de million de dollars; le nombre de chômeurs dans le monde
pourrait s’accroître à 230 millions au cours de l’année 2009; et en
à peine un an, en 2008, le nombre de personnes affamées dans le
monde est passé de 854 millions à 963 millions.
L’ONU estime qu’il suffirait de 80 milliards de dollars annuels
pendant une décennie pour venir à bout de la pauvreté, la faim et le
manque de services de santé, d’éducation, et de logement dans toute
la planète. Cette somme est trois fois inférieure à celle versé par
les pays du Sud pour la dette extérieure.
Un changement fondamental dans le système des relations
économique internationales est indispensable. C’est ainsi que l’on
exigé, il y a environs 35 ans, les pays membres de notre Mouvement
lorsqu’ils ont élaboré la Déclaration et le Programme d’action pour
la mise en place d’un nouvel ordre économique international, adoptés
pendant la Sixième période extraordinaire de séance de l’Assemblée
générale des Nations unies, en mai 1974.
La résolution de la crise économique mondiale exige une action de
concert, avec la participation universelle, démocratique et
équitable de tous les pays. La réponse ne peut pas être une solution
négociée par les dirigeants des pays les plus puissants à l’insu des
Nations unies.
La solution du G-20 de renforcer le rôle et les fonctions du
Fonds monétaire international, dont les politiques funestes ont
contribué de manière décisive à la genèse et ont aggravé l’ampleur
de la crise actuelle, ne règle non plus l’inégalité, les injustices
et le caractère insoutenable du système actuel.
La Conférence de haut niveau des Nations unies sur la crise
économique et financière et son impact dans le développement, prévue
du 1er au 3 juin 2009, constitue le cadre indispensable
pour débattre et chercher des solutions de consensus à cette grave
situation. Le Mouvement des pays non-alignés doit appuyer sa tenue.
Ce Mouvement, dès sa fondation, a démontré la volonté de
travailler en faveur de la paix, la sécurité de la communauté des
nations et la défense du droit international. La élimination des
armes d’extermination massive, et d’abord atteindre le désarmement
nucléaire, est toujours notre tâche prioritaire.
L’exercice du multilatéralisme exige le strict respect de la
souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et de
l’autodétermination des peuples.
Exige également de se passer de la menace et de l’utilisation de
la force dans les relations internationales, des aspirations
hégémoniques et des comportements impériaux. Exige de mettre fin à
l’occupation étrangère et de refuser toute impunité aux agressions
criminelles comme celle menée par Israël contre le peuple
palestinien.
Le Mouvement doit s’impliquer dans tous les débats importants de
l’agenda international, dans les différents sièges et forums
multilatéraux, avec la large participation de ses pays membres.
Jamais afin de concourir avec les autres formats de représentation
des pays du Sud, mais pour les renforcer et compléter.
Nous devons continuer de perfectionner en permanence les méthodes
de travail du Mouvement. L’exécution du Plan d’action tracé,
constitue un outil indispensable dans la détermination de nos
priorités et des tâches à accomplir.
Nous devons tous travailler dès maintenant pour assurer le succès
de la XV Conférence au sommet de Chefs d’État ou de Gouvernement, en
Egypte, au mois de juillet prochain. Évaluer de manière critique ce
qui a été réalisé jusqu’aujourd’hui et tracer des objectifs et des
buts répondant aux problèmes et aux défis actuels et futurs.
Finalement je souhaiterai exprimer, au nom de Cuba, le
remerciement de notre gouvernement et de tout notre peuple pour la
ferme et invariable solidarité du Mouvement des pays non-alignés
avec la Révolution cubaine, notamment pour sa demande permanente de
mettre fin au blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis.
Les mesures récemment annoncées par le Président Obama, si bien
elles sont positives, leur portée est minimale. Le blocus est resté
intact. Il n’y a ni prétexte politique ni moral qui justifie la
continuité de cette politique.
Cuba n’a imposé aucune sanction contre les Etats-Unis ou ces
citoyens. Ce n’est pas Cuba qui empêche aux chefs d’entreprise de ce
pays de réaliser des affaires avec le notre. Ce n’est pas Cuba qui
poursuit les transactions financières réalisées par les banques nord-américaines.
Ce n’est pas Cuba qui a une base militaire dans le territoire des
Etats-Unis contre la volonté de son peuple, et ainsi de suite, afin
de ne pas rendre interminable la liste. Par conséquent, ce n’est pas
à Cuba de faire des gestes.
Nous avons réaffirmé être prêts à parler de tout avec le
gouvernement des Etats-Unis, en égalité de conditions, mais non pas
à négocier notre souveraineté, ni notre système politique et social,
ni le droit à l’autodétermination et nos affaires intérieures.
Et si jamais ils souhaitent discuter tous ces sujets et nous
l’avons ainsi exprimé récemment au Venezuela, lors d’un sommet de
l’ALBA : discuter de tout, absolument tout, ce qui nous concerne
mais aussi ce qui leur concerne et en égalité de conditions.
La plus grande force de notre Mouvement réside dans son unité à
l’intérieure de la diversité qui nous caractérise. Celle-ci a été la
prémisse fondamentale de l’exercice de la présidence cubaine pendant
ces quasi-trois années de mandat.
Je ne nourris le moindre doute du fait que le Mouvement des pays
non-alignés sera toujours un acteur fondamental et constructif dans
les débats internationaux. Cuba continuera de consentir ses efforts
pour contribuer à cet objectif.
Je vous souhaite du succès dans cette Réunion ministérielle.
Je vous remercie beaucoup.
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