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La Havane. 20 Février 2014

Pour une nouvelle ère à énergies propres et renouvelables
• « Étant donné les limites physiques, écologiques et (par conséquent) sociales de l'utilisation de l'énergie nucléaire fossile, personne ne pourra éviter que l'énergie renouvelable soit la solution, et je dirais même que ce sera la seule solution qui nous restera » (Hermann Scheer, membre du Bundestag allemand, président d'Eurostar et directeur général du Conseil mondial des énergies renouvelables, décédé le 14 octobre 2010)

Livia Rodriguez Delis

DANS le cadre de la mise à jour de son modèle économique, Cuba a inscrit parmi ses priorités la transformation de sa matrice énergétique, afin de favoriser l’utilisation efficace de l’énergie à partir de sources renouvelables.


Un parc éolien composé de 30 générateurs sur une superficie de 13 kilomètres carrés sera inauguré en 2015 à Las Tunas, dans l’est du pays.

À l’heure actuelle, l’île souffre d’une forte dépendance aux combustibles fossiles – 3,9% seulement de son énergie renouvelable sert à produire de l’électricité – qui constituent la principale source de pollution et renchérissent les coûts.

Chaque année, Cuba produit en moyenne 17 586 gigawatts/heure, les dépenses aux heures de plus fortes demandes sont de l’ordre de 3 156 mégawatts et les pertes totales de transmission et de distribution d’électricité sont estimées à 17,6%.

Cette stratégie a donc pour but de réduire notre dépendance par rapport aux énergies fossiles et de diminuer les coûts de l’énergie, dans un contexte de cours élevés de ces ressources sur le marché mondial.

Ces mesures interviennent dans le cadre des Orientations adoptées par le 6e Congrès du Parti, qui insistent sur la nécessité d’intégrer cette politique dans le système énergétique national ou dans les lieux isolés afin de rendre plus efficace ce service.

En décembre 2012 fut créé une Commission gouvernementale chargée d’élaborer la proposition sur les travaux et la définition d’une perspective à l’horizon 2030 pour contribuer à l’émergence de solutions de production et de gestion des énergies renouvelables.

LA VOLONTÉ, CLÉ DE LA RÉUSSITE

En 2004, le système énergétique cubain subit une grave avarie qui entraîna des complications dans la dynamique énergétique et sociale du pays. La Révolution énergétique lancée en 2006 par le leader historique Fidel Castro, qui permit de remplacer les centrales thermoélectriques obsolètes par des groupes électrogènes, les ampoules et les anciens appareils électroménagers par des produits plus modernes et à moindre consommation, s’érigea en une stratégie d’utilisation rationnelle de l’énergie.

Ce programme démarra par la mise en synchronisation de 2 400 mégawatts d’électricité produits par des moteurs et des groupes électrogènes hautement performants qui apportèrent une amélioration de l’efficacité du Système énergétique national (SEN).

« Afin de diminuer les pertes, les réseaux de distribution ont été renforcés par le remplacement de 215 000 poteaux ou pylônes électriques, de 7 000 kilomètres de câble primaire, de 1,8 million de conducteurs, de 33 700 câbles secondaires et de 2,8 millions de compteurs électriques », a expliqué le directeur du Département pour la stratégie et la politique nationale du ministère de l’Énergie et des Mines, Leandro Matos.

Dans le cadre de cette rénovation énergétique, le secteur résidentiel a remplacé la totalité des ampoules incandescentes (94 millions) par des ampoules fluorescentes à basse consommation, ainsi que 4,4 millions d’appareils électroménagers à forte consommation.

« Cet effort a fait l’objet d’un cadre juridique avec l’adoption de la Résolution 190, qui interdit l’importation d’ampoules incandescentes, ainsi qu’une modification des tarifs de paiement du service », a-t-il ajouté.

Selon des données du ministère de l’Énergie et des Mines concernant les retombées du changement d’ampoules sur les heures de plus forte demande, sur chaque million d’ampoules la consommation d’électricité a diminué de plus de 25 mégawatts, et l’investissement a été amorti en moins de trois mois.

« En 2009, le pays a adopté une réglementation technique qui fixe et contrôle les exigences techniques en matière d’efficience énergétique, de sécurité électrique et de tropicalisation des principaux équipements importés, fabriqués ou assemblés dans le pays avant leur commercialisation », a signalé Matos.

D’après le fonctionnaire, il existe à Cuba quatre laboratoires placés sous la juridiction du Bureau national pour l’utilisation rationnelle de l’énergie (ONURE), chargé de tester ces appareils et d’assurer leur conformité aux normes adoptées par le Comité électrotechnique cubain.

Une fois que le résultat des tests a été jugé satisfaisant, l’ONURE délivre un certificat autorisant ou non leur commercialisation.

Dans les secteurs industriel et commercial, après détection des sources de gaspillage, il a été procédé au remplacement de plus de 2 500 pompes à eau électriques inefficaces dans les réseaux de distribution et de collecte des eaux, à la mise en place de batteries de condensateurs pour les gros consommateurs d’électricité, et à la création du Groupe de supervision énergétique.

Par ailleurs, dans ces secteurs le ministère a établi une consommation d’électricité sur la base des indices de consommation et des niveaux d’activité, ainsi qu’un système de surveillance et de contrôle quotidien de la consommation.

« En cinq ans, la consommation de pétrole brut et de ses dérivés a baissé, l’intensité énergétique a diminué en moyenne de 27%, permettant de réaliser une économie de 9,3 millions de tonnes de carburant, soit de 4,6 milliards de dollars », a indiqué Matos.

« Nous traversons un moment favorable et opportun qui nous permet d’amorcer la deuxième étape de la Révolution énergétique grâce à un plus grand soutien et à un système national plus efficace », a-t-il dit.

VISION ET PRIORITÉS ÉNERGÉTIQUES

L’énergie renouvelable est celle qui vient du monde naturel qui nous entoure, de ressources naturelles comme le soleil, le vent, la pluie, les marées et la chaleur géothermique. En conséquence, elle n’est pas sujette à des changements brusques de prix, à la différence des énergies fossiles qui deviennent de plus en plus chères à mesure qu’elles se raréfient.

En l’an 200 av. J.-C., en Chine et au Moyen Orient, on utilisait des moulins à vent pour pomper l’eau et pour transformer les grains en farine. Dans l’Antiquité, les romains utilisaient la chaleur sous la croûte terrestre pour chauffer les bâtiments et l’eau.

Afin de tirer profit des bontés de la nature, qui sont nombreuses, et consciente de la nécessité de les gérer de manière durable, les autorités cubaines ont lancé en 2013 un programme d’investissements visant à accélérer le développement de sources d’énergie alternatives propres et renouvelables.

« Nous avons installé les sept premiers parcs solaires photovoltaïques et six petites centrales hydroélectriques, une unité de production d’une puissance de 500 kilowatts de biomasse forestière, ainsi que trois usines de biogaz », a expliqué Raciel Guerra, directeur de la section d’énergie renouvelable du ministère.

Et d’ajouter : « Nous avons commencé la construction du premier parc éolien du pays, d’une capacité de 51 mégawatts et cette année nous nous attèlerons à celle des deux premières centrales qui produiront de l’électricité à partir de la biomasse de la canne à sucre. »

Les études de préfaisabilité de quatre importants projets d’investissements à exécuter dans les prochaines années viennent de se conclure. Quels sont-ils ?

Il s’agit de la construction de 19 centrales bioélectriques à partir de la biomasse de canne à sucre, d’installations solaires photovoltaïques et de petites centrales hydroélectriques.

L’industrie nationale est-elle également concernée ?

Des projets d’investissements seront également nécessaires dans l’industrie, notamment pour la production de systèmes d’énergie renouvelable. Nous ne voulons pas devenir des importateurs. Nous passerons des contrats de partenariat avec des entreprises étrangères pour fabriquer les accessoires et les pièces détachées à Cuba et développer notre industrie, créer des postes de travail et réduire les coûts, par exemple dans la production de chaudières.

Notre objectif est de disposer de toute l’énergie nécessaire au développement du pays, d’assurer une énergie de qualité qui permette de diminuer les coûts afin d’améliorer l’efficacité des chaînes de production, de contribuer au développement de notre système d’entreprises à partir de la diminution des coûts d’importation de nouvelles technologies, et d’éliminer toutes les sources polluantes.
 

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