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 S P O R T S

La Havane. 3 Avril 2014

Pleins feux sur les tatamis cubains

Yoe Tejeda

« LE judo n’est pas un simple sport olympique de combat et d’art martial. C’est bien plus que cela. C’est un mode ou une philosophie de vie. C’est l’efficience mentale et physique basée sur l’aide et la prospérité mutuelle. Il est important de signaler qu’au niveau international le judo est considéré comme le sport de combat le plus proche des méthodes et des moyens didactiques de la pédagogie. »


Le Pr José Jiménez a déploré la mauvaise interprétation des règles de la part des juges au dernier Championnat cubain.

Telle est l’opinion sur l’éthique du judo de José Silvio Jiménez Amaro, professeur titulaire de l’Université des sciences et de la culture physique et du sport, qui a 62 ans ressent encore et toujours le besoin d’être à l’écoute, d’apprendre et d’être utile, et se considère comme un soldat de la Révolution, un homme qui vit pour le judo. Comme à son habitude, il a eu l’amabilité de nous livrer ses impressions sur plusieurs aspects associés à cette discipline.

Que pensez-vous du Championnat national qui s’est déroulé à Santiago de Cuba ?

Personnellement, je pense que nous avons des progrès à faire sur les plans technique, tactique et stratégique. Au niveau technique, j’ai remarqué trop de saisies au dessous de la ceinture, des actions qui sont pénalisées par le nouveau règlement. Nos judokas ont encore des difficultés à s’adapter aux nouvelles règles mises en place par la Fédération nationale.

Après avoir suivi le Championnat à la télévision, beaucoup de gens sont venus me demander pourquoi autant de combats se terminaient sur disqualification (quatre shido). Je leur ai dit qu’il s’agissait simplement d’une mauvaise interprétation des règles de la part des juges, qui prenaient des décisions précipitées qui cassent la fluidité des combats. Ils attribuaient à tort des pénalités pour non combativité (passivité), sanctionnées par un shido, ce qui est assez lamentable.

Le tournoi de qualification à la Barbade ?


Asley Gonzalez (à droite), actuel numéro un du judo cubain.

Beaucoup de règles imposées par les fédérations mondiales ne font que contribuer au renchérissement du sport. Je trouve ce tournoi complètement inutile en comparaison avec les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de Veracruz, au Mexique, compte tenu de la suprématie du judo cubain dans la région. Mais pour nous il était obligatoire d’y participer, en tant qu’événement organisé par la Fédération internationale.

Je pense qu’il aurait mieux valu aligner une équipe composée de jeunes judokas de deuxième ligne qui manquent de compétition, ou de juniors, auxquels ce tournoi aurait servi de stage de préparation et de perfectionnement, car il nous faut une vision sur le long terme pour pouvoir assurer la relève.

Quelles sont vos attentes pour les Jeux de Veracruz ?

Si notre personnel d’encadrement technique parvient à faire un bon choix stratégique pour affronter la double championne du monde Colombienne Yuri Alvear (70 kg), je pense que notre Olga Masferrer peut s’imposer, ce qui nous permettrait encore une fois de rafler la totalité des titres. Nous avons de très bons professeurs et entraîneurs, qui devront prendre des décisions, car cela va certainement se jouer au détail près... Quant au soi-disant manque de compétition, je crois que le judo en a suffisamment pendant toute l’année. Mais pour Cuba, les Jeux centraméricains et caribéens ne sont pas un tournoi compétitif.

Que pensez-vous du retour de la vice-championne olympique Yalennis Castillo ?

C’est une excellente nouvelle. Yalennis est bonne technicienne, une judoka courageuse et puissante qui se bat et ne lâche rien jusqu’à la dernière seconde. On dit que la femme gagne en force après l’accouchement… Elle est très motivée et fait son retour en beauté. De plus, elle a une coéquipière très prometteuse, Kaliema Antomachin – souvent contrariée par les blessures – qui l’aide beaucoup.

Parlez-nous du Grand Prix de La Havane…

C’est une compétition que l’on réclamait à grands cris, et que Cuba méritait d’organiser depuis longtemps, en raison de sa qualité, qui n’est plus à démontrer. De nombreuses compétitions étaient programmées dans le monde avant l’entrée en vigueur du système éliminatoire. En cette ère de gigantisme du sport de haut niveau, les confédérations de chaque continent ont introduit des changements pour revoir les critères de sélection et concentrer la qualité. Les compétitions régionales ne sont plus des promenades pour certains. Maintenant, il faut obligatoirement participer à plusieurs pour se qualifier.

Ce dont a besoin le judo cubain ?

Il faut davantage de soutien, et de matériel pour l’entraînement. Des judogis, des tatamis… Il nous faut davantage de massivité et développer ce sport dans toutes les communautés. Le judo est une arme de la Révolution, c’est une activité très importante pour la formation et l’éducation. Il nous faut aussi plus d’entraîneurs, et valoriser leur rôle par le biais d’un soutien visant la reconnaissance du travail accompli dans l’encadrement de nos sportifs, et prendre conscience de l’importance de la science et de la technologie pour le développement sportif.
 

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