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 S P O R T S

La Havane. 26 Février 2014

Des vents nouveaux soufflent sur la lutte cubaine

Yoel Tejeda / Photos: Calixto N. Llanes

LE tournoi Granma-Cerro Pelado vient de s’achever. Ce rendez-vous annuel de la lutte cubaine, qui réunit à la Cité des sports de La Havane nos meilleurs représentants dans cette discipline, ainsi que plusieurs concurrents étrangers, est généralement dominé par les Cubains, et seuls les lutteurs étasuniens sont en mesure de leur opposer une véritable résistance.

Afin d’en savoir plus sur ce qui s’est passé à cette compétition, ainsi que sur plusieurs aspects relatifs à la situation actuelle de la lutte à Cuba, nous avons rencontré le professeur Marvin Fuentes Herrera, de l’Université de culture physique et du sport Manuel Fajardo, qui a eu l’amabilité de nous accorder une interview :

Pourriez-vous dresser un premier bilan du tournoi Granma-Cerro Pelado ?

Sur le plan technique, on a pu constater que les lutteurs cubains ont élevé leur niveau, malgré – ce n’est un secret pour personne – leur manque de compétitions internationales.

Comment jugez-vous le niveau de la lutte gréco-romaine ?

Dans cette modalité, je pense que le règlement actuel (en vigueur depuis janvier 2014) est intéressant et favorise nos lutteurs, car on est revenu à la pénalité pour passivité, qui veille à maintenir à tout moment un engagement suffisant des lutteurs. Ainsi, le lutteur passif est mis en position de danger debout ou à terre, et là nos boxeurs sont réputés pour leurs qualités, surtout au niveau des projections, du déséquilibre de l’adversaire entraînant sa chute dos exposé au tapis. Ce genre de technique nous avait permis d’obtenir de grands résultats dans les années 90, notamment par l’intermédiaire de Filiberto Azcuy, double champion olympique à Atlanta 1996 et Sydney 2000. D’autres grands lutteurs cubains ont également tiré profit de cette technique comme Lazaro Rivas, Roberto Monzon et Héctor Milian, entre autres.

Comment évaluez-vous le parcours de nos spécialistes du style libre ?

Ils ont également étoffé leur bagage technique et tactique, avec plusieurs enchaînements intéressants face à leurs adversaires, notamment les Nord-américains, les seuls pouvoir ternir tête au Cubains dans la région. Il est bon de rappeler que la pratique et l’intérêt pour ce sport sont essentiellement concentrés en Europe, si bien que nous frotter à des adversaires européens nous ferait le plus grand bien.

Vous signaliez que le nouveau règlement favorise les Cubains grâce à la pénalité pour passivité…

Tout à fait. Les lutteurs cubains sont réputés dans le monde pour leur force et leur résistance. Ce règlement permet d’élargir le temps de combat, mais il faut tout de suite passer à l’action pour déséquilibrer et « tomber » l’adversaire.

Comment trouvez-vous le retour de Mijain Lopez ?

C’est un compétiteur hors pair. Il vient de reprendre l’entraînement en vue des échéances importantes. À ce tournoi, il a surtout cherché à combattre pendant les deux minutes pour améliorer sa résistance. Il a fait preuve d’une grande supériorité technique sur tous ses adversaires.

Devait-on s’attendre à une meilleure prestation des filles ?

Il est bon de rappeler que Cuba a fait ses premiers pas dans la lutte féminine en 2006, aux Jeux d’Amérique centrale et la Caraïbe de Cartagenas de Indias, en Colombie. Autrement dit, il y a moins de dix ans, et nos concurrentes manquent encore d’expérience. Mais l’avenir est plein de promesses malgré le manque de compétitions internationales et la jeunesse de nos lutteuses. Il faut leur laisser encore un peu de temps pour progresser et atteindre leurs objectifs.

Je pense qu’elles ont fait une bonne compétition. Elles ont certes perdu certains combats, ce qui est normal, car elles sont jeunes et doivent encore apprendre à gérer leur anxiété. Beaucoup d’entre elles ont dominé leur combat avant de céder sur la fin. Certains ont attribué ces revers à un manque de préparation psychologique, alors qu’en réalité elles accusent un manque de participation aux tournois internationaux, ce qui est parfois difficile à comprendre.

Comment se porte actuellement la lutte cubaine ?

Notre lutte est en bonne santé. Aujourd’hui nous avons des tapis pour la pratique de cette discipline dans 125 des 169 municipalités du pays, ce qui nous permettra d’attirer davantage d’adeptes. Par ailleurs, nous organisons des conseils de science et de technique dans toutes les provinces, qui ont permis d’apporter des réponses aux problèmes de ce sport à travers les recherches et l’application pratique. Nous avons des coopérants dans plus de 13 pays de la région et nous comptons une dizaine d’arbitres internationaux. Et c’est aussi un honneur et une fierté de pouvoir compter notre Filiberto Azcuy au Panthéon de la Fédération internationale de lutte.
 

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