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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 9 Octobre 2014

La droite internationale rencontre l'aile dure de l'opposition argentine

Stella Calloni

EN réponse à l’appel de la fondation Libertad, financée par l’Héritage Foundation, fer de lance du mouvement conservateur aux États-Unis, et d’autres organisations d’extrême droite, des représentants de la droite internationale la plus radicale et active se sont réunis avec l’aile dure de l’opposition argentine et d’autres pays d’Amérique latine.

La rencontre s’est déroulée au siège de la Bourse de commerce de Rosario, et parmi les invités figuraient Carlos Alberto Montaner, journaliste anticubain accusé d’être un agent de la CIA, Alvaro Vargas Llosa, fils du romancier péruvien Mario Vargas Llosa et l’un des principaux promoteurs de cette « Fondation internationale pour la liberté » (FIL) et, via téléconférence, l’ancienne députée vénézuélienne Maria Corina Machado, l’une des instigatrices des actions putschistes qui ont secoué le Venezuela ces derniers temps.

L’essentiel des débats a tourné autour du thème « Argentine 2025 : les défis de la prochaine décennie », visant à relever « les erreurs et les réussites des politiques menées ces dernières années », ainsi que les grands « problèmes » qui, selon eux « frappent ce pays, comme l’insécurité, la corruption et le libertinage ».

Comme aux réunions précédentes, il a également été question de pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, à savoir les plus avancés dans les processus d’intégration, que les participants n’ont pas hésité à qualifier de « dictatures » ou de « populismes ».

En mars 2008, lors de la grève de près de quatre mois (lock out) décrétée par les quatre principales organisations patronales du secteur agricole, une action considérée comme une tentative de coup d’État ou de déstabilisation contre le gouvernement de Cristina Fernandez de Kirchner, la Fondation Libertad avait tenu dans cette même ville de Rosario une réunion avec des personnages comme Roger Noriega, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’Organisation des États américains (OEA), José Maria Aznar, ancien président du gouvernement espagnol, et d’autres politiciens d’extrême droite de la région et d’Europe. Cet entretien fut perçu par des nombreux analystes comme « une preuve de conspiration et d’ingérence ».

Un rendez-vous similaire eut lieu en 2013, qui souleva de fortes manifestations de la part de syndicaux, d’hommes politiques et d’étudiants, contre la présence de ce qu’ils appelaient « des invités indésirables ». Parmi les invités : Mario Vargas Llosa et Aznar, partisans acharnés d’un retour au néolibéralisme et de la fin des « régimes populistes et totalitaires ».

En plus des fonds alloués par l’Heritage Foudation, la Fondation Libertad, dont le siège principal se trouve à Rosario – considérée comme une ville stratégique en tant que centre de ressources alimentaires – reçoit des financements de l’Agence des États-Unis pour le développement (USAID) et du National Endowment for Democracy (NED).

À l’heure actuelle, la réunion de cette organisation est source de préoccupation en Argentine. Certains dirigeants syndicaux et politiques de l’opposition, comme Luis Barrionuevo, du syndicat de la gastronomie de la Confédération générale du travail, ayant annoncé « un décembre violent ».

Nul n’ignore le rôle de ces fondations dans les tentatives de coup d’État en Bolivie, au Venezuela, en Équateur et en général dans toute la région, si bien que chacune de ces réunions est interprétée comme un signe avant-coureur d’une multiplication des pressions sur le gouvernement de Cristina Fernandez et d’autres plans régionaux non moins dangereux.

Le paradoxe, c’est que cette réunion ait eu lieu à Rosario, ville gouvernée par le socialiste Antonio Bonfanti, qui assista aux débats, auxquels participèrent en outre le sénateur, socialiste également, Miguel Lifschtiz, le sénateur national et président de l’Union civique radicale Ernesto Sanz, la dirigeante de l’opposition Elisa Carrio, l’ex-président Julio Cobos et l’ex-gouverneur de la province de Santa Fe Hermes Binner, du Front élargi progressiste, tous sur la liste des précandidats de l’opposition pour les élections présidentielles de 2015.

Les dirigeants de la Société rurale argentine et d’autres secteurs du patronat étaient également au rendez-vous : Ian Vasquez du Centre pour la Liberté et la Prospérité globale du CATO (États-Unis), Miguel Angel Cortes, député pour Valladolid (Espagne), Manuel Solanet, économiste, de Libertad y Progreso, Javier Casas Rua, de PwC Argentina, Silvana Guidici, présidente de la Fondation Liberté d’expression + Démocratie, entre autres.

La liste des invités locaux est longue et, comme l’affirment certains analystes à Rosario, assez « suggestive ».

Le Congrès s’est achevé sur la présentation du livre Cristina Fernandez, la véritable histoire de Laura di Marco, et sur la téléconférence Le chemin d’Argenzuela, avec la participation de Jorge Lanata, journaliste au quotidien Clarin, l’un des plus grands manipulateurs d’informations contre le gouvernement argentin, et la Vénézuélienne Corina Machado, présentés par Alvaro Vargas Llosa.

La réunion a été qualifiée par un groupe de militants et d’intellectuels d’« événement fasciste en ces temps durs pour le monde ». (Tiré de La Jornada)
 

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