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La Havane. 8 Agosto 2014

Le canal interocéanique : une voie sur le monde pour le Nicaragua

Lianet Arias Sosa

LE projet du canal interocéanique, un vieille aspiration du Nicaragua, dont le tracé définitif a été révélé récemment, apparait comme une infrastructure d’intérêt international, qui permettra le développement économique de ce pays d’Amérique centrale.

L’idée de construire une route qui relierait les océans Atlantique et Pacifique dans cette partie du monde fut à l’ordre du jour durant les siècles passés. Les États-Unis réalisèrent même une étude de faisabilité et de coût de ce grand canal à la fin du 19e siècle.

Bien qu’empreint de prétention de domination, le document démontre l’ancienneté de ce projet, qui s’inscrit également dans une perspective, considérée comme libératrice et latino-américaniste par le Héros nicaraguayen Augusto Cesar Sandino.

En 1929, le général des Hommes libres, qui dirigea la lutte contre l’intervention nord-américaine dans ce pays à la fin des années 20 du siècle dernier, consigna clairement sa position dans un document connu sous le nom Le rêve suprême de Bolivar, dans lequel il exposait la volonté du Nicaragua de disposer d’un canal, et qui défendait également cette question d’un point de vue de l’unité et de l’intégration pour le bénéfice commun des peuples de l’Amérique latine et de la Caraibe, a rappelé le président Daniel Ortaga en mai 2013;

Un mois après les déclarations du président, le gouvernement du Nicaragua a souscrit un accord cadre avec l’entreprise chinoise HKND en vue de construire un canal, dont le coût des investissements s’élèverait à plus de 40 millions de dollars, selon les estimations.

Le projet qui depuis l’année dernière, a attiré l’attention des entrepreneurs, des gouvernements et des médias, a de nouveau fait la une des journaux récemment, après l’annonce définitive du tracé du canal.

Selon les explications du concessionnaire de HKND et des représentants du gouvernement, sa longueur totale est estimée à 287 km, dont un tronçon de 105 sur le lac Cocibolca, le plus grand d’Amérique centrale.

Il partira de l’embouchure du fleuve Brito, dans le département de Rivas, sur la côte Pacifique à quelques 110 km au sud-est de Managua, traversera le lac et passera par le fleuve Tule jusqu’à l’embouchure du Punta Gorda, dans la région autonome de l’Atlantique sud.

Le canal aura de 230 à 530 m de large et de 26 à 30 m de profondeur.

La présentation du tracé est considérée comme un pas important vers la concrétisation du projet, alors que les spécialistes prévoient une croissance du commerce mondial de plus du triple dans les prochaines années.

Ce nouveau scénario devrait augmenter la demande de capacité par les compagnies maritimes et la congestion du canal de Panama dans les dix prochaines années, a signalé Alberto Vega, de l’entreprise ERM, en charge des études de faisabilité du projet.

Par ailleurs, a-t-il précisé, l’augmentation de la taille des navires a dépassé la capacité des canaux existants, si bien qu’une deuxième voie interocéanique en Amérique centrale aidera à satisfaire la demande à un moindre coût.

Pour sa part, Dong Yunsong, représentant de l’entreprise chinoise HKND, a affirmé qu’un ouvrage de cette nature au Nicarague assumera 5% du transport commercial mondial.

Il est certain que la route interocéanique permettra le passage de 5 100 navires annuellement, dans un temps évalué à environ 30 heures, notamment ceux de grandes dimensions qui ne peuvent pas traverser le canal de Panama.

Conjointement aux bénéfices pour le commerce international, des spécialistes, des députés, des entrepreneurs, la population, le gouvernement et le concessionnaire attendent de la réalisation de ce méga-projet, un véritable saut économique pour ce pays – le deuxième plus pauvre d’Amérique latine.

L’ouvrage comprend le canal mais aussi d’autres sous-projets : un aéroport, plusieurs routes, une zone de libre commerce, des complexes touristiques et deux ports : un du côté Pacifique et l’autre du côté Atlantique.

Selon Yusong, les retombées économiques de cet ouvrage devrait multiplier le Produit intérieur brut du Nicaragua, qui pourrait devenir l’un des pays les plus riches de l’Amérique centrale.

Pour beaucoup, le canal ouvre la voie à l’élimination totale de la pauvreté, une priorité de ce gouvernement, dirigé depuis 2007 par le président Daniel Ortega, qui est parvenu à réduire ce fléau de 8% ces dernières années.

UN OUVRAGE RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT

Au-delà des attentes de retombées économiques, les promoteurs du projet ont affirmé que le respect de l’environnement n’a pas été négligé.

Il y a quelques jours, lors d’une réunion avec le président de HKND, Wang Jing, le président Ortega a affirmé que la route choisie est celle qui a le moins d’impact social et sur l’environnement, parmi toutes les variantes analysées.

Celle-ci ne sera pas la moins coûteuse, mais par contre elle sera la plus respectueuse de l’environnement, a souligné le président.

Quant à Jing, il a déclaré que depuis le début, l’entreprise HKND a porté une grande attention au respect de l’environnement et aux impacts sociaux.

« Nous nous sentons responsables du bonheur de cette génération de la population nicaraguayenne, mais aussi des générations futures », a dit l’entrepreneur.

Durant la présentation du rapport présentant le projet de tracé, il a affirmé que les opérations du canal interocéanique n’entraîneront pas de modifications significatives du niveau du lac Cocibolca.

La fourniture d’eau à usage productif ou domestique destinées aux habitants du bassin ne sera pas affectée, a indiqué Yungsong, qui a affirmé que le canal utilisera principalement l’eau captée du bassin du fleuve Punta Gorda.

Par ailleurs, la construction du canal permettra de générer des ressources pour sauver la réserve de Bosawas, la plus grande du Nicaragua qui, a expliqué Danile Ortega, vit en ce moment un processus de détérioration du fait, entre autres raisons, de l’avancée de la frontière agricole.

C’est sur cette base qu’avance le projet qui promet, selon HKND, la participation de prestigieuses entreprises internationales et une importante présence, notamment pour les travaux annexes, des petites, moyennes et grandes entreprises du Nicaragua. (PL)
 

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