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La Havane. 3 Juillet 2014

Le drame des enfants
migrants aux États-Unis

Albor Ruiz

NUL ne peut prédire quel sera le dénouement – s’il y en a un – de la crise humanitaire créée par l’exode de mineurs qui, en dépit de tous les obstacles, traversent seuls et au péril de leur vie la frontière des États-Unis, en provenance du Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale.


Des enfants détenus par la patrouille de la frontière après être entrés clandestinement aux États-Unis dorment dans une cellule à Nogales, en Arizona.

Mais ce qui est certain, c’est que si l’administration de Washington tente de résoudre cette crise par l’application rigide des lois actuelles, elle ne fera qu’aggraver le chaos migratoire déjà existant, résultat d’une longue liste d’injustices et d’erreurs, comme les déportations massives, les énormes profits liés aux prisons privées, les abus commis par les patrouilles frontalières et le manque de volonté politique pour régler la situation des 11 millions de personnes sans-papiers qui survivent aux États-Unis.

Pourtant, telle semble être la solution choisie par les autorités fédérales. Si tel était le cas, le rideau pour le second acte de cette insolite tragédie serait sur le point de se lever : le rapatriement de la majorité des enfants aussi rapidement qu’humainement possible. Si cela devait arriver, le spectacle ne serait pas précisément cathartique.

Environ 50 000 enfants migrants sont arrivés aux États-Unis depuis octobre 2013 en provenance d’Amérique centrale. Ils sont placés dans des centres de détention, notamment au centre de Brownsville au Texas, dans l’attente de leur expulsion.

« Tous les mineurs que nous arrêterons à notre frontière seront déportés en priorité », a déclaré le secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson. « La priorité sera de leur appliquer nos lois sur l’immigration, quel que soit leur âge », a-t-il indiqué.

Il a également affirmé que des conversations sont en cours avec des représentants du Guatemala, du Salvador, du Honduras et du Mexique sur la sécurité frontalière en en vue d’« un rapatriement plus rapide ».

La répression et la force sont aussi les propositions de républicains comme le congressiste de Virginie, Robert Goodlatte, un anti-immigré enragé qui préside le Comité judiciaire de la chambre.

Au centre de Nogales, en Arizona, des mineurs en file d’attente pour téléphoner. Ils seront placés dans différents centres de détention pour jeunes avant d’être renvoyés vers leurs pays respectifs.

« Le bruit a couru dans le monde entier sur la faiblesse de la politique de protection de la frontière par le président Barack Obama », a affirmé Goodlatte.

« Cela a encouragé davantage d’individus à venir aux États-Unis illégalement, dont beaucoup d’enfants d’Amérique centrale. » Pour le congressiste, l’afflux croissant d’enfants est « un désastre créé par l’administration ». C’est pourquoi, « appliquer la loi à la frontière et à l’intérieur des États-Unis est crucial pour mettre fin à ce type de situations ».

Il est clair qu’aussi bien Goodlatte que Johnson préfèrent présenter cette situation comme un problème de sécurité à la frontière, alors qu’en réalité il s’agit d’une crise humanitaire aux proportions énormes. Pour eux, les 90 000 enfants qui devraient arriver cette année ne sont qu’un groupe « d’individus » supplémentaires qui cherchent à profiter de ses riches et généreux voisins du Nord.

Au centre de Nogales, les enfants tentent de joindre leur famille, avant d’être expulsés.

Goodlatte se trompe et l’administration d’Obama se trompe une fois de plus. Les enfants ne viennent pas à la recherche du rêve américain de plus en plus illusoire. Ils fuient les dangers de la misère, du désespoir et de la violence effrénée des cartels de la drogue et des gangs meurtriers, qui « déplacent » toute une génération. Plus que rejoindre le « rêve américain», c’est souvent la violence des cartels d’Amérique centrale que ces enfants fuient.

Mettre en place des lois plus strictes et expulser plus d’enfants ne mettra pas fin à cette vague d’immigration enfantine. Cela ne sera possible qu’en leur donnant l’opportunité de survivre et de développer leur potentiel dans leur propre pays.

Centre de détention d’enfants migrants de Brownsville, au Texas.

Par conséquent, l’unique solution efficace – et la seule juste – est d’investir les milliards, qui jusqu’à présent sont dépensés pour les réprimer, dans la création de conditions permettant aux jeunes d’Amérique centrale et du Mexique de ne pas être obligés de fuir à n’importe quel prix.

Après tout, cet investissement ne serait qu’un modeste « acompte » sur l’énorme dette contractée envers eux, du fait, entre autres choses, des conflits armés dévastateurs, financés par Washington à l’époque de la Guerre froide et de son honteux soutien à des gouvernements illégitimes et criminels. (Tiré de Progreso semanal)
 

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