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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 31 Juillet 2014

L’armée contre les migrants

LE gouverneur du Texas, Rick Perry, a annoncé le déploiement de 1 000 soldats de la garde nationale à la frontière avec le Mexique à partir du mois d’août, afin d’endiguer le flux de migrants sans-papiers, alors que le nombre d’enfants arrivant du Mexique et d’Amérique centrale, qui sont internés pour ne pas posséder les documents nécessaire à l’entrée aux États-Unis, a atteint un niveau sans précédent.

Le gouverneur du Texas, qui est candidat à l’investiture présidentielle du Parti républicain pour les élections de 2016, a nié le fait que cette mesure signifie la militarisation de la frontière avec le Mexique. Pour sa part, l’adjudant-général du Texas, John Nichols, a déclaré que ses troupes ne seront là que pour dissuader les immigrants.

Même si la Garde nationale est un corps formé par des bénévoles sous le commandement des gouverneurs des États, il s’agit, en fin de compte d’un organisme militaire, doté de moyens militaires maritimes, terrestres et aériens, dont plusieurs de ses unités ont été déployées dans des guerres comme celle d’Irak.

L’une des différences importantes entre cette milice et les autres branches des forces armées, – armée de terre, marine ou force aérienne –, c’est que pour ces dernières l’usage des armes est interdit pour faire respecter la loi sur le territoire des États-Unis, tandis que la Garde nationale a l’autorisation de tirer à l’intérieur du pays.

C’est pourquoi, il serait naïf de prêter crédit à l’affirmation selon laquelle les troupes déployées se limiteront à dissuader les migrants sans-papiers. Il est donc inacceptable que le gouvernement texan prétende minimiser la portée de sa propre décision, en dissimulant au public la gravité d’une mesure qui implique, tout simplement, la militarisation de la frontière.

Bien au contraire, la détermination de Perry est un nouveau tour de vis dans la politique de criminalisation et de persécution des migrants par les autorités des États-Unis : avec le déploiement de la Garde nationale, les enfants qui traverseront la frontière du Texas à la recherche d’une vie meilleure devront faire face non seulement aux dangers d’un environnement naturel difficile, aux trafiquants de personnes, aux abus des forces de police des deux côtés de la ligne de démarcation et au sadisme des groupes civiles racistes consacrés à la chasse humaine. Ils devront également faire face aux forces militaires entraînées à la guerre et à la destruction physique de l’adversaire. Loin d’atténuer la situation dramatique à laquelle des milliers de migrants sans papiers sont confrontés quotidiennement, leur situation deviendra encore plus incertaine et dangereuse.

Sans ignorer que cette décision s’inscrit dans le cadre de l’utilisation politique du thème migratoire par les républicains afin de déstabiliser le gouvernement de Barack Obama, et que Perry a fait preuve d’attitudes xénophobes et intolérantes, il est clair que la principale responsabilité de la situation dont souffrent les migrants – particulièrement les enfants – dépend du président des États-Unis.

En fin de compte, à un peu plus de deux ans de la fin de son second mandat présidentiel, Obama n’a pas tenu l’une de ses principales promesses de campagne : une réforme migratoire. II n’a rien fait pour diminuer la souffrance et la persécution des citoyens sans-papiers dans cet État. Bien au contraire, il a renforcé ces tendances et a déporté plus de migrants que n’importe quel autre président étasunien.

Ce phénomène migratoire aux États-Unis qui est devenu une crise humanitaire, n’aurait pas pris cette ampleur si la classe politique de Washington, à commencer par son propre président, avait reconnu une fois pour toute qu’il n’y a pas de solution plus sensée, plus constructive et plus intelligente que celle de dépénaliser la migration. Aujourd’hui, cependant, les autorités de ce pays continuent de considérer ce phénomène comme une menace militaire, à contre-courant de la logique et des principes humanitaires les plus élémentaires. (Tiré de La Jornada)
 

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