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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 31 Juillet 2014

La Chine, la Russie, le BRICS et l’Amérique latine

Miguel Guaglianone

LA distribution géopolitique du monde change très rapidement. La perte progressive de pouvoir des nations centrales est de plus en plus évidente (États-Unis et Union européenne), face à l’apparition de nouveaux acteurs sur la scène mondiale, qui recherchent et génèrent des connexions et des alliances susceptibles de renforcer leur protagonisme.

Plus que par sa discrète présence politique au niveau international (qui fut une caractéristique traditionnelle des relations étrangères chinoises depuis l’époque de l’Empire Céleste), la Chine laisse entrevoir ce protagonisme à travers sa croissance économique, irrésistible, qui en a fait la deuxième puissance de la planète, talonnant les États-Unis. En fait, la Chine détient le plus grand volume de bons du Trésor étasunien du monde et elle montre une compétitivité triomphante au niveau industriel et commercial.

Le cas de la Russie est différent : même si la Fédération (à partir de sa singulière économie) s’est consolidée comme un exportateur important, ces derniers temps – sous la direction politique habile de Vladimir Poutine –, elle a s’est montrée très efficace dans les relations internationales, ce qui lui a permis de renforcer son pouvoir politique. Par exemple : il y a quelques mois, son intervention dans le conflit syrien, avec une proposition politique audacieuse évita l’attaque aérienne contre ce pays qui avait été décidée par la Maison Blanche. Une proposition qui laissa sans arguments Barack Obama, et qui changea complètement la situation du conflit syrien.

À ces deux puissances s’ajoutent les pays émergents : l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud qui forment le groupe du BRICS, une alliance stratégique qui se renforce à partir de nouveaux accords et décisions, et qui se constitue progressivement comme un pôle de pouvoir, capable de faire face à l’hégémonie des puissances centrales (surtout celle des États-Unis).

Dans le cas de l’Amérique latine, l’irrésistible processus d’intégration, démarré avec le siècle est « en plein développement », à travers la consolidation des organismes multilatéraux créés par nos pays.

Le MERCOSUR, l’ALBA, L’UNASUR et la CELAC sont des instruments qui permettent des actions conjointes de nos peuples, et ouvrent la voie pour réaliser le rêve des Libertadores de la Grande Patrie qui devrait affirmer sa présence sur l’échiquier mondial.

L’intéressant, c’est que ces mouvements contre hégémoniques se rapprochent les uns des autres, comme attirés par l’objectif commun de s’orienter vers un système multipolaire d’équilibres géopolitiques et tendent à former un réseau qui leur permet de se renforcer mutuellement.

Et il ne s’agit pas seulement de réflexions théoriques. La finale de la Coupe du monde, qui a eu lieu au Brésil a compté sur la présence d’au moins dix chefs d’État du monde entier. Et ce n’est pas un hasard si parmi eux se trouvaient Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Poutine concluait une tournée sans précédent dans les pays latino-américains, dont Cuba, l’Argentine et le Brésil, y compris une visite non programmée au Nicaragua. Dans le cas de Cuba, la visite eut lieu après la décision de la Russie d’annuler 90% de l’ancienne dette que l’Île avait contractée avec l’ancienne Union soviétique. Durant sa visite, Poutine a rencontré le leader de la Révolution Fidel Castro Ruz.

Dans le cas de Xi Jinping, sa tournée latino-américaine l’a amené au Brésil, en Argentine, au Venezuela et à Cuba. Il s’agit de son deuxième voyage dans ce continent, un an après être allé au Costa Rica et au Mexique. Ensuite, il a participé à la première réunion des chefs d’État du quatuor qui coordonne la CELAC (Costa Rica, Cuba, Équateur et Antigua-et-Barbuda)

Poutine et Xi Jinping ont participé au 6e Sommet du BRICS qui s’est tenu au Brésil, deux jours après la fin du Mondial.

Ces va-et-vient diplomatiques mettent en évidence :

1. L’importance de l’Amérique latine aujourd’hui pour la Chine et pour la Russie (pour des raisons politiques, économiques et commerciales)

2. La consolidation de plus en plus importante du BRICS et sa relation avec l’Amérique latine.

3. Le rapprochement simultané entre les nouveaux acteurs de la scène mondiale

Tout ceci se produit face à l’impuissance totale des États-Unis, alors que l’Amérique latine (malgré les déclarations du Secrétaire d’État étasunien) a cessé d’être – de part ses propres mérites – leur « arrière cour », et qu’ils ne peuvent rien faire face à la croissance du BRICS et à l’installation progressive de la Russie et de la Chine sur l’échiquier mondial.

Comme nous l’avons dit au début, nous sommes à une époque de grands bouleversements dans la distribution du pouvoir dans le monde et il est possible qu’à partir de ces changements, nous pourrons conserver l’espoir de sauver la planète de la destruction vers laquelle le système dominant nous entraîne. (Fragments tirés de Barometro Internacional)
 

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