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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 27 Mars 2014

Washington isolé sur la question vénézuélienne
• Les États-Unis se retrouvent isolés sur le continent américain sur la question vénézuélienne, en raison de leur soutien apporté au secteur putschiste de l'opposition, dont les violences ont causé la mort de près de 30 personnes

Salim Lamrani

DEPUIS le début du mois de février 2014, les secteurs d’extrême droite de l’opposition multiplient les actes criminels au Venezuela dans le but de provoquer un bouleversement de l’ordre constitutionnel et de renverser le président démocratiquement élu Nicolas Maduro. Les violences ont causé la mort d’une trentaine de personnes, dont plusieurs membres des forces de l’ordre. Le plan d’action a été élaboré dès janvier 2014 par trois leaders de l’opposition : Leopoldo Lopez, président du parti Voluntad Popular, Maria Corina Machado, députée à l’Assemblée nationale, et Antonio Ledezma, maire de Caracas. Tous trois ont publiquement appelé à un coup de force contre le gouvernement légal et légitime de la République bolivarienne du Venezuela.


Le gouvernement des États-Unis mise sur la rupture de l'ordre constitutionnel au Venezuela pour renverser le président démocratiquement élu, Nicolas Maduro.

Dès le début, les États-Unis se sont opposés à Hugo Chavez et à la Révolution bolivarienne, malgré son caractère démocratique et pacifique. Depuis 1999, Washington apporte un soutien politique, diplomatique, financier et médiatique à l’opposition vénézuélienne. En 2002, George W. Bush avait même orchestré un coup d’État contre le président Chavez avec la complicité de l’oligarchie vénézuélienne, d’une partie de l’armée et des médias privés du pays. Aujourd’hui, l’administration Obama soutient ouvertement les tentatives de déstabilisation de la démocratie vénézuélienne, en apportant son concours à l’extrême droite.

Le Département d’État a ainsi défendu les manifestations violentes au nom de « la liberté d’expression ». Il a exigé des autorités vénézuéliennes qu’elles libèrent les responsables de ces actes qu’il estime « injustement détenus », alors que plusieurs ont été arrêtés les armes à la main. John Kerry, secrétaire d’État, a même menacé le Venezuela de sanctions.

Cependant, Washington se retrouve isolé sur le continent américain. En effet, l’immense majorité des pays de la région ont condamné les violences orchestrées par l’opposition et ont apporté leur soutien au gouvernement légitime de Nicolas Maduro. Le 7 mars 2014, l’Organisation des États américains, traditionnellement conservatrice et alignée sur Washington, et qui regroupe l’ensemble des nations du continent à l’exception de Cuba, a infligé un camouflet à l’administration Obama. Une résolution, adoptée par tous les pays à l’exception des États-Unis, du Canada et du Panama, a exprimé la « solidarité » et l’« appui [de l’OEA] aux institutions démocratiques, au dialogue et à la paix en République bolivarienne du Venezuela ». Dans une allusion à la position de Washington, l’OEA a appelé au « respect du principe de non intervention dans les affaires intérieures des États » et a exprimé « son engagement en faveur de la défense des institutions démocratiques et de l’État de droit ». Elle a également condamné l’attitude de l’opposition en exprimant « son refus le plus énergique de toute forme de violence et d’intolérance ». Enfin, l’OEA a fait part de son « plein appui ainsi que de son encouragement des initiatives et des efforts du gouvernement démocratiquement élu du Venezuela et de tous les secteurs politiques, économiques et sociaux pour qu’ils continuent d’avancer dans un processus de dialogue national ».


Maria Corina Machado (à gauche), Antonio Ledezma (au centre) et Leopoldo Lopez (à droite) sont les chefs de file de l'opposition vénézuélienne dont Washington se sert comme pions dans sa stratégie pour provoquer la chute du gouvernement.

De son côté, l’Union des nations sud-américaines, qui regroupe les 12 pays de la région, a condamné « les récents actes de violence ». « Toute demande doit être canalisée de façon pacifique, par la voie démocratique et en respectant l’État de Droit et ses institutions », a-t-elle souligné. Elle a également exprimé sa « solidarité » avec « le peuple et le gouvernement démocratiquement élu de cette nation » et a décidé de « soutenir les efforts du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela pour établir un dialogue » avec tous les secteurs de la société. Dans une évidente allusion aux États-Unis, l’UNASUR a fait part de son « inquiétude face à toute menace contre l’indépendance et la souveraineté de la République bolivarienne du Venezuela ».

Michelle Bachelet, présidente du Chili, qui a accueilli à Santiago du Chili la réunion de l’UNASUR, et a manifesté son soutien total à Nicolas Maduro et condamné les partisans de la rupture l’ordre constitutionnel. « Nous n’accepterons jamais personne, que ce soit un individu ou un pays, qui incite à travers des mécanismes violents à renverser un président légitimement élu », a-t-elle affirmé, dans une nouvelle allusion aux États-Unis. Selon elle, les conflits doivent être résolus par la « voie du dialogue et de la paix ».

Cristina Fernandez, présidente de l’Argentine, a également exprimé son rejet des tentatives putschistes et a manifesté son soutien « à la démocratie vénézuélienne », en rappelant que l’actuel pouvoir tire sa légitimité des 18 processus électoraux sur 19 qu’il a remportés lors des 15 dernières années. Elle a appelé l’opposition à ne pas renoncer à la voie démocratique, soulignant la possibilité d’organiser un référendum révocatoire en 2016 à mi-mandat qui permettrait d’organiser des élections présidentielles anticipées en cas de victoire. « Le Venezuela est le seul pays de la région à disposer d’un tel système qui permet de révoquer le président », a-t-elle souligné. Par ailleurs, elle n’a pas manqué de dénoncer les tentatives de déstabilisation orchestrées par les États-Unis, et elle a mis en garde contre les « interventions extérieures et étrangères, car il serait désastreux de permettre que des vents étrangers détruisent un pays frère comme le Venezuela ». Fernandez a également dénoncé « la tentative de coup d’État "de velour" contre la République bolivarienne du Venezuela ».

Tout comme durant la présidence d’Hugo Chavez, les États-Unis n’ont pas renoncé à s’attaquer à la Révolution bolivarienne démocratique, pacifique et sociale. Ils s’opposent au Président Maduro et soutiennent l’opposition putschiste. De leur côté, les médias occidentaux, principal relais de cette tentative de déstabilisation, ont manifestement pris fait et cause pour les partisans de la rupture de l’ordre constitutionnel et contre la démocratie vénézuélienne.
 

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