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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 21 Août 2014

VENEZUELA
Une nouvelle étape politique

Juan Manuel Karg

IL a beaucoup été question au début de l’année 2014 de la situation politique et sociale au Venezuela, face aux actions violentes menées au cours d’une nouvelle tentative de déstabilisation contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

Des mois plus tard, ce plan, que les dirigeants conservateurs avaient appelé « La sortie », prend un virage bien paradoxal, avec la démission de Ramon Guillermo Aveledo du poste de secrétaire général du MUD (Table d’Unité démocratique), principal opposant armé du gouvernement bolivarien.

Où en est le Venezuela ? Quelles décisions ont-elles été prises lors du récent congrès du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le parti au pouvoir ? Que tentera maintenant l’opposition contre Maduro?

« Ils parlaient de " La sortie", et ce sont eux qui ont fini par sortir », a commenté avec ironie le président vénézuélien, durant son émision de radio et de télévision « En contact avec Maduro », à propos de la réalité politique de l’opposition vénézuélienne. À quoi faisait-il allusion ? À la décision de Ramon Guillermo Aveledo de quitter le secrétariat général de la MUD, la plateforme qui, à deux occasions, a désigné Henrique Capriles comme candidat à la présidence.

Selon les analyses de Nicolas Maduro, les secteurs les plus conservateurs de la MUD auraient limogé Aveledo, suite à la participation de celui-ci aux dialogues successifs mis en place par le gouvernement bolivarien, après les événements violents survenus en février et mars.

L’opposante bien connue Maria Corina Machado, l’une des faces visibles de l’opération « Sortie » – avec Leopoldo Lopez –, impulse maintenant le dénommé « Congrès citoyen », en pariant une nouvelle fois sur un rassemblement politique, en dehors de la MUD.  Machado représente une aile radicale, sans complexes, au sein de la droite vénézuélienne, qui n’entend faire aucune « concession » à Nicolas Maduro. Son discours s’appuie principalement sur l’axe sécuritaire, en laissant dans un autre ordre de priorité la structure productive du pays et la participation populaire aux prises de décisions.

Le récent 3e Congrès du PSUV a demontré une solidité croissante du parti derrière la figure de Nicolas Maduro, élu également président du Parti. Les lettres de l’ancien ministre Giordani, publiées par les médias les plus conservateurs du pays, qui encourageaient la formation de fractions dans le parti au gouvernement, sont restées loin derrière. Durant son congrès, le PSUV a décidé de se maintenir organisé dans les environ 14 000 UBCH (Unités Bolivar Chavez), des instances de réflexion politique créés par ce parti en 2013.

Par ailleurs, les documents du Congrès soulignent que « le monde multicentriste, pluripolaire et l’union latino-américaine et caribéenne garantissent la paix et l’équilibre sur la planète », en reprenant le récent sommet Unasur-Brics qui s’est tenu au Brésil, et en précisant la volonté du PSUV d’établir des relations avec d’autres partis de gouvernement mettant en œuvre des politiques post-néolibérales.

Aujourd’hui, le Venezuela et son opinion publique signalent la division croissante dans les rangs de l’opposition. Un fait qui n’est pas nouveau : en février, on avait pu discerner clairement deux tendances face aux violentes manifestations de rue qui tentèrent de renverser le gouvernement de Maduro. La situation paraît semblable aujourd’hui, bien qu’amplifiée : Capriles annonce une tournée en solitaire dans le pays ; Machado opte pour la construction du « Congrès citoyen », sans la MUD. Quant à Aveledo, il n’a toujours pas expliqué les raisons de son départ du poste de secrétaire général de la MUD. Comme on peut le constater : une guerre d’egos et de ligne politique concernant l’avenir du pays.

Sans aucun doute, au moment d’écrire ces lignes, l’un des principaux défis du gouvernement sera de mettre un terme à la spéculation économique croissante, impulsée par les grands entrepreneurs vénézuéliens.

Endiguer cette politique – qui comprend le manque d’approvisionnement dans certains lieux, ainsi que la hausse indiscriminée des prix –, est aussi un point important de l’avenir du Venezuela : de nouveau fractionnée, l’opposition tentera d’obtenir par la voie économique ce qu’elle n’a pas pu obtenir par la voie politique; elle cherchera ainsi à affaiblir un gouvernement, dont le principal soutien reste les masses populaires, auxquelles est destinée une grande partie des politiques sociales mises en œuvre depuis l’arrivée du PSUV au Palais de Miraflores (siège du gouvernement). (ALAI)
 

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