Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 19 Juin 2014

Seule l’union nous permettra de faire prévaloir notre large majorité
• Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à l’occasion du Sommet du Groupe des 77 et la Chine, à Santa Cruz, en Bolivie, le 15 juin 2014, « Année 56 de la Révolution »

(Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

CAMARADE Evo Morales Ayma, président de l’État plurinational de Bolivie et président du Groupe des 77 et la Chine,

Vos Excellences,

Je remercie le camarade Evo Morales Ayma, président et éminent représentant des peuples originaires de notre région, pour la convocation de cet important Sommet.

Au terme de la 1ère Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, en juin 1964, un groupe de pays en développement, conscients des énormes défis qu’ils devraient relever, décidèrent d’avancer unis pour faire face à un Système économique mondial qui, dès cette l’époque se présentait inégal et injuste.

C’est à ce groupe que l’on doit la préparation, la négociation et l’approbation, le 1er mai 1974, il y a 40 ans, d’un des documents programmatiques les plus importants dans la lutte contre le sous-développement et en faveur de la justice économique internationale : la Déclaration et le Programme d’action pour l’instauration d’un Nouvel ordre international, (et je cite), « basé sur l’équité, l’égalité souveraine, l’interdépendance, l’intérêt commun et la coopération de tous les États, quels que soient leurs systèmes économique et sociaux, qui permet de corriger les inégalités et réparer les injustices actuelles, d’éliminer les disparités croissantes entre les pays développés et les pays en développement, et de garantir pour les générations présentes et futures un développement économique et social qui irait en s’accélérant, dans la paix et la justice (…) » (Fin de citation).

Peu après, le Groupe est parvenu à faire adopter la Charte des droits et des devoirs économiques des États, qui consacre l’exercice de la souveraineté des États sur les ressources naturelles et l’activité économique sur leur territoire.

Ces importants documents conservent toute leur actualité, mais le grand paradoxe, c’est qu’aujourd’hui personne ne veut en parler. Ils sont considérés comme « obsolètes » et « dépassés par la réalité ».

Cependant, à présent l’écart entre le Nord et le Sud s’élargit, et une profonde crise économique résultant de l’échec irréversible du néolibéralisme imposé depuis les principaux centres de pouvoir, et qui a un impact dévastateur sur nos pays, se présente comme la plus longue et la plus complexe des 80 dernières années.

Alors que nous sommes presque à la fin du délai prévu pour la réalisation des Objectifs de développement adoptés au Sommet du millénaire de l’an 2000 :

• 1,2 milliard de personnes dans le monde vivent dans une pauvreté extrême. En Afrique subsaharienne, le nombre de pauvres n’a cessé d’augmenter, passant de 290 millions en 1990 à 414 millions en 2010.

• Une personne sur huit dans le monde souffre de faim chronique.

• 45% des enfants décédés avant l’âge de 5 ans sont morts de malnutrition.

• La dette extérieure atteint des niveaux sans précédent, malgré les paiements énormes que nous avons consentis pour ce service.

• Les effets du changement climatique provoqués notamment par les modèles de production et de consommation irrationnels et le gaspillage des pays industrialisés ne cessent de s’aggraver, et si cette tendance négative devait se poursuivre, d’ici 2030 il faudrait deux planètes Terre pour satisfaire les besoins des êtres humains.

Face à ces réalités, le principe des responsabilités communes mais différenciées dans la lutte contre le changement climatique et d’autres défis environnementaux conserve toute son actualité.

Comme l’a signalé le camarade Fidel Castro Ruz, « Les ressources nécessaires au financement du développement existent. Ce qui manque, c’est la volonté politique des gouvernements des pays développés ».

Il s’impose d’exiger un nouvel ordre financier et monétaire international, et des conditions commerciales justes pour les producteurs et les importateurs, aux gardiens du capital au sein du FMI (Fonds monétaire international) et de la Banque mondiale, ainsi qu’aux défenseurs du néolibéralisme regroupés dans l’Organisation mondiale du commerce, qui veulent nous diviser.

Seule l’union nous permettra de faire prévaloir notre large majorité.

C’est ce que nous devrons faire si nous voulons que l’Agenda de développement d’après 2015, qui devra inclure les Objectifs de développement durable, apporte des réponses aux problèmes structurels des économies de nos pays, et des changements permettant de se proposer un développement durable, et si nous voulons que cet Agenda soit universel et réponde aux différents niveaux de développement.

Camarade président,

À l’heure actuelle, la souveraineté des États est bafouée ; nous assistons à la violation des principes du Droit international et des postulats du Nouvel ordre économique international, des concepts tendant à légitimer l’ingérence sont imposés ; la force et la menace sont employées impunément, ainsi que des moyens pour promouvoir les divisions. Les menaces du président des États-Unis contre « plus de 60 coins obscurs du monde », de toute évidence contre tous les pays membres du Groupe des 77, résonnent toujours à nos oreilles.

Nous devons témoigner notre solidarité à ceux qui sont menacés d’agression. Aujourd’hui, le cas le plus évident est celui de la République bolivarienne du Venezuela, contre laquelle les moyens les plus sophistiqués de subversion et de déstabilisation sont employés, y compris les tentatives de coup d’État, conformément aux conceptions de la guerre non conventionnelle appliquée par les États-Unis pour renverser des gouvernements, alimenter la subversion et déstabiliser des sociétés.

Pendant plus de 50 ans, nous avons été victimes de la politique génocidaire de blocus des États-Unis, d’actes de terrorisme qui ont coûté la vie à des milliers de Cubains et qui ont causé des dégâts matériels considérables. La décision absurde d’inclure Cuba dans la « liste des pays soutenant le terrorisme international » est un affront à notre peuple.

Comme nous l’avons dénoncé, le recours aux actions illégales, secrètes et subversives, ainsi que l’utilisation du cyberespace pour tenter de nous déstabiliser, et pas seulement Cuba, mais des pays dont les gouvernements n’acceptent ni ingérence ni tutelle, s’intensifie. Ainsi, n’importe quel pays peut faire l’objet d’attaques informatiques ayant pour but de semer le manque de confiance, la déstabilisation et susciter des conflits potentiels.

Pendant toutes ces années, nous avons pu compter sur la solidarité des membres du Groupe des 77 et la Chine, et je vous en remercie au nom du peuple cubain.

Profitons de ce 50e anniversaire du Groupe des 77 et la Chine pour renouveler notre engagement commun de concerter nos efforts et resserrer nos rangs pour construire un monde plus juste.

Je vous remercie. (Applaudissements)
 

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