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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 19 Juin 2014

La fête de l’intégration
La rencontre plurinationale et sociale des peuples a précédé l’ouverture du Sommet du G-77 et la Chine

Leticia Martinez Hernandez et Yaima Puig Meneses

SANTA CRUZ DE LA SIERRA, Bolivie. — L’heure des peuples a sonné. Une fête multicolore a envahi le stade Tahuichi Aguilera où les Boliviens dansaient, chantaient et souriaient. Et ils avaient bien des raisons de le faire : leur modeste Patrie recevait la présidence du G-77 et la Chine, et ils ont voulu accueillir les nombreux chefs d’État et les délégations du monde entier présents à ce rendez-vous.


À leur arrivée au stade où avait lieu la manifestation populaire, le président
bolivien Evo Morales et le président cubain Raul Castro ont été chaleureusement
accueilli par la foule.

La plupart avaient quitté leur maison la veille, bravant le froid, la pluie incessante, la fatigue et les immenses distances. De nombreux Boliviens étaient là, ce samedi 14 juin, transformant la première journée de ce sommet historique en une immense fête populaire.

Vers 15h, le président bolivien Evo Morales Ayma et son homologue Raul Castro sont arrivés dans l’enceinte du stade où ils ont été chaleureusement accueillis par la foule. Tous voulaient les embrasser, les toucher, leur témoigner leur gratitude pour toutes ces années consacrées à changer le triste panorama que présentait Notre Amérique.

Puis ce fut le tour du président équatorien Rafael Correa, du Salvadorien Salvador Sanchez Ceren et du Vénézuélien Nicolas Maduro. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, Rigoberta Menchu, prix Nobel de la Paix, ainsi que d’autres représentants des délégations étaient également présents à la rencontre plurinationale. Tous portaient à leur cou une guirlande bolivienne en signe de respect envers la culture de ce pays.

Après les discours d’accueil de plusieurs représentants des mouvements syndicaux, le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, Raul Castro a été le premier à s’adresser au peuple bolivien.

« Il y a longtemps que nous devions cette visite à la Bolivie. Nous, Cubains, admirons l’histoire centenaire de lutte du peuple bolivien pour le vivre bien, en harmonie avec la Terre-Mère, la Pachamama », a-t-il dit.

« Nous sommes venus pour vous accompagner à l’occasion de ce Sommet du Groupe des 77 et la Chine. Nous sommes plus de 130 nations, qui avons des problèmes communs. Ensemble, nous constituons un acteur important sur le plan international. Si nous le décidons, nous pouvons influer sur les décisions des Nations Unies, relatives à la paix et au développement, à la préservation de l’environnement », a ajouté Raul Castro.

« Il est très important pour nous d’être ici, avec vous, pour soutenir le leadership et l’exemple du camarade Evo Morales et de la Bolivie ».

Il a remercié les Boliviens pour leur générosité et leur solidarité, « surtout pour avoir accueilli, comme leur famille, des centaines de coopérants cubains, et parce qu’en tant que protagonistes d’un processus de changement inédit dans votre pays, vous avez apporté une contribution inestimable au processus des luttes de Notre Amérique, comme l’a appelé José Marti, pour l’indépendance définitive et l’intégration de tous nos peuples ».

À propos des tentatives de division de l’impérialisme pour attaquer l’union des peuples et exacerber leurs différences, Raul a déclaré que l’on ne peut y répondre que par davantage d’union.

Ainsi, le président cubain a renouvelé son soutien total à la Grande Patrie de Simon Bolivar, qui « mérite notre appui le plus résolu ». Et d’ajouter : « En défendant le Venezuela, nous défendons la Bolivie et toute notre Amérique. Le Venezuela est aujourd’hui la première ligne de défense de notre indépendance, notre liberté et notre dignité. Ce serait un coup dur de voir freiné le processus de véritable intégration en cours, auquel participent diverses organisations et dont le point culminant est la CELAC. »

Ensuite, se félicitant des progrès réalisés par la Bolivie, Raul a énuméré plusieurs exemples de cette réussite : la nationalisation des hydrocarbures, la fin de l’exclusion et de l’exploitation ; la redistribution des richesses nationales au profit de tout le peuple ; la réduction de la pauvreté extrême à 20% ; la proclamation de la Bolivie comme territoire sans analphabétisme ; les plus de 6 500 Boliviens pauvres ayant suivi des études universitaires ; les plus de 60 000 ayant recouvré la vue ; le développement culturel ; le sport et la science, ainsi que la croissance soutenue de l’économie au dessus des 6%.

Pour conclure, il a adressé ses vœux de succès à Evo Morales dans cette immense tâche, ainsi qu’à tous les présents, et il a déclaré : « Chers frères et sœurs boliviens, construisons ensemble la Grande Patrie. Défendons notre unité. Et permettez-moi de dire comme Che Guevara, qui aurait eu 86 ans aujourd’hui 14 juin, "Hasta la Victoria Siempre !". »

NOTRE AMÉRIQUE UNIE POUR LE « VIVRE BIEN »

Plusieurs des présidents latino-américains présents à ce Sommet extraordinaire ont également pris la parole au stade Tahuichi Aguilera, durant la rencontre plurinationale et sociale des Peuples, pour confirmer l’importance de l’union.

Le président du Salvador, Salvador Sanchez Ceren, a déclaré que son pays a une dette historique envers la Bolivie, dont il a remercié l’amour et la solidarité de toujours. Par ailleurs, il a affirmé que le Sommet du G-77 et la Chine espère trouver de nouvelles idées pour travailler en faveur du « vivre bien » des majorités, cette idée que le président Evo Morales a toujours défendue.

Quelques instants plus tard, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a estimé que Santa Cruz était aujourd’hui l’épicentre de la politique mondiale, de la recherche d’un monde nouveau. Et depuis cette ville, il a envoyé un « puissant salut fraternel au commandant en chef Fidel Castro ». Il a également rappelé Ernesto Che Guevara, à qui il n’est pas de meilleur hommage, le jour de l’anniversaire de sa naissance, que de le faire « comme nous le faisons aujourd’hui, avec les peuples en lutte ».

Pour sa part, le président équatorien Rafael Correa, a remercié les mouvements sociaux et syndicaux pour la merveilleuse fête préparée en prélude du Sommet du Groupe des 77 et la Chine. « Le Groupe créé pour donner une voix aux sans voix. Ce n’est qu’unis que les peuples de cette terre, nous pourrons nous faire entendre et changer l’ordre international immoral et injuste qui prévaut », a-t-il estimé.

Il a abordé de nouveau la question du changement de siège de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), qui se trouve encore dans le pays qui maintient le criminel blocus contre Cuba, en violation de tous les principes du Droit international.

Pour conclure cette rencontre, le président Evo Morales s’est félicité de la présence d’autant de présidents, ce qu’il a considéré comme « un événement historique que nous n’oublierons jamais ».

Dans un superbe geste de fraternité, Evo a demandé au président cubain de faire savoir à Fidel que « sa lutte n’avait pas été vaine », car le peuple est présent pour continuer à lutter contre l’impérialisme. «  Nous allons défendre la démocratie, nos ressources naturelles, notre souveraineté, notre unité », a-t-il affirmé.

Le président Morales a également fait référence aux agressions impériales contre les pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, notamment contre le Venezuela, en même temps qu’il a appelé à garantir la continuité des processus de libération en cours en Amérique latine et à étudier ceux qui ont lieu dans d’autres continents. « Nous vivons des temps de libération et non de domination », a-t-il dit.

Concernant le Sommet, il a souligné l’énorme responsabilité qui reposait sur cette rencontre, qui constitue « une façon de relancer les 133 pays et la Chine afin qu’ils soient au service des peuples du monde ».

Et il s’est dit confiant dans le fait que le Sommet sera également l’occasion « de partager le travail et les expériences des différents gouvernements, de nombreux présidents, d’États, convaincus que la politique, c’est rendre un service et non pas faire des affaires, que c’est un sacrifice et un engagement envers le peuple et non du profit pour les dirigeants ».

Les paroles d’Evo sont devenues la voix de tous ceux qui s’étaient rassemblés dans ce stade Tahuichi Aguilera malgré le froid cruel de cet après-midi de juin. Elles renferment également la chaleur humaine des universitaires boliviens, des peuples originaires, des paysans, des mineurs, du peuple tout entier qui a voulu par cette fête accompagner les séances de ce sommet historique.
 

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