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La Havane. 18 Septembre 2014

Une banque au service du Sud
Démarrage prochain de la Banque du sud, qui devrait ouvrir ses portes d'ici la fin de l'année

Lidice Valenzuela Garcia

LA Banque du Sud sort de sa léthargie. Sept ans après l’émergence de cette idée au sein de l’Union des nations d’Amérique du Sud (Unasur), le panorama politique de la région a subi des pertes sensibles, comme le décès des président Nestor Kirchner, d’Argentine, et Hugo Chavez, du Venezuela, deux piliers de l’intégration. Depuis, de nouveaux dirigeants sont apparus en Amérique latine.

Le président Hugo Chavez a été l'un des grands promoteurs d'une nouvelle architecture financière en Amérique latine.

Le président Hugo Chavez, précurseur et défenseur de l’intégration latino-américaine et caribéenne, faisant référence à la création d’une banque de développement du Sud, soulignait que cette institution serait… « différente de celles qui existent déjà ». Et d’ajouter : « Garder la plupart de nos réserves dans les banques du Nord est simplement stupide ».

La gravité d’une telle situation se confirme de nos jours avec l’Argentine qui, obligée de placer son argent dans des banques à New York, voit les fonds qu’elle avait déposés bloqués par un juge nord-américain qui répond aux intérêts des grands capitaux impérialistes.

L’acte de constitution de la nouvelle entité au service des intérêts économiques de pays membres de l’Unasur – un vigoureux mécanisme d’intégration né également sous l’impulsion d’Hugo Chavez –, fut signé à la Casa Rosada de Buenos Aires, siège du gouvernement de la République argentine. C’était en décembre 2007, la veille du premier mandat de Cristina Fernandez de Kirchner

Le document fut paraphé par les présidents du Brésil, d’Argentine, du Venezuela, de Bolivie, d’Uruguay, d’Équateur et du Paraguay, mais depuis, les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances escomptées en raison d’événements survenus dans notre région. Par ailleurs, la nouvelle entité ne pouvait être créée sans l’aval du Parlement de chaque pays.

Le Brésil n’a jamais ratifié l’Acte, et au Paraguay le projet n’a pas fait l’objet d’une approbation parlementaire.

Cependant, les membres de l’Unasur estime qu’après la tenue au Brésil, de la réunion du BRICS et de la tournée latino-américaine des présidents de Russie, Vladimir Poutine, et de Chine, Xi Jiping, l’Amérique latine se doit d’avoir une contrepartie bancaire, surtout si les projets entre la nouvelle Banque du BRICS (un fonds de 100 milliards de dollars) et les pays d’Amérique du Sud sont mis en œuvre.

L’idée initiale du lancement de la Banque du Sud était de se doter d’une entité régionale chargée de la protection et de la promotion des économies nationales sans avoir à se soumettre aux diktats des institutions financières qui répondent aux intérêts des nations hégémoniques comme les États-Unis et certains pays membres de l’Union européenne qui contrôlent le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM).

Ces deux entités sont des instruments qui ont démontré leur incapacité dans le développement des nations sous-développées. Le FMI est, cela a été confirmé par les réalités historiques, un instrument de la politique extérieure des États-Unis, qui intervient directement dans la politique de ses débiteurs.

La Banque du Sud apparaît comme une alternative aux institutions multilatérales de crédit.

Ce fonds dirige les politiques néolibérales qui, après avoir mis en crise les économies nationales, obligent les gouvernements à adopter des mesures d’ajustement structurel contre leurs populations, victimes de la cupidité de l’impérialisme US et des grands capitaux mondiaux.

Quant à la Banque mondiale, elle intervient dans les décisions ordinaires des gouvernements des pays endettés. L’une de ses politiques consiste à obliger ces États à privatiser leurs grandes entreprises afin qu’elles soient rachetées par les transnationales nord-américaines et européennes.

Les principaux objectifs de la Banque du Sud sont la réduction de la pauvreté dans laquelle vivent 60 millions de Latino-américains, la promotion de l’équité sociale et la croissance économique des pays de la région. Par ailleurs, dans son rôle de promoteur du développement économique et social, elle se veut une entité de financement, de formation et d’assistance technique.

Afin d’apporter du capital et recevoir de l’aide, il faut tenir compte des différentes caractéristiques individuelles des particularités de chacun des pays membres. Par exemple, leurs réserves internationales disponibles, la situation de la balance des paiements, la participation du commerce international, le Produit intérieur brut, etc.

Ceci dit, dans le cadre de la dynamique des nouvelles relations établies par une grande partie des pays latino-américains avec la Russie et la Chine, la Banque du Sud connaît un nouvel essor grâce aux transformations et aux politiques d’inclusion économiques et sociales adoptées par plusieurs pays d’Amérique latine, comme la Bolivie et l’Équateur.

Depuis le 2 juillet, trois réunions, dont une de haut niveau, ont eu lieu pour décider de l’entrée en fonctionnement de la Banque du Sud dans le deuxième semestre l’année en cours. Celle prévue en ce mois de septembre a pour but de revoir le chronogramme de mise en œuvre.

À l’issue d’une récente réunion à Caracas des présidents du Marché commun du Sud (Mercosur), le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé l’approbation de documents visant à « accélérer les pas » de la nouvelle entité bancaire.

Le président a mentionné l’accord permettant à la nouvelle entité de « se rapprocher du processus de création de la Banque des BRICS pour construire des relations de travail ».

La 2e Réunion ordinaire du Conseil des ministres de la Banque du Sud a entamé la procédure de nomination des directeurs de l’organisme, ainsi que du comité ad hoc chargé de la mise en service de la banque.

L’objectif prioritaire est d’établir les règlements et les procédures dans les trois prochains mois. Un chronogramme concernant les apports des pays membres a également été adopté. Dans un premier temps, l’Argentine, l’Uruguay, le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie verseront jusqu’à 170 millions de dollars. Le Paraguay et le Brésil n’apporteront encore aucune contribution tant que l’accord ne sera pas ratifié par leur Congrès respectif.

Le gouvernement du président équatorien Rafael Correa a été le premier à ouvrir un compte à sa Banque centrale pour le dépot de 8 millions de dollars comme capital initial de la Banque du Sud.

Le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño a signalé à la chaîne publique Ecuator TV que la Banque du Sud « a beaucoup tardé à ouvrir ses portes, alors que la décision a été prise il y a sept ans », mais qu’elle peut commencer ses opérations avec cinq pays.

Patiño a confirmé que « les pays les plus grands déposeront 2 milliards de dollars pour créer un compte de 7 milliards jusqu’à obtenir un capital de démarrage de 20 milliards.

Même si nous sommes en train de compléter cette somme, « nous estimons que la Banque du Sud peut déjà ouvrir ses portes, qu’elle dispose des ressources et peut commencer ses opérations ». Elle aura son siège à Caracas et des succursales en Bolivie et en Argentine.

Le 26 janvier 2008, les pays membres de l’Alternative bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA) ont paraphé l’Acte de constitution de la Banque de l’ALBA, quelques jours après la signature à Buenos Aires du document établissant la création de la banque du Sud.

Aussi bien la Banque du Sud que la Banque de l’ALBA constituent d’importants leviers pour le développement économique et social des pays de notre Amérique et leur affranchissement de la dépendance historique entraînée par les dettes extérieures et les conditions imposées par le grand capital (Tiré de Cubahora)
 

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