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La Havane. 15 Mai 2014

Luis Guillermo Solis : une lueur d'espoir de changement au Costa Rica

Isabel Soto Mayedo

L’ACCESSION de Luis Guillermo Solis à la présidence du Costa Rica pour la période 2014-2018 pourrait créer les conditions favorables à la gouvernabilité démocratique et à la participation des citoyens à la gestion publique.


Plusieurs chefs d'État, des délégations officielles et des représentants d’organisations internationales et régionales étaient présents à la prise de fonction de Luis Guillermo Solis.

Depuis son élection, le 6 avril, à la tête de ce petit pays d’Amérique centrale, le représentant du Parti Action citoyenne (PAC) a manifesté son intention de présider aux destinées du pays sur la base de la négociation, faisant naître le germe d’un espoir de retour à la vie démocratique, trop longtemps mise à mal par le « libérationnisme ».

Pour le président de l’Assemblée législative, Henry Mora, également du PAC, la gestion du Parti Libération nationale (PLN) peut être résumée en trois aspects : corruption galopante, aggravation des inégalités et incapacité à réduire la pauvreté.

Cet économiste a rappelé que les trois piliers de ce nouveau gouvernement ont pour objectif de freiner, voire inverser, dans la mesure du possible, tous ces problèmes à travers une lutte frontale contre la corruption à tous les niveaux de l’État.

« Le principal mal dont souffre la société costaricienne réside dans l’accroissement de la concentration de la richesse et, par conséquent, des inégalités du fait de la domination du modèle néolibéral imposé au cours des trente dernières années », a signalé le secrétaire général du Front élargi (FA), Rodolfo Ulloa.

Face à un tel panorama, le PAC prévoit une rupture partielle de ce schéma de développement, même s’il propose un changement modéré.

Le grand défi de cette administration sera d’impulser le changement tant attendu après des années d’une hégémonie néolibérale qu’il est quasiment impossible de démonter en quatre ans, si l’on en croit les spécialistes et les activistes sociaux.

« Les défis qui attendent Solis et son équipe ne sont pas de tout repos, au contraire. Former un gouvernement pour la première fois et partir de zéro dans tous les domaines (rompre avec des structures longtemps corrodées), afin d’opérer des changements prendra du temps », résume un éditorial du quotidien Extra.

Ce journal souligne que les expectatives d’un changement généré parmi les Costariciens sont encore loin d’être une réalité, dans un contexte marqué par un déficit fiscal en hausse, le manque d’opportunités d’emploi pour beaucoup et la dégradation des principales institutions, pour ne citer que quelques exemples.

Le quotidien fait remarquer que l’investiture du premier président du PAC aura symbolisé une rénovation politique historique qui marquera les destinées de la nation et ouvrira les portes de la transformation du schéma politique du Costa Rica en quête de forces rénovatrices.

Et d’ajouter que, pour chaotique que la situation puisse paraître, cette tâche titanesque n’est pas impossible, et dans un premier temps il faudra donner un vote de confiance au gouvernement, qui s’est engagé à avancer « sur une voie équilibrée et responsable ».

Selon Alberto Cortés, professeur de l’Université de San José, le scénario qui s’est dessiné à ces élections offre une occasion de construire une nouvelle manière de restaurer la gouvernabilité, mise en échec par deux gouvernements consécutifs du PLN.

Selon ce politologue, pour atteindre cet objectif, il s’imposera de revenir à la transparence et à l’obligation de rendre compte, ainsi qu’au retour des citoyens en tant qu’acteurs de la politique publique.

Ce qui s’est passé durant l’élection du directoire de l’Assemblée législative prouve que les forces politiques sont prêtes à s’unir pour renforcer la gouvernabilité du pays.

« Même s’il y a neuf fractions politiques, dont aucune n’a obtenu la majorité absolue, le PAC, le FA et le Parti unité sociale-chrétienne ont été à même de conclure des accords leur permettant d’exercer le contrôle du directoire et de la gestion du Parlement », a-t-il rappelé.

« Le fait que ces partis aient eu la capacité et la volonté de comprendre l’importance de construire un bloc parlementaire pour infliger une cuisante défaite au PL ouvre la possibilité d’un agenda législatif comportant des priorités différentes de celles des 30 dernières années », a-t-il dit.

Il a signalé qu’il a l’espoir que la logique d’influence des citoyens dans la politique publique soit revenue pour y rester, sous la direction du PAC, qui a refusé tout compromis avec les partis chrétiens pour reporter le débat législatif sur des questions clés comme les droits sexuels et reproductifs.

Finalement, le spécialiste a affirmé que les éléments qui caractérisent le nouveau contexte ouvrent la possibilité d’un changement politique de longue haleine qui permettra la mise en place d’une gouvernabilité démocratique au Costa Rica. (PL)
 

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