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La Havane. 15 Mai 2014

La mort lente des fleuves

Joaquin Rivery

DANS de nombreux endroits dans le monde, marcher ou se reposer sous les arbres, profiter de la brise, récolter les fruits de ses arbres et se baigner dans les eaux courantes en écoutant le chant de l’eau entre les roches, en sachant que l’on peut étancher sa soif, fait désormais partie du passé.

Aujourd’hui, beaucoup de fleuves sont devenus un danger du fait de la pollution de leurs eaux par les rejets industriels, l’agriculture intensive, la déforestation, les barrages, les déchets domestiques, mais aussi le changement climatique.

Le développement de l’exploitation minière, des services et de l’industrialisation exigent un usage toujours plus important de l’eau et génèrent des déchets abondants, dont beaucoup finissent dans le cours des rivières. La navigation fluviale est souvent une cause de pollution hydrique. Rappelons que les eaux superficielles sont en général plus vulnérables à la pollution d’origine anthropogénique que les eaux souterraines.

Heureusement, Cuba a mis en œuvre un plan stratégique de reboisement concernant une large frange des berges des rivières, qui protège non seulement les lits, mais aussi les sols que les eaux de pluies ont drainé, déposant au fond des sédiments indésirables. De plus, de nombreuses rivières de montagne déversent des déchets qui nuisent à la faune aquatique. Les actions engagées pour récupérer les forêts qui permettront d’assainir les sols occupent déjà 30 % du territoire national, et leur superficie devrait augmenter, ce qui fait partie du combat contre le réchauffement climatique.

Le plus grave de la pollution fluviale, c’est qu’elle est un signal d’alerte de la crise de l’eau douce, qui menace sérieusement tous les continents, provoque le manque d’eau et pourrait même être à l’origine de guerres entre les pays.

Un document de la World Wildlife Foundation (WWF) affirme que les principales sources d’eau dans le monde se « meurent » du fait de l’action négative de l’homme. Cependant, les actions engagées au niveau international ne sont pas suffisantes pour protéger les indispensables sources de vie.

Par ailleurs, la pollution s’infiltre jusqu’aux nappes phréatiques, pénètre les aquifères et constitue un risque supplémentaire, principalement pour les pays les plus pauvres.

Voir dans certains films d’époque l’utilisation de l’énergie hydraulique des moulins, sans occasionner de dommages, constater que plus de la moitié des 500 fleuves les plus importants du monde sont pollués ou que leurs lits sont en grande partie asséchés du fait de la surexploitation, ne peut que rendre furieux.

Ainsi, le fleuve Salween qui prend sa source dans l’est du Tibet, coule vers le sud sur presque 2 400 kilomètres, passe à l’est du Myanmar et débouche dans le golfe de Martaban (mer d’Andaman) à Mawlamyine, est considéré comme le plus pollué de la planète et constitue un véritable danger pour la santé humaine des habitants de ses berges.

Quant au Danube, la situation est si grave que la Commission européenne a exhorté les pays qu’il traverse d’entreprendre immédiatement sa dépollution. Notons que la pollution a été accrue par les bombardements de l’OTAN durant la guerre contre la Serbie.

En Amérique, l’estuaire du rio La Plata, formé par l’union des rivières Parana et Uruguay, est pollué par des eaux usées, dans lesquelles se mêlent résidus industriels et domestiques depuis plusieurs décennies, et où se sont ajoutés le déchets chimiques utilisés par l’agriculture intensive.

Que dire du rio Bravo, le fournisseur d’eau d’immenses zones arides des États-Unis et du Mexique ? Frontière naturelle, il alimente tellement de barrages et de canaux destinés aux différents besoins de l’homme qu’on peut le traverser pratiquement sans se mouiller les pieds à de nombreux endroits.

L’Amazone et l’Orénoque transportent dans leurs eaux des quantités d’arsenic employé par les chercheurs d’or illégaux (garimpeiros) et les entreprises qui extraient de l’or de leur sable et de leurs berges.

Les États-Unis ont des lois draconiennes, mais le gouvernement ne peut éviter les versements de déchets dans le plus grand fleuve, le Mississippi, qui n’est presque plus navigable du fait de l’importante sécheresse.

Dans les glaciers de l’Himalaya, où il prend sa source, le Gange est limpide et pur, mais à mesure qu’il traverse les plaines indiennes, il est de plus en plus touché par la pollution, qui le rend dangereux pour la santé lorsqu’il déverse ses eaux qui n’ont plus rien de transparent dans le Golfe du Bengale.

Le débit de l’Indus est de plus en plus faible, du fait qu’il prend sa source principale dans les glaciers, eux aussi durement frappés par le changement climatique. Le Yangtsé, le plus long fleuve d’Asie, reçoit chaque année 14 200 mètres cubes d’eau polluée, selon l’Académie chinoise des Sciences. Le bassin du Mékong est lui aussi pollué par l’arsenic, de même que les puits qui ont été creusés dans ses alentours.

En Australie, le système fluvial Murray-Darling est l’un des cas de destruction de la biodiversité, à cause de l’introduction d’espèces exotiques.

Il s’agit des plus grands fleuves, mais il y a de nombreuses rivières et des ruisseaux qui présentent parfois une pollution tout aussi importante, avec des conséquences graves pour la survie des populations sur leurs rives.

Il s’impose de prendre des mesures urgentes, pour tous les cours d’eau, sans exception, car sans eau pure, les êtres humains ne peuvent pas vivre. Tout simplement.
 

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