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La Havane. 15 Mai 2014

Après les élections, nouveau
scénario pour le Panama

Joaquin Rivery

LE 4 mai au Panama, Juan Carlos Varela, vice-président et tête de liste du Parti panaméiste (PPa), allié au Parti populaire (PP), a remporté les élections et prendra ses fonctions le 1er juillet prochain (jusqu’en 2019), avec un programme très différent de celui de son prédécesseur, un néo-libéral qui gérait les richesses du pays en favorisant une très petite élite de millionnaires.


Juan Carlos Varela, qui assumera la présidence du Panama le 1er juillet, s'est engagé à lutter contre la corruption.

Le Panama s’est réveillé le lendemain de cette élection à un tour avec un président élu qui s’est engagé à lutter contre les inégalités qui ont aggravé la situation économique catastrophique des secteurs les plus défavorisés au cours de ces cinq dernières.

Juan Carlos Varela, âgé de 51 ans, a enlevé ces élections avec 39 % des suffrages, 7 % de plus que son plus proche adversaire.

Le représentant du PPa, qui occupait la vice-présidence depuis juillet 2009 au gouvernement de son prédécesseur Ricardo Martinelli, avait également été ministre des Affaires étrangères, mais l’alliance fut de courte durée. À la suite de certaines divergences, le président retira à Varela son portefeuille de ministre et exigea sa démission, ce que Juan Carlos Varela refusa, car, selon la Constitution, il ne pouvait être démis de ses fonctions. « Je suis au service du peuple et non d’un gouvernement corrompu », fut sa réponse.

Les désaccords ont surgi à propos d’une éventuelle candidature de Martinelli à sa réélection et après les révélations de Juan Carlos Varela sur des achats frauduleux d’hélicoptères et de radars à une entreprise italienne de mauvaise réputation. Varela fut lui aussi accusé par une partie de la presse de financement illicite de sa campagne électorale.

Varela a devancé José Domingo Arias, homme de confiance de Martinelli, qui se présentait, avec l’épouse du président sortant, comme vice-présidente, ce qui laissait supposer que Martinelli, le milliardaire à la tête d’une chaîne de supermarchés, « voulait dirigeait le pays par personne interposée ».

Juan Carlos Navarro, du Parti révolutionnaire démocratique (PRD), est arrivé en troisième position avec 27,47 % des suffrages.

Cette journée d’élections a été l’occasion d’élire également les 71 nouveaux députés, 77 maires, des centaines d’élus municipaux, ainsi que 20 députés au Parlacen (le Parlement centre-américain), avec une majorité relative du Parti Cambio démocratico de Martinelli.

« La politique va changer : ce ne sera plus faire des affaires mais exercer une fonction. Aujourd’hui vous avez choisi un nouveau capitaine, sortez pour fêter la victoire ! », s’est exclamé Varela devant ses partisans.

Le nouveau président a déclaré que dans les cinq prochaines années, il allait « servir » avec « humilité » tous les Panaméens, y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui.

« Alors que de nombreux Panaméens n’ont pas accès à l’eau potable, et vivent dans des maisons au sol de terre battue... je ne permettrai pas qu’un centime qui doit aller au peuple soit détourné », a-t-il dit, appelant « les forces politiques du pays à former un gouvernement d’union, de paix et de prospérité en faveur du peuple panaméen ».

Varela héritera des lourds investissements financiers, engagés par le gouvernement précédent dans de grands travaux, qui ont doublé la dette publique ces cinq dernières années, et qui s’élèvent à plus de 2 milliards de dollars.

Varela a basé sa campagne sur les problèmes de la hausse des prix alimentaires qui préoccupent de nombreux Panaméens. Il a promis de geler les prix de 22 produits du panier de la ménagère afin de contrôler la marée inflationniste. En fait, le nouveau gouvernement hérite d’un pays en proie à de graves difficultés d’ordre économique et social, ainsi que de longues grèves dans le secteur de la construction et de l’enseignement.

Varela a déjà eu des entretiens avec le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et il a annoncé, comme une de ses priorités à partir du 1er juillet, le rétablissement des relations diplomatiques avec le Venezuela. Nicolas Maduro, qui avait considéré comme une ingérence dans les affaires internes du Venezuela la proposition de Martinelli à l’Organisation des États américains (OEA) d’examiner la situation vénézuélienne, avait suspendu les relations officielles et interrompu les rapports commerciaux avec le Panama.
 

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