Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 14 Octobre 2014

En Argentine, les fonds vautours
tenus en échec
• Doit-on autoriser une poignée de spéculateurs à prendre en otage quarante millions d’Argentins ? A cette question la justice américaine vient de répondre « oui », semant le trouble jusque dans les rangs des investisseurs. En fragilisant les mécanismes qui permettent aux Etats d’alléger le fardeau de la dette, cette prise de position menace de déséquilibrer l’ensemble du système financier


par
Mark Weisbrot

Le combat qui oppose l’Argentine aux « fonds vautours », ces sociétés spécialisées dans la spéculation sur les créances douteuses, rappelle certaines séries télévisées américaines. Il en réunit tous les ingrédients : mystère, intrigues politiques, coups de théâtre et « méchants » parfaitement détestables. Parmi eux, une multitude d’anciens hauts fonctionnaires ayant enfilé leurs pantoufles de lobbyistes, qui, explique le journaliste Mark Leibovich, « s’agrippent à Washington comme des moules à leur rocher  ».

Le dernier épisode débute le 21 novembre 2012 dans un tribunal fédéral du district de New York, lorsque le juge Thomas Griesa ordonne à l’Argentine de verser la somme de 1,33 milliard de dollars (plus de 1 milliard d’euros) à divers fonds spéculatifs dont NML Capital, piloté par M. Paul Singer. Les implications de cette décision dépassent rapidement le cadre d’une joute entre un Etat et les marchés financiers. L’intrigue se noue désormais autour du rapport de forces mondial entre pays endettés et créanciers. Elle illustre par ailleurs la division des responsables de la politique étrangère américaine sur une question douloureuse : quelle réaction adopter face à l’émergence de gouvernements sud-américains revendiquant leur indépendance géopolitique ?

Comme bien souvent, comprendre les derniers rebondissements requiert d’avoir suivi les « saisons » précédentes. Tout commence en 2001. A l’issue de plus de trois ans de récession, Buenos Aires s’avère incapable de rembourser une dette d’environ 100 milliards de dollars. Le pays se déclare en défaut de paiement et, après de longues négociations, propose à ses créanciers d’échanger leurs obligations contre de nouveaux titres « restructurés », d’une valeur inférieure de 70 % à celle des titres originaux. Au total, 76 % d’entre eux auront accepté à la date de 2005 ; 93 % en 2010. Ils n’auront plus à se plaindre de Buenos Aires, qui s’avère bon payeur. Jusqu’au 30 juillet dernier.

(Tiré de monde-diplomatique)

 

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