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La Havane. 14 Août 2014

Les fonds vautours résolus à
dépecer l’Argentine

Joaquin Rivery Tur

LES fonds spéculatifs des états-Unis dits « vautours » car ils font leur apparition quand un État est aux abois, sont résolus à ruiner les efforts de l’Argentine pour sortir de ses difficultés financières.


La présidente argentine Cristina Fernandez a qualifié les fonds vautours de prédateurs sociaux.

Le problème remonte à la crise financière de 2001 qui déboucha sur un soulèvement populaire. Après le départ du président Fernando de la Rua en décembre, quatre présidents se succèdent en dix jours. Nestor Kirchner, vainqueur des élections anticipées d’avril 2003, relance l’économie et négocie un plan de restructuration d’une dette extérieure qui s’élève à 100 milliards de dollars. Ainsi, l’exécutif argentin lance des offres d’échange de titres de dette à deux reprises, en 2005 et 2010, auxquelles 93 des créanciers obligataires de l’Argentine ont adhéré.

Dans le cas présent, il s’agit de fonds d’investissement qui après le défaut ont acheté ces titres pour 20% de leur valeur nominale et qui ensuite ont refusé la proposition d’échange de 2005 et sa réouverture en 2010 pour saisir la justice new-yorkaise à l’encontre de l’Argentine.

Après avoir acquis les titres de la dette à des prix dérisoires, ce petit groupe s’est présenté devant le tribunal du juge Thomas Griesa, dans le district sud de New York, pour exiger un remboursement intégral de la créance argentine qu’ils avaient achetée pour une bouchée de pain. Plus value espérée : 1 600% ! Ce qui situerait ce pays d’Amérique du Sud au bord de la faillite.

Le juge fédéral nord-américain Thomas Griesa a démontré sa partialité vis-à-vis des fonds vautours.

Le juge Griesa, vraisemblablement impliqué dans la manœuvre visant à mettre l’Argentine le dos au mur, a néanmoins nommé un intermédiaire pour mener les discussions entre les fonds vautours et le gouvernement de Cristina Fernandez, mais sans résultat, l’intention étant de précipiter l’Argentine dans une situation de défaut de paiement, ce qui provoquerait une crise sans précédent pour son économie et une inflation fulgurante.

En réalité, 93% des créanciers ont accepté volontairement de restructurer une partie de la dette argentine, mais le juge Griesa a bloqué ces paiements tant que tous les détenteurs de bons de la dette ne seraient pas remboursés, empêchant ainsi Buenos Aires de payer ses créanciers et plaçant le pays dans une situation de « défaut sélectif ».

Cette décision est illégale, la législation de New York établissant qu’il est interdit d’acheter une dette dans l’intention de poursuivre le débiteur en justice.

Le juge Thomas Griesa ne semble pas bien connaître les lois de son propre État et semble être allé trop loin dans une collusion judiciaire avec les vautours de la finance pour contourner cette interdiction.

Lors d’un litige avec un fonds vautour qui avait débouché sur la saisie de la frégate Libertad dans un port étranger, la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner avait rappelé que « les fonds vautours se jettent sur les morts, sur les pays endettés et en défaut de paiement. Ce sont des prédateurs sociaux ».

Il est curieux de constater que même la Banque mondiale estime que plus d’un tiers des pays ayant rempli les conditions de leurs programmes de rééchelonnement de leur dette souveraine ont été la cible d’au moins 26 fonds financiers spéculatifs.

Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie, devait déclarer au New York Times : « Nous avons eu beaucoup de bombes autour du monde et celle-ci en est une que les États-Unis tirent sur tout le système économique mondial ».

Le ministre brésilien des Finances Guido Mantega a appuyé la thèse du gouvernement argentin : « Je ne pense pas que l’Argentine soit en défaut de paiement, car elle est en train de rembourser sa dette. Elle affronte une situation exceptionnelle, car c’est un juge des États-Unis qui l’empêche de payer ».

La BM a précisé que les fonds vautours ont réussi à se faire verser jusqu’à un milliard de dollars des dettes souveraines, et réclament aujourd’hui 1,3 milliard à l’Argentine, ce qui représenterait une catastrophe pour ce pays, et cette bombe US pourrait infliger des dommages terribles à la restructuration des dettes de pays développés devant prochainement recourir à ce mécanisme. La décision du juge Griesa menace d’aggraver la situation du monde pauvre.

Le gouvernement argentin a annoncé qu’il porterait l’affaire devant la Cour internationale de justice de La Haye contre la décision du juge Griesa.

Le secrétaire général de la présidence Oscar Parrilla a annoncé que l’Argentine profitera de toutes les tribunes internationales pour dénoncer les agissements des fonds vautours. « L’Argentine recourra à toutes les actions juridiques et politiques dans le cadre des organismes internationaux, que ce soit la Cour internationale de La Haye, le G-20 ou les Nations Unies », a-t-il dit.

Avec le soutien du Groupe des 77, du Mercosur, de l’ALBA, de l’UNASUR et du Mouvement des pays non alignés « L’Argentine veut aller plus loin. Nous irons sur toutes les scènes internationales pour dénoncer et démontrer la barbarie des fonds vautours, qui ont spolié plusieurs peuples, notamment d’Afrique, en raison de leur faiblesse. Aujourd’hui, ils sont face à un gouvernement, le gouvernement argentin, qui ne va pas se laisser faire », a souligné le responsable argentin.
 

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