Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

TEXTE seulement  

 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 10 Avril 2014

Les Malouines sont argentines

Juan Diego Nusa Peñalver

C'EST ce que proclame une grande pancarte sur la route 136, près de la ville de Gualeguaychu, dans la province Entre Rios, à 230 km de Buenos Aires et à 25 kilomètres de la République orientale d'Uruguay. Un slogan qui résume les aspirations frustrées de plus de 42 millions d'Argentins par la force des armes d'un empire colonial britannique décadent.


La présidente argentine a dénoncé le fait que « les Malouines sont la plus grande base nucléaire de l'OTAN dans l'Atlantique Sud ».

Le 2 avril, l'Argentine a commémoré la mort au combat des soldats tombés pendant le conflit armé, connu sous le nom de Guerre des Malouines, qui opposa en 1982 le Royaume-Uni à l'Argentine. Depuis 1833, l'Argentine réclame la souveraineté de cet archipel de l'Atlantique Sud, situé à 480 km de ses côtes et à 12 000 km du Royaume-Uni.

Dans son allocation à la cérémonie à l'occasion du 32e anniversaire de cette guerre, réalisée à la Maison Rose, siège du gouvernement, la présidente Cristina Fernandez de Kirchner a affirmé avoir « l'infinie confiance » de récupérer la souveraineté sur les Îles Malouines, car « l'histoire de l'Humanité démontre

clairement que les peuples finissent toujours par récupérer leurs droits », et elle a condamné la militarisation croissante de ce territoire colonial par le gouvernement du premier ministre David Cameron.

La présidente argentine a dénoncé le fait que « les Malouines constituent une base militaire nucléaire de l'OTAN dans l'Atlantique Sud. C'est une vérité qu'ils ne peuvent pas continuer d'occulter » a dit la chef d'État, en faisant clairement référence au Royaume-Uni.

Par ailleurs, Cristina Fernandez a indiqué que la réclamation argentine pour la souveraineté sur les Îles doit être également considérée « comme un message de paix au monde ».

Un peu d'Histoire


Pancarte située sur la Route 136, près de Gualeguaychu, Entre Rios.

La guerre des Malouines ou guerre de l'Atlantique Sud est un conflit qui a opposé l'Argentine au Royaume-Uni dans l'archipel des Malouines, la Géorgie du Sud et les Îles Sandwich du Sud. Elle commença le 2 avril 1982 avec le débarquement de l'armée argentine, et prit fin le 14 juin 1982, après un cessez-le-feu.

Le conflit a pour origine la volonté de l'Argentine de récupérer la souveraineté sur cet archipel, que les Nations-Unies considèrent comme des territoires en litige entre Buenos Aires et Londres, bien que ces derniers soient administrés et exploités par le Royaume-Uni. Ce conflit se solda par la mort de 649 militaires argentins, 255 britanniques et trois insulaires.

Politiquement, la déroute argentine eut de lourdes conséquences puisqu'elle précipita la chute de la dictature militaire qui gouvernait le pays à l'époque et qui fut remplacée par un gouvernement démocratiquement élu en 1983. Par contre, le gouvernement conservateur néolibéral de Margaret Thatcher sortit renforcé de cette victoire et fut réélu en 1983.

Cependant, l'Histoire britannique tente d'occulter que malgré sa victoire, la flotte colonialiste britannique subit une défaite dans l'Atlantique Sud au début des combats, avec d'énormes pertes, selon des sources argentines. Les chiffres exacts, considérés comme un secret d'État par Décret royal, ne seront pas été révélés avant le 14 juin 2072, jusqu'au décès de tous les soldats argentins ayant combattu dans ce conflit.


Parcours de la flotte d'invasion britannique en 1982.

En 44 jours de combat, 70% des navires de guerre et de logistique dénommé Task Force ont été coulés ou endommagés, ainsi des dizaines d'avions et d'hélicoptères abattus. Des pertes qui ne sont pas reconnues par le Royaume Uni, qui durant le conflit compta sur l'aide des États-Unis (satellites espions et armements), ainsi que du dictateur Pinochet au Chili, qui donnait des informations sur les mouvements de la Force aérienne argentine.

Par ailleurs, les analystes censurent le fait que Londres ait engagé des mercenaires népalais (gurkha) et des légionnaires d'autres pays dans leurs forces, qu'il ait coulé le croiseur argentin Général Belgano alors qu'il se trouvait hors de la zone d'exclusion délimitée par les Britanniques, et ait introduit dans ces zones des armes nucléaires interdites en Amérique latine et la Caraïbe, par le Traité de Tlatelolco, signé au Mexique en 1967.

Les Malouines et non les Falklands

Pour le Royaume-Uni, ces îles s'appellent les Falklands et il compte bien les conserver par la force, au détriment de la Loi.

Les Malouines sont argentines par leur Histoire et pour être situées dans la Mer Argentine, qui fait partie de la plate-forme continentale argentine, riche en pétrole, en gaz, en oligoéléments métalliques. Elle est également une source importante de dichtyocolle, une richesse naturelle dilapidée à cause des permis de pêche attribués sans contrôle aux Kelpers (colons emmenés par la Grande-Bragne pour repeupler les îles après l'expulsion violente des Argentins).

Ces terres ont été découvertes en 1520 par des membres de l'expédition de Magellan. Même si elles ont porté des noms différents sur les cartes européennes, elles sont toujours restées dans les espaces sous contrôle effectif des autorités espagnoles.

À partir de la Révolution de Mai 1810, les Îles Malouines furent considérées par les premiers gouvernements argentins comme partie intégrante du territoire hérité de l'Espagne.

Le 10 juin 1829, le gouvernement argentin créa le Commandement politique et militaire de ces îles et plaça Luis Vernet à sa tête.

Dans le contexte d'une renaissance de l'intérêt stratégique dans l'Atlantique Sud, le 3 janvier 1833, une corvette de la Marine royale britannique expulsa par la force les autorités argentines, qui se refusèrent à leur reconnaître toute autorité.

En 1884, faute de réponse à ses protestations, Buenos Aires proposa de porter l'affaire devant un arbitrage international, ce qui fut également rejeté sans raison par le Royaume Uni.

La dénommée « Question des Îles Malouines », considérée comme un différend de souveraineté entre l'Argentine et le Royaume Uni sur les Îles Malouines, la Georgie du Sud, les îles Sandwish du Sud et les espaces maritimes environnants, a été présente à la Conférence de San Francisco, qui fut à l'origine des Nations Unies, avec une réserve de droits présentée par la délagation argentine.

Conformément à la Résolution 1514, l'Assemblée générale de l'ONU approuva le 16 décembre 1965 la Résolution 2065 , par laquelle elle reconnaissait l'existence d'un différend de souveraineté bilatérale et invitait les deux pays à négocier afin de trouver une solution pacifique à ce problème.

Depuis 1989, le Comité spécial de décolonisation de l'ONU est chargé de l'examen de cette question, alors que le Marché commun du Sud (Mercosur), l'Association latino-américaine d'intégration (Aladi), l'Union des nations sud-américaines (Unasur) ainsi que la Communauté des États latino-américains et caribéens (Celac) ont soutenu la légitime revendication de l'Argentine sur les Malouines.

Le conflit de 1982 n'a pas changé la nature du différend de souveraineté entre l'Argentine et la Grande-Bretagne.
 

                             IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina
/ Directeur éditorial: Gustavo Becerra Estorino
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano
© Copyright. 1996-2013.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page