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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 9 Octobre 2014

La guerre contre la Syrie
Le plan B de l'agenda secret d'Obama

Nazanin Armanian

LES avions de chasse des États-Unis bombardent la Syrie, tuant des dizaines de civils, y compris des enfants. Ceci, sans l’autorisation de Damas ni de l’ONU, en piétinant le droit international.

Compte tenu de qui est le bourreau et de qui sont les victimes, la CNN ou la BBC n’ont pas montré les images de leur mort. Pour la même raison, il n’y aura pas non plus de condamnations ni de mobilisations contre le terrorisme d’État pratiqué en totale impunité par les États-Unis et leurs alliés, qui au cours des dernières décennies ont ôté la vie à des centaines de milliers d’Irakiens, de Pakistanais, de Yéménites ou de Soudanais, pour ne citer que certains peuples.

Israël a également profité de la situation pour détruire un bombardier syrien qui attaquait les positions du Front al-Nusra. De quel côté est Netanyahu ? Pourquoi la « communauté internationale » n’a-t-elle pas condamné cette agression contre un État souverain ?

Nous sommes face à la 7e agression militaire de Barack Obama contre un pays qui de plus, et « comme par hasard », est aussi à majorité musulmane. Ne serait-ce pas que le président veut démentir ainsi les accusations du Tea Party concernant ses affinités religieuses ? Autrement il attaquerait l’Indonésie ou l’Arabie saoudite... Ses mobiles sont autres.

Dominer l’Eurasie centrale, contrôler la totalité du Levant méditerranéen – ce qui fut aussi un des motifs pour renverser Kadhafi ; humilier la Russie dans ses zones d’influence ; détruire l’armée syrienne à cause de ses liens avec la Russie, comme il l’a fait avec les forces armées d’Irak et de Libye, et le fera avec celles de l’Ukraine ; empêcher la construction d’un mega-gazoduc Iran-Irak-Syrie ; triompher sur le terrain de la guerre et contrôler militairement le monde pour compenser son échec économique ; pousser le prix du pétrole à la hausse, en portant préjudice à la Chine et rendre l’ONU encore plus inutile, et agresser l’Iran sur ses quatre frontières.

Avec ces objectifs, les USA ont mis en place le « Plan A » contre la Syrie qui consistait à :

- Lancer des opérations secrètes ; financer l’aile droite de l’opposition afin de renverser le président Bashar al-Assad ; organiser des bandes criminelles pour provoquer la terreur au sein de la population et générer l’ingouvernabilité.

- Créer et armer les groupes terroristes, qui furent appelés « rebelles », ceux-là même qui arrachaient le cœur des soldats syriens pour les manger, et que l’on a fini par appeler « extrémistes assassins » quand ils ont assassiné des journalistes occidentaux. Nous avons encore en mémoire les images des escadrons de la mort en Amérique latine dans les années 80, entraînés par John Negroponte, qui en 2003 organisa les Forces spéciales en Irak.

- Faire de la Syrie un piège pour les pays rivaux d’Israël dans la région.

- Réaliser des attentats sous un faux drapeau, comme l’épisode des gaz chimiques de 2013, pour faire accuser Al-Assad, de « casus belli » et lancer une attaque militaire contre Damas.

Selon 12 anciens agents du gouvernement des États-Unis, l’exécutif de Bachar al-Assad n’était pour rien dans cet incident. De plus, le veto de la Russie à toute intervention militaire, ainsi que l’absence d’une alternative susceptible de gouverner le pays, et malgré la possibilité d’en finir avec Al-Assad par le biais d’un de ces « assassinats sélectifs » ; l’inutilité des Conférences Genève I et Genève II et la crainte d’une situation chaotique à la frontière d’Israël, firent échouer cette phase de l’« Opération contre la Syrie », bien que ceci ait servi à militariser la région et permis l’installation de missiles Patriot en Turquie.

Le Plan B en marche…

Il consiste à :

- Transférer le « califat américain » de l’État islamique (EI) de Syrie en Irak, en le laissant occuper impunité quelque 90 000 kilomètres carrés dans chaque pays, en terrorisant près de huit millions de personnes.

- Organiser une campagne de propagande sur la cruauté de l’El, comme ce fut le cas pour les lapidations des talibans pour justifier l’attaque « libératrice » de l’Afghanistan ou le soi-disant massacre de bébés koweitiens par Saddam Hussein en 1991. Sans parler de la farce de l’envoi d’antrax aux États-Unis, et les tristement célèbres armes de destruction massive inexistantes de 2003.

- Dépoussiérer l’accord militaire conclu avec l’Irak, ce qui lui permet de « réoccuper » le pays lorsque l’administration nord-américaine le jugera opportun.

- Éliminer de façon brutale le Premier ministre irakien Nuri al-Malaki, pour s’être opposé à ce que le territoire irakien soit utilisé pour lancer des attaques contre la Syrie.

- Briser le tabou de bombarder la Syrie, une décision pour laquelle l’an dernier Obama n’a pu obtenir de soutien, ni à l’intérieur ni hors de son pays. Actuellement, en plein chaos, si « tout-à-coup » quelqu’un assassinait Bashar al-Assad, qui le pleurerait ?

Les États-Unis savent que Damas ne peut détruire les avions qui envahissent son territoire. La zone sous le contrôle de l’El, une fois occupée par les soldats dirigés par les États-Unis, lui serviront de base d’opérations pour agir dans toute la Syrie.

- Poursuivre le projet du Grand Moyen-Orient, en changeant les frontières et les gouvernements. Washington enverra des troupes en Irak, en majorité des arabes pour qu’ils tuent les arabes de l’El.

Une fois l’Irak et la Syrie effacés de la carte en tant qu’État, ces deux pays seront considérés comme des « scènes d’opérations Iran-Syrie », ce qui rappelle la situation Afghanistan-Pakistan, deux autres États devenus des « aires » pendant le chapitre antérieur du montage de la lutte contre la terreur.

- L’expulsion massive des minorités ethniques et religieuses de leurs foyers par l’El s’aligne sur la théorie du Plan Biden : « Divise, tu vaincras et gouverneras»

Les États-Unis détruisent les grands États, regroupent les populations dans des zones déterminées afin de mettre en place les mini-États qu’ils ont dessinés. En Irak, où vivent près de 30% de couples, le drame de la Yougoslavie risque de se répéter : des dizaines de milliers de personnes se verront forcées de s’entretuer et de se séparer pour que chaque pays agresseur ait sa part du gâteau.

Il ne fait pas de doute que cela peut se produire dans un bouillon de culture, comme le grand mécontentement des minorités des sociétés de la région, qui souffrent de profondes inégalités économiques, ethniques, sociales, politiques et religieuses.

- Que soudain apparaisse dans la presse un groupe d’islamiste appelé Khorassan, plus dangereux que Al Qaeda et l’El – faire peur, faire peur – est très mal vu, et pas seulement pour la capacité de la CIA de fabriquer en chaîne des groupes terroristes, mais parce que Khorassan, Terre de soleil, en perse, était le nom de la région qui incluait, sous l’empire d’Achéménides, une partie de l’Iran actuel, et tous les « -stan » d’Asie centrale, même si c’est aujourd’hui le nom d’une province située dans le nord-est de l’Iran.

Cela signifie-t-il que ce groupe terroriste opérera en Asie centrale et en Iran ?

Les États-Unis prétendent restructurer l’Irak à leur goût, s’approprier ses ressources, consolider ses positions dans la région, et du même coup faire du chantage à la Russie et la Chine dans d’autres zones de la planète.

Seul un mouvement international pour la paix peut stopper la force destructive de l’OTAN et faire en sorte qu’elle disparaisse. (Tiré de Other News)
 

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