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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 7 Agosto 2014

Les États-Unis ont utilisé des
jeunes Latino-américains pour la subversion à Cuba

• Une nouvelle enquête de l’Agence Associated Press (AP) révèle un autre projet de l’USAID visant à manipuler la jeunesse cubaine

WASHINGTON. — L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a envoyé en secret des jeunes Latino-américains dans le but de créer une opposition pour tenter de détruire la Révolution.

C’est ce que révèle une enquête réalisée par l’agence de presse nord-américaine AP, qui a dévoilé les plans concernant le projet de créer une plate-forme à des fins politiques, à travers les nouvelles technologies de téléphonies mobiles, connues comme ZunZuneo.

L’article, signé par les journalistes Desmond Butler, Jack Gillum, Alberto Arce et Andrea Rodriguez, affirme que dès le mois d’octobre 2009, un projet impulsé par l’USAID a envoyé de jeunes Vénézuéliens, Costariciens et Péruviens à Cuba, dans le but de déclencher une rébellion dans l’Île. L’agence AP a révélé que « les voyageurs ont travaillé en secret, parfois en se faisant passer pour des touristes, qu’ils ont parcouru toute l’Île à la recherche de personnes dont ils pourraient faire des activistes politiques ».

Le projet a utilisé des méthodes secrètes, propres aux Services d’Intelligence nord-américains, comme des voies de communication secrètes, des personnalités de façade et des mensonges, des informations cryptées, des mesures de sécurité, des facilités pour communiquer avec leur agents à l’étranger, la recherche d’informations secrètes sur la société cubaine, la préparation psychologique des émissaires face à l’éventuelle détection par la Sécurité de l’État cubaine, l’utilisation de codes de communication, entre autres. Cependant, les journalistes affirment que le projet était truffé d’«incompétences et de risques ».

Cette opération clandestine et illégale impliqua des personnes de la région, y compris après l’arrestation et le procès de l’agent sous contrat étasunien Alan Gross, condamné pour avoir commis des actions contre l’indépendance ou l’intégrité territoriale de l’État cubain.

Des jeunes Cubains qui furent en contact avec les « voyageurs », comme l’étudiant Héctor Baranda, qui se lia d’amitié avec un groupe de visiteurs ont manifesté leur étonnement en apprenant par l’AP  que ceux-ci travaillaient pour l’USAID.

NAISSANCE D’UN NOUVEAU PROJET

Le Costaricien Fernando Murillo était l’un des jeunes Latino-américains qui travaillaient dans ce programme. « Il avait pour tâche de recruter des jeunes Cubains pour les entraîner dans l’activisme contre le gouvernement », signale l’AP. Il réalisa sa mission en organisant « des programmes sous couvert d’activités civiques, notamment un atelier de prévention sanitaire ».

« Il avait pour instruction d’informer toutes les 48h et il pouvait le faire en utilisant une série de codes de sécurité pré-établis. »

« J’ai mal à la tête », par exemple, signifiait qu’il était surveillé par les Cubains.

Pour réaliser ses objectifs, l’USAID engagea l’agence Creative Associates International, une entreprise qui participa à la création du programme ZunZuneo.

 Selon les documents obtenus par l’AP et les interviews réalisées dans six pays, « les jeunes voyageurs se faisaient passer pour des touristes quand ils étaient sur les campus universitaires cubains, et à une occasion, ils utilisèrent comme façade une activité qui pourrait miner la crédibilité de l’USAID, qui se targue de prévenir les maladies contagieuses dans le monde : ils organisèrent un atelier de prévention du VIH, qualifié par les documents dévoilés  d’excuse parfaite pour les objectifs politiques du programme » .

Selon l’AP, le programme « ne cessa de frôler constamment l’échec ».

« Ces jeunes gens sans expérience ne disposaient d’aucun réseau de sécurité pour leur apporter du soutien, alors qu’ils réalisaient des activités explicitement illégales à Cuba. »

Après l’arrestation d’Alan Gross, l’USAID informa ses agents sous contrat, en privé, qu’ils devaient envisager d’interrompre les voyages qu’ils avaient prévus d’effectuer à Cuba, selon les courriels obtenus par l’agence AP.

Cependant, cette recommandation ne fut pas respectée. En avril 2010, Fernando Murillo fut envoyé à La Havane. Il fut engagé par Creative Associates avec la mission de « convertir les jeunes Cubains apathiques en acteurs politiques efficaces ».

À Villa Clara, il se joignit à un groupe culturel qui se faisait appeler « Révolution », un groupe d’artistes qui se consacraient à la musique électronique et à la production de vidéos.

L’objectif étant de mener à bien une série de séminaires pour recruter de nouveaux « volontaires », Fernando Murillo avait besoin d’une thématique attractive pour des membres potentiels et qui serait approuvée par l’État cubain.

Il commença un atelier sur le VIH qui, en novembre 2000, attira

60 jeunes. Le soi-disant atelier devait offrir des cours d’éducation sexuelle à ses participants afin qu’ils sachent comment prévenir la contagion du virus. Mais le motif réel, comme le démontrent les documents de l’AP, était d’utiliser l’atelier pour recruter des jeunes, en leur enseignant comment s’organiser eux-mêmes.

Lorsqu’ il fut contacté à San José, au Costa Rica, Fernando Murillo déclara qu’il ne pouvait pas donner de détails sur son voyage à Cuba parce qu’il avait signé un accord de confidentialité qui lui interdisait de divulguer toute information. Selon ses dires, la seule chose qu’il tenta de faire dans l’Île fut d’apprendre aux jeunes comment utiliser correctement un préservatif.

« Je n’ai jamais dit à un Cubain qu’il devait agir contre le gouvernement », a-t-il dit. Cependant, dans le rapport de six pages que Fernando Murillo envoya à Creative Associates, il soulignait que l’atelier était « l’alibi parfait pour le traitement du thème de fond ».

Dans une autre partie du Rapport, Fernando Murillo révèle un autre des objectifs du programme : « la construction d’un réseau de volontaires pour la transformation sociale. »

Manuel Barbosa, un des fondateurs du groupe d’artistes Révolution, a déclaré dans une interview récente à Santa Clara que les

Costariciens ne lui ont jamais dit qu’ils travaillaient pour l’USAID.

L’agence AP dénonce également qu’« utiliser comme façade un atelier de prévention de cette maladie pour favoriser une sorte de subversion contre un gouvernement étranger jette le discrédit sur la mission que l’USAID prétend réaliser en matière de prévention de maladies, notamment le programme contre le VIH, qui dispose d’un budget annuel de 3 milliards de dollars, et que l’agence affirme que ce programme a aidé quelques 50 millions de personnes dans cent pays ».

FAVORISER UNE RÉBELLION

Alors que Fernando Murillo et d’autres voyageurs costariciens s’occupaient de l’organisation de l’atelier de prévention du VIH, des jeunes voyageurs vénézuéliens et péruviens furent invités dans les universités. Leurs missions, selon les documents et les interviews, était de « recruter des étudiants avec pour l’objectif à long terme de les retourner contre leur gouvernement ».

À la fin de l’année 2009, Creative Associates engagea l’avocate vénézuélienne Zaimar Castillo, qui avait alors 22 ans, et qui dirigeait une organisation appelée « Renova ». Son groupe visita les résidences étudiantes de l’Université de Santa Clara et les fins de semaines allèrent faire la connaissance des familles des étudiants. Un autre groupe de jeunes péruviens fut envoyés dans cette même université.

Ils décrivirent les étudiants et les installations du campus, avec de nombreux détails et prirent note de leurs plaintes et des éventuels problèmes qui pourraient être utilisés.

Ils devaient établir sur un tableau Excel la liste nominale des étudiants qu’ils considéraient pouvoir recruter, et élaborer leur profil, avec leurs qualités de leader.

Cependant, des étudiants cubains contactés par l’AP se sont dit surpris en découvrant que leurs amis étrangers agissaient pour le compte de l’USAID.

Le 3 septembre 2010, Irving Pérez, un responsable de Creatives Associates, organisa une vidéoconférence à travers Skype pour annoncer un changement de stratégie. « Notre programme va cesser d’impulser les voyages dans l’Île, ou du moins pas comme colonne vertébrale de l’opération », a dit Pérez aux émissaires. Au lieu de voyager à Cuba, ils tenteraient d’aider certains « contacts clefs » cubains, afin qu’ils reçoivent un visa de sortie pour les former dans un autre pays.

L’agence AP a reconnu l’échec du projet subversif.

Ce lundi, la Maison Blanche s’est refusée à faire  tout commentaire sur ce sujet. « Sans commentaires », a répondu le porte-parole, Josh Earnest, à une question sur ce thème.

« Je ne peux commenter le rapport (publié dans la presse étasunienne) car plusieurs points sont inexacts. Je vous invite à vous adresser directement à l’USAID », a dit le porte-parole en conférence de presse.

Pour sa part, l’USAID a nié qu’il y ait un quelconque secret dans les programmes contre Cuba. « Le Congrès des États-Unis finance des programmes en faveur de la démocratie à Cuba, afin de faciliter l’accès des Cubains à plus d’informations et de renforcer la société civile », a signalé à travers un communiqué Matt Herrick, porte-parole de l’Agence, qui a précisé que tous les programmes que l’USAID réalise à Cuba sont disponibles au public sur le site web foreignassistance.gov. « Ce travail n’est ni secret, ni clandestin »,

a-t-il ajouté.

Cependant, de même que ZunZuneo, les caractéristiques de cet autre projet subversif le situent dans le cadre de la stratégie de  guerre non conventionnelle qui a pris de l’ampleur ces dernières années. Une façon de faire la guerre qui vise des objectifs de domination et le changement de système politique dans des pays que les États-Unis considèrent contraire à leurs intérêts, sans engagement direct des forces traditionnelles sur le terrain, ce qui implique un coût relativement moindre pour le pays agresseur, mais pas pour le pays agressé.

La  participation de personnel « non qualifié » dans des opérations d’Intelligence traditionnelles est inscrite dans la circulaire d’entrainement TC-1801.

Selon les indications de cette circulaire, cette guerre implique une participation « multi-agences » de la part des États-Unis. Tout le contenu du document s’inscrit fonctionnellement dans cette doctrine, dans laquelle l’USAID tient un rôle déterminant.

Cette agence fédérale, qui obtient des fonds énormes des contribuables nord-américains pour réaliser de soi-disant missions humanitaires dans le monde entier, a été qualifiée de « façade pour des opérations d’Intelligence ».

• LE contact devra être effectué de façon anonyme, soit en utilisant un compte gmail, par sms, ou téléphone, en utilisant un message simple pour dire que le voyage se passe bien. Les communications à travers tout appareil devront être courtes et ponctuelles.

• Au cas où il serait nécessaire de rapporter des informations sensibles (thèmes de sécurité, événements de programme clefs), le message devra être crypté, de manière que jamais ne soient mentionnés de noms, de lieux, de numéros, etc. En cas de besoin, utiliser le service gratuit et amical Hushmail  Express.

• En cas de nécessité, utiliser le langage suivant. Prière de l’interpréter selon la phrase explicative.

« J’ai mal à la tête » : Nous suspectons que nous sommes surveillés et nous nous abstiendrons provisoirement de poursuivre les objectifs du voyage, à moins que l’on nous indique le contraire.

« J’ai eu une intoxication et j’ai dû aller à l’hôpital. Je me sens bien maintenant et je vais prendre le reste de mes vacances avec calme » : nous avons été arrêtés et interrogés ; nous interrompons les objectifs du voyage et nous continuons comme des touristes le reste du voyage.

«Je suis trop malade pour rester ici, si bien que je vais avancer mon retour à la maison. Je te verrai bientôt » : Nous avons été expulsés et nous partons immédiatement. Nous nous contacterons dès notre arrivée dans un pays tiers.

 

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