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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 3 Juillet 2014

L'Espagne et le fantôme de la République

L’AVÈNEMENT de Philippe VI d’Espagne intervient dans une conjoncture économique difficile, assortie d’un mouvement populaire en effervescence qui réclame un référendum pour décider entre un État monarchique ou républicain.


Le nouveau roi d’Espagne, Philipe VI et la reine Doña Leticia.

À l’entrée en vigueur de la Loi d’abdication, publiée au Bulletin officiel de l’État à minuit le 19 juin dernier, le fils de Juan Carlos de Bourbon est devenu roi après l’abdication de son père, le 2 juin.

L’une des clés de son règne devra être l’évolution politique de la société espagnole au cours des quinze prochains mois, jusqu’aux élections générales. Le temps pour les partis monarchistes d’inverser leur spirale descendante.

Ces élections devraient résoudre la contradiction actuelle : un parlement avec 90 % de députés soutenant la Couronne et un mouvement citoyen de plus en plus dynamique qui réclame un référendum sur le modèle d’État que souhaitent les Espagnols, avec le soutien de 62% de la population, selon un sondage.

L’avertissement a été donné lors des élections au Parlement européen, le 25 mai dernier, avec la débâcle du Parti populaire (PP) et du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui représentent à eux deux plus de 80 % des députés et constituent aujourd’hui le soutien parlementaire de la monarchie.

Si la tendance actuelle des intentions de vote se confirmait, ces deux organisations n’atteindraient pas 50 % des sièges aux élections générales de septembre 2015, 15 mois seulement après la proclamation du nouveau roi.

Les partis Izquierda Unida (Gauche unie) et Podemos (Nous pouvons), arrivés en troisième et quatrième positions par rapport au nombre de votants aux élections européennes, défendent – avec d’autres groupes politiques – l’idée d’une nouvelle Constitution afin d’abolir la monarchie parlementaire adoptée en référendum en 1978.

L’avenir de Philippe VI dépend donc de la capacité du PP et du PSOE de faire face à l’affaissement du soutien populaire et de la façon dont l’IU et Podemos, unis à d’autres forces, parviendront à matérialiser la tendance reflétée dans les urnes du 25 mai dernier.

Autre aspect important : la direction du PSOE – principal parti d’opposition – parviendra-t-elle à neutraliser avant les élections la révolte naissante de certains secteurs dans ses rangs qui, au minimum, envisage de soutenir la proposition de référendum ?

Le secrétaire général du PSOE, Alfredo Pérez Rubalcaba, a dû faire appel à la discipline dans le parti pour garantir le vote en faveur de la réélection des députés du Parti qui, comme il l’a admis, a de profondes racines républicaines.

Rubalcaba a expliqué cette contradiction avec l’argument selon lequel le PSOE était partie prenante du consensus de 1978, qui a permis la transition de la dictature de Francisco Franco (1939-1975), avec l’instauration d’une monarchie parlementaire qui assurait la stabilité dans ces moments critiques.

Les secteurs les plus jeunes du Parti ne montrent pas le même engagement envers cette décision, et leur évolution pourrait également avoir une influence importante sur les événements futurs.

Reste à voir également les effets de la reprise économique – que le gouvernement considère comme amorcée – pour sortir d’une crise qui a frappé le PP et le PSOE, mais aussi la crédibilité de l’ensemble du système.

Avec Philippe VI, la Maison royale gagne de nouvelles têtes et écarte certaines figures liées à des affaires de corruption, ce qui explique la note 3,7 sur 10 attribuée par la population à la Couronne, lors d’une enquête du Centre de recherches sociales, dépendant du ministère de la Présidence.

Le mouvement républicain bénéficie du soutien de secteurs non politiques, comme le monde de la culture, qui a publié une déclaration demandant comment il est possible de changer la direction de l’État sans tenir compte de l’opinion des citoyens.

Le modèle de l’État adopté en 1978, affirme le document, « ne doit être ni irrévocable ni définitif, car nous sommes au 21e siècle et nous pensons que l’État ne doit pas s’hériter au même titre qu’un patrimoine privé ».

« Nous croyons au principe d’égalité sans privilèges, en toute démocratie, à la souveraineté du peuple et qu’il est temps de réclamer l’exercice de ce droit lors d’un référendum », souligne la déclaration. (PL)
 

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