Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 31 Juillet 2014

L’hypocrisie de Miami

Lazaro Barredo Medina

UN journaliste à Miami connaît bien tous les méandres de la politique locale. Il tente régulièrement de sauver les apparences du code de l’objectivité de la presse étasunienne. Il s’agit de Juan O. Tamayo, de la rédaction du journal Miami Herald.

Tamayo n’a rien d’un ingénu : il sait bien que dès l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, Washington s’est efforcé de « résoudre le problème cubain », en concevant la manière idéale de changer l’image de Miami, afin que cela ne soit pas le gouvernement étasunien qui, de façon directe, décide des actions contre le gouvernement révolutionnaire cubain, mais que cela soit l’émigration cubaine aux États-Unis qui se charge de « demander » des mesures concrètes.

Plusieurs conseillers de Ronald Reagan ont reconnu qu’ils devaient résoudre un problème pour pouvoir mettre en œuvre la stratégie conçue dans le Programme de Santa Fe [empêcher le développement des idées de gauche en Amérique latine] , à savoir qu’une grande partie des Cubains « exilés » étaient associés au terrorisme, aux opérations sales de la CIA et à la violence.

Washington avait besoin de remplacer cette image par une autre, plus rénovée et plus acceptable, et c’est là que le journaliste O. Tamayo entre en jeu.

Je fais ces éclaircissements parce qu’il y a quelques jours, le collègue Tamayo a publié un long article dans le Nuevo Herald, dans lequel il apportait aux lecteurs l’information suivante, dont je livre quelques paragraphes :

Antonio « Tony » Calatayud, un activiste cubain bien connu de l’exil, et commentateur de la radio de Miami, a été arrêté pour son implication dans une escroquerie immobiliaire. Selon les informations, il aurait dérobé un million de dollars aux acheteurs.

Calatayud, âgé de 74 ans, a tenté de cacher son visage dans ses mains durant son audience de mise en liberté provisoire, déclarant qu’il se sentait « humilié » par son arrestation le 4 juillet, mais qu’il attendait le procès avec impatience pour prouver son innocence.

Une caution de 95 000 dollars a été fixée pour ce vétéran de la Baie des Cochons et ancien directeur de l’agence de WQBA « la cubanisima » (1140 AM) au début des années 90. Jusqu’à son arrestation, Calatayud animait une émission anticastriste le mercredi de 20h à 21h sur WHIM (1080AM)

Calatayud a été arrêté en 2003, accusé d’avoir escroqué l’État de la Floride de plus de 290 000 dollars, en présentant plus de 1 300 factures frauduleuses de sa pharmacie, Primera Farmacia Latina , située au 300 SW sur la 107e avenue, dans le cadre du programme Medicaid. Il a terminé sa peine en liberté conditionnelle en novembre 2013.

L’architecte Huguet, qui témoignait contre lui, a déclaré au cours du procès qu’il craint des représailles physiques de la part de Calatayud, ainsi que la possibilité que l’accusé ne commette d’autres escroqueries, car la fraude a eu lieu lorsque Calatayud était encore en liberté conditionnelle pour l’affaire de 2003.

« J’ai peur de lui », a dit Huguet, ajoutant que si l’accusé était remis en liberté, il pourrait « profiter de sa liberté pour chercher de nouvelles victimes à escroquer. Votre honneur, s’il-vous-plaît, ne permettez-pas que cela se produise. »

Pour quelle raison Tamayo présente-t-il Tonito Calatayud Rivera, comme « un activiste connu de l’exil cubain », comme si c’était un honnête citoyen qui se consacrait à la politique ?

Le pedigree d’Antonio Calatayud Rivera est sans équivoque : après avoir quitté Cuba illégalement en 1960, il fut recruté immédiatement par la CIA, et considéré comme un des hommes de confiance de l’Agence.

Dès les années 60, il dirigea des attaques terroristes contre les côtes cubaines et les bateaux de pêche. Il fut dirigeant d’organisations terroristes, telles que RECE (Représentation cubaine de l’exil), la CORU, créée par Orlando Bosch et Luis Posada Carriles. Une organisation qui est responsable, entre autres forfaits, de l’ignoble attentat contre un avion civil cubain au-dessus des côtes de la Barbade en 1976.

Tonito, et cela le FBI le sait parfaitement, a dirigé des attentats terroristes contre des représentants diplomatiques colombiens, mexicains et contre le consulat de France à Miami.

Pourquoi l’architecte Huguet, qui est lié à ces secteurs de l’« activisme » prétend-t-il avoir peur de cet homme s’il est remis en liberté conditionnelle ?

Tamayo et Huguet savent que ces « activistes de l’exil » agissent selon les codes de la mafia et qu’à Miami, les histoires de règlements de compte sont innombrables.

Tonito Calatayud rentrera tranquillement chez lui. La juge du circuit de Miami-Dade Maria Elena Verde a indiqué qu’elle ne pensait pas que Calatayud représente un haut risque de fuite, mais elle a laissé entendre très clairement qu’il ne peut avoir de contact avec aucun des ses accusateurs – ni même les mentionner dans aucun programme de radio –, et imposé des conditions très strictes pour le remettre en liberté.

Attendons de voir ce que dira de tout cela l’actuel maire de Miami, « Tomasito », avocat, journaliste et bijoutier.

Tomas Pedro Regalado Valdés a également été membre de la CIA. Il navigua en eaux troubles avec « Tonito », dans presque toutes les organisations contre-révolutionnaires et terroristes de l’exil, depuis Abdala, la Brigade 2506, Alpha 66 et la CORU, jusqu’à la Fondation nationale cubano-américaine (FNACA).

Il fut attaché de presse dans le Plan Torriente, au début des années 70, appelé ainsi par son responsable au nom de la CIA, José Elias de la Torriente, qui fut ensuite victime d’une vendetta entre ces groupes. Comme le prétendit le porte-parole de la police : « dans la mort de M. Torriente, il y a autant de pistes que de Cubains à Miami. »

« Tomasito » se lia étroitement avec les principaux dirigeants des organisations anticastristes et le bruit courut, dans ces mêmes cercles, qu’il participa au détournement d’une partie des fonds recueillis.

Une autre relation importante avec Tonito Calatayud, c’est que Regalado fut l’un des artisans de l’intolérance des médias à Miami.

Il est bien connu qu’il existe entre tous ces personnages une sorte de « fraternité ». C’est pourquoi, on ne peut que s’étonner de ce titre mensonger : Arrestation d’un activiste bien connu de l’exil.
 

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