Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 26 Février 2014

La CIA mise sur Leopoldo Lopez pour détruire l’œuvre de Chavez
• Les actes violents de ces derniers jours au Venezuela ont été commis avec le financement et le soutien des Etats-Unis

Jean Guy Allard

QUE peuvent bien avoir en commun le général David Petraeus, l’ancien directeur de la CIA fraîchement démissionnaire, et Leopoldo Lopez Mendoza, le meneur des hordes fascistes qui tentent de réduire à néant l’œuvre de l’ancien président Hugo Chavez ?

Ils sont tous deux liés à la Kennedy School of Government de l’Université de Harvard, une pépinière d’officiers de l’Agence centrale du renseignement.

Beaucoup d’éléments dans la vie de Lopez, outre son attitude de provocateur putschiste, en disent long sur ses liens avec les services secrets US.

Issu d’une famille aisée ayant des liens directs et étroits avec les plus hautes sphères de la faune politique de droite, le jeune Leopoldo s’est très vite révélé comme un fervent partisan de la politique des États-Unis et des élites de l’empire.

Exemple typique du fils à papa – de ceux qui se croient surprotégés derrière les hauts murs des demeures au luxe insolent des quartiers opulents de Caracas –, à l’âge de 18 ans Lopez fut dépêché par sa famille aux USA, un pays où les privilégiés du sud envoient leurs héritiers s’acheter un avenir.

C’est ainsi que le jeune Lopez débarque en 1989 au très exclusif Kenyon College, dans l’Ohio. Il passera cinq ans dans cette prestigieuse institution réservée aux riches, où la valeur annuelle par année par boursier coûte la bagatelle de 60 000 dollars !

La CIA ne recrute pas ses agents parmi les pauvres. L’on sait qu’au Kenyon College l’Agency a toujours contrôlé des éléments parmi le corps enseignant, qui ont pour mission d’identifier des « candidats », autrement dit des étudiants susceptibles de lui être utiles tôt ou tard.

De l’époque de la Guerre froide, on se souviendra de l’affaire du célèbre poète John Crowe Ransom, qui fut considéré par la CIA comme un « actif » important lorsqu’il enseignait au Kenyon College, selon les experts en la matière.

Le prestige de cette institution est tel que c’est l’endroit que choisit Michael Morrell, le numéro deux de la Company – il en a assuré deux fois la direction intérimaire et a pris sa retraite récemment après 33 ans à Langley – pour donner sa première conférence d’officier à la retraite.

Il est difficile de croire que Leopoldo Lopez, un Latino-américain issu d’une famille fortunée, ne se soit pas fait repérer par les « actifs » du Kanyon College à la solde des recruteurs de la CIA.

Et ce n’est pas un hasard si Lopez refait surface à la prestigieuse et très coûteuse Université de Harvard, en particulier à la Kennedy School of Government, où il obtient un master en Politiques publiques en 1996.

La Kennedy School de Harvard est également un lieu placé sous surveillance par les collaborateurs en mission de recrutement. Plusieurs études le confirment.

De retour au Venezuela sur les instances de sa mère, Leopoldo Lopez est nommé analyste adjoint de l’économiste en chef et conseiller économique chargé de la planification de PDVSA, la compagnie pétrolière publique vénézuélienne.

Il entre très vite en contact avec la CIA, ou plutôt avec une société écran de la CIA : l’International Republican Institute (IRI), qui lui assurera par la suite un soutien stratégique et financier. À cet effet, à partir de 2002, il effectue plusieurs voyages à Washington, notamment au siège de l’IRI, pour y rencontrer des fonctionnaires du gouvernement de George W. Bush.

Entre-temps, Lopez devient membre de l’association civile Primero Justicia, qui deviendra par la suite le parti politique mené par son rival Henrique Capriles Radonski. Cet autre fils à papa est lui aussi rouage important du mécanisme de déstabilisation mis en place par le CIA, le Département d’État et leur ambassade US à Caracas.

Le 11 avril 2002, Leopoldo prend la tête de la marche de l’opposition putschiste sur le Palais de Miraflores, qui se solde par la mort de dizaines de personnes et l’enlèvement du président Hugo Chavez.

Il est impliqué dans l’arrestation illégale du ministre de l’Intérieur et de la Justice, Ramon Rodriguez Chacin. L’action judiciaire contre Lopez fut effacée le 31 décembre 2007 par l’amnistie décrétée par le président Chavez.

L’opération de déstabilisation avortée, Lopez ne renoncera pas pour autant à ses provocations fascistes inspirées des manuels de la CIA.

À la fin février 2004, il fut l’un des meneurs de la « guarimba » (protestation violente) de l’État de Chacao, dont il était maire, visant à « forcer » le départ du président Chavez, et qui fit à nouveau des morts.

Dépité de n’être le leader d’aucune force politique, il décide de créer son propre parti, dénommé Voluntad Popular, à la tête duquel il peut donner libre cours à ses idées extrémistes ouvertement fascistes. Il fait la promotion des dénommées Réseaux populaires, une initiative financée par l’Agence américaine pour le développement International (USAID) pour infiltrer les communautés et briser les rangs révolutionnaires avec du personnel rémunéré chargé des actions déstabilisatrices « spontanées ».

En Amérique latine et partout où l’empire sent ses intérêts menacés, des personnages comme Lopez ne sont pas le résultat d’une génération spontanée.

Rien n’est le fruit du hasard. Washington possède ses propres fabriques de dirigeants chargés de collecter les renseignements nécessaires à leurs projets machiavéliques. Les aréopages des élites mondiales forment des leaders de toutes nationalités, dont certains « candidats » aux techniques de subversion et de propagande.


Leopoldo Lopez Mendoza s’est rendu le 18 février à la justice vénézuélienne. À la demande du Ministère public, la juge Ralenys Tovar avait lancé un mandat d’arrêt contre le chef de file de l’opposition. Le Ministère public requiert 10 ans de prison contre Leopoldo Lopez pour crimes d’incendies et dommages aux biens, pour incitation à la délinquance et association de délinquants.
 

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