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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 22 Mai 2014

Nigeria, le terrorisme et les élections

Sam Olukoya

LAGOS —. Les Nigerians commencent à se résigner : à chaque coin de rue peut surgir un terroriste-suicide, en raison du trafic permanent d’armes sophistiquées de contrebande introduites par les frontières perméables de ce pays d’Afrique de l’ouest.

Andy Nepli, âgé de 32 ans, avait prévu de passer les vacances avec son cousin Ngupar Kemzy pour la Pâque chrétienne. Cependant, deux jours plus tard, le 14 avril, Nepli se trouvait parmi les 75 victimes, mortes à la suite de deux puissantes explosions à la gare routière bondée de Nyanya, dans la banlieue d’Abuja, la capitale.

Les corps ont été tellement mutilés que l’identification d’un grand nombre de victimes s’est avérée difficile.

Cette nuit-là, 129 jeunes filles ont été enlevées dans le lycée public où elles étaient internes à Chibok dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays. Jusqu’à présent, 44 d’entre elles ont réussi à s’enfuir ou ont été libérées, alors que les autres sont toujours portées disparues.

Boko Haram, une organisation qui a recours à la violence et dont l’objectif est d’instaurer un régime islamique au Nigeria, a revendiqué cet attentat. Il est également suspecté d’être responsable de l’enlèvement des lycéennes.

Ce groupe extrémiste a pour stratégie l’attentat à la bombe, le rapt, l’incendie de villages entiers et l’assassinat de ses habitants.

Boko Haram opère principalement dans le nord-est du Nigeria, et est soupçonné d’avoir des liens avec Al-Qaïda dans le Maghreb islamique et avec son allié en Somalie, Al Shabaab.

Outre l’insurrection fondamentaliste islamiste, d’autres groupes ethniques armés opèrent dans le centre du Nigeria.

La crise s’est aggravée lorsque les groupes armés ont abandonné les bâtons, les machettes, les gourdins et les carabines pour se servir d’armes plus meurtrières et sophistiquées, comme des mitrailleuses et des grenades tirées par des lance-roquettes.

« Ceux qui utilisent ces armes modernes ont acquis une audace qu’ils n’auraient jamais eu avec des armes plus rudimentaires », a déclaré Steve Obodokwe, du Centre pour l’environnement, les droits de l’Homme et le développement.

« Avec les armes modernes, les groupes armés ont même osé lancer des attaques contre des casernes », a-t-il dit.

On estime que la contrebande d’armes est la conséquence des conflits armés dans des pays comme la Libye et le Mali.

L’ancien ministre nigérian de la Défense, Olusola Obada, a déclaré qu’une partie de ces armes provient du pillage des arsenaux libyens pendant la crise de 2011, qui a pris fin avec l’assassinat de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969.

Par ailleurs, certaines de ces armes, en particulier celles utilisées par Boko Haram, pourraient être entrées au Nigeria à travers le réseau d’Al-Qaïda.

« Il n’est pas absurde de penser que certaines de ces armes auraient été fournies par des groupes islamistes de Somalie et du Mali », a déclaré Obodokwe.

Grâce à ses liens avec Al-Qaïda et à un approvisionnement en armes conséquent, Boko Haram s’est livré à plusieurs incursions terroristes de grande envergure au Nigeria, comme des attaques contre des bases militaires et les attentats à la bombe en 2011 contre les sièges de la police nationale et des Nations Unies à Abuja.

« Le succès de Boko Haram a encouragé d’autres groupes à prendre les armes contre leurs rivaux, sachant que les forces de sécurité sont incapables de les contrôler », a affirmé Ifeanyi Okechukwu, coordinateur national du Réseau pour la Pacification de l’Afrique de l’Ouest, qui travaille en collaboration avec des organisations internationales afin d’empêcher les conflits armés.

L’organisation indépendante International Crisis Group, qui œuvre pour la paix, affirme qu’à elle seule, l’insurrection de Boko Haram a conduit au « déplacement d’environ un demi million de personnes, détruit des centaines d’écoles et de bâtiments gouvernementaux, et frappé l’économie déjà dévastée du nord-est, l’une des régions les plus pauvres du Nigeria ».

Cette organisation craint que l’insurrection ne s’étende « à d’autres régions du nord, jusqu’au Niger et au Cameroun, des pays faibles et peu équipés pour combattre un groupe islamiste radical armé ».

Certains Nigérians commencent à perdre confiance dans la capacité des forces de sécurité à venir à bout de Boko Haram et autres groupes extrémistes. Mais le gouvernement affirme qu’il va gagner la guerre contre le terrorisme.

« La terreur n’empêchera jamais le Nigeria de se développer », a déclaré le président Goodluck Jonathan, lors d’une réunion politique, le lendemain des attentats de la gare routière à Abuja.

Des élections générales sont prévues au Nigeria l’année prochaine. Dans ce pays, la campagne électorale se caractérise par le fait que les hommes politiques arment leurs partisans afin d’arriver au pouvoir. Mais avec autant de groupes armés et d’armes à feu illégales en circulation, la préparation des élections de 2015 pourrait mettre le Nigeria dans une situation critique. (Extraits tirés de IPS)
 

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