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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 20 Mars 2014

Le président Vladimir Poutine a
signé un accord sur le rattachement
de la Crimée à la Russie

LA Crimée fait désormais partie de la Russie. Le 18 mars, le président russe Vladimir Poutine et les dirigeants de Crimée et de Sébastopol ont signé un accord bilatéral visant au rattachement de la nouvelle « république indépendante », ainsi que celui de la ville de Sébastopol à la Fédération russe.


Le vote en Crimée s’est déroulé sans aucun incident.

À cette occasion, le chef de l’État de ce pays euro-asiatique a affirmé que la Crimée est une « terre sainte russe ». « Tout a une limite, et Washington a dépassé les bornes en Ukraine », a déclaré le président russe, en accusant l’administration nord-américaine d’être habituée à agir selon la loi du plus fort. Une allusion au soutien de la Maison-Blanche et de l’Europe au régime de facto instauré par la force en Ukraine.

Poutine a demandé au Parlement, aux gouverneurs et aux membres du gouvernement d’adopter une loi pour accélérer le processus : « Je propose à l’Assemblée fédérale – les deux chambres du Parlement russe – d’adopter une loi pour rattacher à la Fédération russe deux nouvelles entités : la Crimée et la ville de Sébastopol », a dit le président.

Selon plusieurs sources, l’accord signé par le président russe est entré en vigueur à partir de la date de la signature de l’accord, et inclut une reconnaissance du « statut autonome particulier » de Sébastopol, le port de Crimée, où se trouve stationnée la flotte russe.

La signature a eu lieu lors d’une cérémonie solennelle dans la salle Saint-George du Kremlin devant le plénum du Parlement russe et les dirigeants de toutes les régions.

QUELQUES DONNÉES POUR COMPRENDRE LA CRIMÉE


96,77 % des voix pour le rattachement de la Crimée à la Russie.

1. Bien que la Crimée soit rattachée à l’Ukraine, la majorité de ses citoyens sont d’origine russe. La Crimée compte 1,9 million d’habitants. Plus de 60% de la population est d’origine russe, contre 23% d’Ukrainiens et 12% pour la minorité tatare turcophone à majorité musulmane.

2. La Russie dispose d’une base pour sa flotte, installée sur la mer Noire à Sébastopol, la ville la plus importante de Crimée. Selon le dernier accord signé en 2010 avec le gouvernement ukrainien, le bail de la marine russe est maintenu jusqu’en 2042. « La Russie n’abandonnera jamais Sébastopol », déclarait il y a deux ans, Igor Kassatonov, commandant de la Flotte russe de la mer Noire. Pour des raisons géostratégiques, la Russie n’est pas disposée à perdre la base de Sébastopol.

3. La Crimée est une région autonome de l’Ukraine qui dispose de sa propre Constitution. Aux dernières élections présidentielles, la Crimée a voté majoritairement pour Viktor Ianoukovitch, qui dut s’enfuir de Kiev pour se réfugier en Russie, à la suite des violentes manifestations néofascistes qui se sont produites dans le pays.

4. Les Tatars ont représenté pendant des siècles la majorité de la population de Crimée. Lors de la Deuxième guerre mondiale, environ 20 000 Tatars collaborèrent avec l’armée nazie (alors que des milliers d’autres luttèrent dans les rangs de l’armée soviétique). Accusées d’avoir collaboré avec le régime fasciste, les populations furent déportées en Ouzbékistan. Après la chute de l’Union soviétique, on estime que 250 000 Tatars sont revenus en Crimée.

5. La Crimée fit partie de la Russie à partir de 1792. En 1954, elle fut rattachée à la République socialiste d’Ukraine sur décision de Nikita Khrouchtchev.

6. Lors d’un sondage réalisé il y a deux ans en Russie, 70% des Russes considéraient la Crimée comme faisant partie de leur pays. Par contre, seulement 30% considéraient que la Tchétchénie fait partie de la Russie, alors que la Tchétchénie fait partie de la Fédération russe.

Lors du référendum du dimanche 16 mars les habitants de la Crimée devaient se prononcer sur deux questions :

a) Êtes-vous favorable à la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie ?

b) Êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée au sein de l’Ukraine ?


À l’issue du dépouillement de tous les bulletins du référendum qui s’est tenu le 16 mars en Crimée, « le nombre de voix favorables au rattachement à la Russie, avec les mêmes droits que les citoyens russes, s’élevait à 1 233 002, c’est-à-dire 96,77 % des suffrages », a déclaré Mikhail Malyshev, responsable de la commission du référendum.

Au total 1 274 096 personnes se sont exprimées, ce qui représente 83,1 % des inscrits. Seuls 2,51 % des votants se sont prononcés en faveur de la permanence du statut de la Crimée au sein de l’Ukraine.

En ce qui concerne le scrutin à Sébastopol, selon le responsable de la commission électorale de la ville, Valeri Medvédev, 95,6 % des votants se sont exprimés en faveur du rattachement à la Russie. À Sébastopol, le taux de participation a été de 89,5 %.

En fait, l’aspiration de la Crimée à vouloir se séparer de l’Ukraine démantèle le plan des États-Unis et des puissances occidentales qui souhaitent contrôler le pays le plus important pour la sécurité nationale russe.

Une situation particulièrement grave, car ce qui se joue dans cette région n’est autre que le contrôle de l’Eurasie, une région que le stratège britannique Sir Mackinder a appelé « The Heartland » (le cœur du monde), indispensable pour dominer le monde.

OBAMA ANNONCE DES SANCTIONS SUITE AU RÉFÉRENDUM EN CRIMÉE

Le président des États-Unis, Barack Obama a annoncé des sanctions contre sept fonctionnaires russes après les résultats du référendum en Crimée : Vladislav Sourkov (adjoint du président de la Fédération de Russie), Sergueï Glazyev (conseiller présidentiel), Leonid Sloutsky (député de la Douma), Andrei Klishas (président du Comité du Droit constitutionnel, des Affaires juridiques et judiciaires et du Développement de la Société Civile du Conseil de la Fédération de Russie), Valentina Matvienko (porte-parole du Conseil de la Fédération), Dmitri Rogozine (vice-premier ministre russe) et Elena Mizoulina (députée de la Douma).

Des sanctions ont été également imposées à l’encontre du premier ministre de Crimée, Sergueï Aksionov ; le président du Parlement de Crimée, Vladimir Konstantinov et le président déchu d’Ukraine Viktor Yanoukovich. La mesure consiste à bloquer les propriétés et les comptes de ces fonctionnaires aux États-Unis, ainsi de leur interdire l’entrée sur le territoire étasunien.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé de sanctionner 21 dirigeants russes et ukrainiens à la suite du référendum en Crimée.

Pour sa part, le vice-premier ministre russe Dmitri Rogozine, inclus dans la liste, n’a pas tardé à réagir sur son compte twitter avec le message suivant : « Monsieur Obama, que devrions-nous faire, nous qui n’avons ni propriétés ni comptes à l’étranger ? Vous n’avez pas pensé à cela ? ». (SE)
 

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