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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 20 Février 2014

Catalogne : le débat
sur l'indépendance se durcit

Miguel Lozano

LE conflit entre la Catalogne et le gouvernement espagnol se durcit avec le renforcement des positions de chaque camp. Un conflit que certains qualifient de « collision frontale entre deux trains » et d’autres de « voie sans issue ».


Mariano Rajoy et Artur Mas fermement opposés sur l'avenir de la Catalogne.

D’un côté, le président de la Catalogne, Artur Mas, a confirmé sa décision de réaliser un référendum pour l’indépendance de cette région autonome, alors que de l’autre le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, ne cesse de répéter qu’il n’autorisera ni la consultation ni la séparation de la Catalogne.

« Le referendum prévu le 9 novembre se réalisera d’une façon ou d’une autre, et toujours dans le cadre légal », a affirmé Mas lors d’une interview à la chaîne de télévision La Sexta, alors que Rajoy a déclaré à une convention du Parti populaire (PP) au pouvoir que le référendum n’aurait lieu sous aucun prétexte.

Selon Artur Mas, même si la majorité des Catalans ont voté massivement pour la Constitution il y a 30 ans, ils ne se sentent pas représentés, à cause du recul en terme d’autonomie et du mépris, parfois humiliant, des différents gouvernements du PP envers les Catalans.

Pour la présidente de l’Andalousie, présidente également du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOP), il s’agirait d’une véritable « collision frontale entre deux trains », tandis que le PP, estime que Mas – qui insiste pour organiser la consultation de façon légale, alors qu’il n’a pas le soutien du Parlement, est engagé dans une « voie sans issue ».

Le PP et le PSOE – le principal parti d’opposition espagnol – sont d’accord sur le fait que le referendum est impossible car, selon la Constitution, ce sont tous les Espagnols qui doivent décider de la structure territoriale.

Par ailleurs, le parti Gauche unie (IU), la troisième force politique, défend le droit au referendum mais rejette l’idée de séparation.

Au cœur de cette dispute, il existe une troisième voix défendue par le PSOE, la gauche et d’autres forces, qui préconisent une réforme de la Constitution afin de l’adapter aux conditions actuelles et aux différentes caractéristiques des 17 communautés autonomes.

Dans certaines des idées exprimées dans ce sens apparaît la nécessité de remplacer le système des communautés autonomes par une fédération, même si la différence entre les deux concepts reste peu claire.

Selon le parti Gauche unie, cela ne résoudrait pas les problèmes de l’Espagne, et il attribue la responsabilité fondamentale des conflits au système capitaliste et à la politique suivie par les gouvernements du PSOE et le PP au détriment des régions.

À l’autre extrême du pendule se trouvent certains secteurs qui proposent une plus grande centralisation, notamment le secteur le plus à droite du Parti populaire. Une position défendue par des dissidents du PP, qui ont fondé récemment le parti Vox, qui se définit comme de centre droite, mais qui, au vu de ses prises de position, se situerait plutôt à droite de Rajoy.

Le parlement catalan a ouvert une nouvelle étape en demandant au Parlement espagnol d’autoriser la Generalitat (gouvernement) de Catalogne à convoquer un référendum, cependant la réponse ne fait pas de doute, compte tenu de l’opposition de PP et du PSOE.

Ce résultat prévisible, déjà annoncé par les autorités catalanes, ne signifiera pas l’arrêt des aspirations indépendantistes dans cette région du nord-est de l’Espagne, qui entrerait sans doute alors sur le terrain glissant de la légalité défendue par les deux parties. (PL)
 

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