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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 19 Juin 2014

Porochenko, président de toute l'Ukraine ?

Odalys Buscaron Ochoa

LE nouveau président ukrainien Petro Porochenko s’est engagé, lors de son discours d’investiture devant le Parlement, à maintenir l’unité d’un pays divisé, entraîné dans une guerre et dont une partie de la population opposée à l’ordre imposé par l’Occident est soumise aux bombardements et aux persécutions.

Le nouveau président ukrainien Petro Porochenko, qui a annoncé que son cap serait une entrée à terme de l'Ukraine dans l'Union européenne, est loin de faire l’unanimité dans l’est du pays.

Porochenko est un homme d’affaires proeuropéen ayant occupé plusieurs postes ministériels, et l’un des oligarques qui ont financé les révoltes antigouvernementales de la place de Maidan à Kiev, qui ont débouché sur le coup d’État contre le président élu Viktor Ianoukovitch.

Petro Porochenko, qui s’est présenté en candidat indépendant, ne cache pas ses préférences pour ladite « clique de Kiev » qui agit en étroite collaboration avec les États-Unis et de connivence avec des groupes fascistes, et il s’est prononcé contre « la terreur séparatiste » prorusse, de plus en plus vive dans l’est du pays.

Pour Viatcheslav Ponomarev, le maire populaire de Slaviansk, ville de plus de 100 000 habitants au nord de Donetsk, devenue la place forte des séparatistes dans l’est de l’Ukraine, Porochenko n’est pas digne de confiance et on ne peut lui prêter aucun crédit.

Pour Viatcheslav Ponomarev, le maire populaire de Slaviansk, Porochenko n’est pas digne de confiance.

« Je n’ai rien à discuter avec lui », a répondu Ponomarev en réaction à la promesse de Porochenko de dialoguer avec les « représentants pacifiques du Donbass ». Avant d’ajouter que personne dans ce territoire n’attend le président milliardaire.

Selon le magazine Forbes, la fortune du « roi du chocolat » serait estimée à 1,3 milliard de dollars.

À Donetsk, le Premier ministre de cette république autoproclamée, Alexander Borodaï, a déclaré en réponse à certains propos de Porochenko selon lesquels l’Ukraine restera un État unitaire et l’ukrainien y sera l’unique langue officielle que ces déclarations n’intéressent pas les dirigeants de la République populaire de Donetsk, car il s’agit de propos « tenus par le président d’un autre État ».

« Je tiens à rappeler que le référendum sur l’indépendance de la République de Donetsk s’est déroulé le 11 mai, et que depuis, notre république est un État indépendant », a-t-il souligné.

À l’instar des États-Unis et de l’Union européenne, les autorités de Kiev refusent d’admettre le résultat des consultations populaires de Donetsk et Lougansk, deux régions où près de 90% des participants au scrutin ont voté pour l’indépendance.

Kiev a également refusé la proposition russe de fédéralisation de l’Ukraine pour trouver une solution au conflit interne.

Les chefs des régions rebelles affirment que toute négociation passe d’abord par la cessation des combats et le retrait des forces régulières et des commandos de répression de ces territoires.


La population russophone, majoritaire dans le sud-est et le sud du pays, est favorable à une fédéralisation de l’Ukraine et à la sauvegarde de ses coutumes, notamment de la langue russe.

Après s’être proclamé vainqueur des élections présidentielles, Porochenko a ordonné aux militaires de nettoyer les régions de Donetsk et de Lougansk avant son investiture, le 7 juin.

« Il s’agit de notre terre, de notre religion, l’orthodoxie, de notre mode de vie, de celui de nos aïeuls. Le peuple doit se sentir libre. C’est notre terre et nous ne la céderons à personne », a affirmé quant à lui le maire de Slaviansk.

Pour le leader du mouvement alternatif Sud-Est et député Oleg Tsariov, « le gouvernement central n’est pas prêt à dialoguer avec les habitants de l’est du pays ».

« Des bombardements et des combats intenses ont commencé le 7 juin à Slaviansk, et, dans son premier discours en tant que chef d’État Petro Porochenko n’a pas donné l’ordre d’arrêter l’opération punitive », a déclaré Tsariov à la chaîne Rossia 24.

Ce politicien de l’opposition poursuivi par le régime de Kiev a averti que depuis son investiture, Porochenko assume juridiquement toute la responsabilité pour les conséquences de l’opération militaro-policière déclenchée depuis la mi-avril par les autorités (de facto) ukrainiennes contre le sud-est du pays.


Funérailles de militants fédéralistes à Slaviansk.

« Il doit condamner les actions du gouvernement précédent, les qualifier de criminelles et ordonner une enquête. Telles sont les conditions préalables à un éventuel dialogue », a déclaré ce député de l’opposition qui a été dépouillé de son immunité parlementaire par la nouvelle majorité législative.

Tsariov a signalé au quotidien russe Izvestia, que ses accusations contre les fascistes usurpateurs du pouvoir et leurs crimes n’ont pas du tout plu aux gouvernants ukrainiens.

« C’est pourquoi ils ont incendié ma maison et mon bureau de député, ont levé mon immunité parlementaire et veulent m’arrêter », a-t-il dit.

Il a précisé que le pouvoir actuel a perdu tous les ressorts d’influence, et que, réduit à l’impuissance, il est prêt à adopter n’importe quelle mesure. De son avis, Porochenko ne tiendra pas longtemps au pouvoir.

Les propos du nouveau président n’ont pas du tout plu à Lougansk, où le chef de la République populaire autoproclamée de Valeri Bolotov a déclaré au Service russe d’information que les promesses de Porochenko ont été accueillies avec méfiance par les dirigeants et la population de cette région soumise aux bombardements.

Une économie en faillite, un mécontentement social grandissant et une polarisation croissante du pays en raison des actions répressives du pouvoir central, ainsi qu’une guerre fratricide diminuent d’autant les possibilité d’une solution à court terme en Ukraine avec le cinquième président au gouvernail. (PL)
 

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