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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 19 Juin 2014

Le déclin d’un empire

Manuel E. Yepe

Il n’est jamais facile pour un empire de gérer le déclin de sa présence dans le monde. Ce fut le cas pour le Royaume Uni et pour la France après la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que de la Russie après la disparition de l’Union soviétique. La nouvelle stratégie militaire de Washington reflète une situation interne et externe difficile aux États-Unis.

Le président Barack Obama a hérité d’un empire en déclin.

C’est l’opinion que Micheal Klare, professeur du New Hampshire College, à Amherst (Massachusetts) développe dans son essai intitulé « La nouvelle stratégie militaire nord-américaine », publié en mars 2014 par le Monde diplomatique.

Il y a deux ans, Barack Obama annonçait une nouvelle stratégie de défense pour les États-Unis, à savoir une réduction de son armée ; l’augmentation des préparatifs de la guerre cybernétique ; les opérations spéciales et le contrôle des mers ; la réduction des missions menées par les forces terrestres de combat en Europe et les opérations de contre-insurrection en Afghanistan et au Pakistan, ainsi que la concentration de l’attention de sa défense tournée vers l’Asie et le Pacifique, notamment vers la Chine.

Le Secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a annoncé que la force interalliée étasunienne serait allégée et perfectionnée sur le plan technologique, afin de la rendre plus agile, plus flexible, plus innovatrice et capable de se déployer rapidement.

Selon Michael Klare, ces décisions démontrent que la crise économique et la dette publique ont tellement affaibli les États-Unis qu’elles les ont fait exploser.

Les États-Unis souhaitent maintenir leur suprématie dans le monde, en conservant leur supériorité sur les espaces maritimes en Asie, suivant un arc qui s’étend depuis le Golfe persique jusqu’à l’Océan indien, la mer de Chine et le nord-est du Pacifique.

En vertu du Budget Control Act de 2011(Loi de contrôle budgétaire), le budget du Département de la Défense, sera amputé de 500 milliards de dollars au cours des dix prochaines années. Et il est même possible que les coupes soient plus importantes encore si les républicains et les démocrates ne se mettent pas d’accord sur de nouvelles mesures économiques. Cette politique qui vise à constituer une puissance militaire plus restreinte mais mieux adaptée aux futurs dangers potentiels, peut être considérée comme une réponse pragmatique au contexte économique et géopolitique en transformation.

Klare estime que les États-Unis, avant l’apparition de rivaux ambitieux et devant l’inévitable usure de leur statut de superpuissance unique, veulent maintenir leur suprématie mondiale en conservant leur supériorité dans les conflits décisifs et dans les zones clés de la planète, à savoir, selon le critère du journaliste, dans la périphérie maritime de l’Asie, suivant un arc qui s’étend depuis le Golfe persique jusqu’à l’Océan indien, la mer de Chine et le nord-est du Pacifique.

À cet effet, le Pentagone entend conserver sa supériorité aérienne et maritime, ainsi que la maîtrise de la cyberguerre et de la technologie spatiale.

Le « contre-terrorisme », qui est un aspect central de la politique de défense étasunienne, sera délégué en grande partie à des forces d’élite équipées de drones de combat et de matériel ultramoderne. Mais ce n’est pas pour cette raison que le Pentagone a l’intention de renoncer à tous ses « engagements » militaires à l’étranger. Sa nouvelle politique de défense, selon Klare, a choisi la voie de réduire son implication dans certaines régions, en particulier en Europe, et de la renforcer dans d’autres.

Au cours d’un discours à Washington en novembre 2011, le secrétaire d’État adjoint William J. Burns signalait que « dans le courant des prochaines décennies, le Pacifique deviendra la région la plus dynamique et importante pour les intérêts de Washington. Pour répondre aux profonds changements en Asie, nous devons développer une architecture diplomatique, économique et de sécurité qui soit à la hauteur de ces changements ».

Dans le cadre de cette stratégie, qui comporte l’objectif implicite de contrecarrer la montée en puissance de la Chine et son influence dans le Sud-est asiatique, la Maison-Blanche intensifie la promotion du commerce avec l’Asie et milite intensément en faveur d’un Accord stratégique trans-Pacifique d’Association économique (TPP) excluant la Chine.

Selon les États-Unis, la prospérité de leurs alliés en Asie dépend de la liberté d’accès de Washington au Pacifique et à l’Océan indien, une condition indispensable pour importer de ces régions des matières premières (spécialement du pétrole) et y importer leurs produits manufacturés.

Grâce à ce vaste projet géopolitique, le Pentagone espère une transformation de l’armée des États-Unis qui augmentera son poids institutionnel et concentrera sa présence, la projection de son pouvoir et de sa force de « dissuasion » en Asie et dans le Pacifique.

Par ailleurs, les États-Unis prévoient d’investir des sommes considérables dans de l’armement destiné à contrecarrer des stratégies irrégulières d’ennemis potentiels utilisant des « moyens asymétriques » pour vaincre ou stopper les troupes US.

Singuliers agissements d’un empire en déclin qui, dans un effort désespéré pour se maintenir comme la superpuissance mondiale, ne peut envisager le recours à des solutions autres que la violence, qui seraient compatibles avec les normes du droit international et qui garantiraient l’égalité souveraine des États. (Tiré de Argenpress)
 

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