Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

TEXTE seulement  

I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 17 Avril 2014

ZunZuneo : l’histoire est plus
longue et continue...

Iroel Sanchez

LE scandale déclenché par les révélations de l’agence AP sur la création dans le plus grand secret, par le gouvernement des États-Unis, d’un réseau de messagerie appellé ZunZuneo, qui utilisait la téléphonie mobile pour renverser le gouvernement cubain, à travers l’agence gouvernementale des États-Unis pour l’aide au développement (USAID), ne cesse de se répandre dans les médias malgré les efforts de la Maison-Blanche et du Département d’État pour étouffer l’affaire. Pourtant, il reste bien des détails dont on ne parle pas et des questions que l’on ne pose pas.

Depuis le Nicaragua, le journal La Prensa a publié dans un article que le programmateur de Zunzuneo, un citoyen de ce pays appelé Mario Bernheim, travaille à l’ambassade des États-Unis à Managua.

Le journal costaricien La Nacion a révélé que l’équipe chargée du projet a commencé à opérer en 2009 depuis un bureau secret à San José, à l’écart de l’ambassade des États-Unis, bien que l’USAID n’ait pas de représentation officielle au Costa Rica depuis 1996.

La Nacion présente Joseph (Joe) Duke McSpedon, un employé de l’USAID qui se rendit dans ce pays « à 42 reprises, entre 2009 et 2011, à bord de vols commerciaux et privés » et rapporte que « deux autres personnes travaillant au projet, engagées par Creative Associated, une société de consultation de Washington, se trouvaient également à San José ». Selon le journal costaricien, « il s’agit de Noy Villalobos Echeverria, qui a séjourné dans ce pays pendant trois mois, selon les registres migratoires, et son frère Mario Berheim Echeverria, un jeune programmateur qui mit au point le système d’envoi de messages massifs à Cuba ».

Le gouvernement du Costa Rica, par l’intermédiaire de son ministre de la Communication, Carlos Roverssi, a déclaré :


Glenn Greenwald, qui publie les révélations de l’ancien analyste de l’Agence de Sécutité nationale (NSA) Edward Snowden, a qualifié ZunZuneo de « goutte d’eau dans l’océan de propagande sale sur Internet »

« Nous devons enquêter sur cette affaire. C’est très grave. Si ces révélations étaient vraies, ce serait un grave affront pour le Costa Rica. C’est une question qui concerne le ministère des Affaires étrangères. Mais il est clair que nous devons demander des explications. »

Selon le site espagnol eldiario.es, la société espagnole Lleida.net, signalée dans l’enquête de l’agence AP comme l’entreprise chargée d’envoyer les SMS de ZunZuneo, a des liens avec la Garde civile espagnole. Cette société a déclaré dans un communiqué, à propos de celui qui s’est chargé d’exclure les mots Cuba et ZunZuneo : « Si à un moment quelconque un des usagers de Lleida.net a commis un acte illicite, Lleida est, comme elle l’a toujours été, à la disposition des autorités compétentes pour fournir les informations nécessaires, toujours selon les voies légalement établies. »

L’avocat spécialiste d’Internet Carlos Sanchez Almeida a déclaré à eldiario.es que la Loi organique de protection des données, dans son article 7 alinea 4, interdit en Espagne l’utilisation d’informations pour créer des listes de personnes basées sur leur affiliation politique – un élément qu’AP signale parmi les activités de ZunZuneo –, comme des données requérant une protection spéciale, et il a affirmé que les activités mises en cause enfreignent les lois espagnoles, car «  l’équipe de ZunZuneo avait collecté de façon illégale des informations personnelles d’une liste de téléphones et avait envoyé des messages non sollicités par l’intermédiaire d’une plateforme espagnole ».


La Maison-Blanche du président Barack Obama ne renonce pas à ses projets de provoquer la chute du gouvernement cubain à travers des méthodes de subversion, telles que le twitt ZunZuneo, créé par l’USAID.

Sur son compte Twitter qui a plus de 20 000 abonnés, Almeida a été très clair à ce sujet : «  Si les données des citoyens cubains ont été traitées illégalement en Espagne, la justice espagnole doit intervenir. »

Par sa part, l’agence AP, dans une nouvelle dépêche, a ajouté aux révélations faites antérieurement que des personnes très proches de la Section des intérêts des États-Unis à La Havane faisaient partie du plan conçu par l’USAID à travers ZunZuneo.

Aux États-Unis, le journal influent The Newyorker a répondu aux déclarations de la Maison-Blanche qui affirmait qu’il ne s’agissait pas d’une opération secrète : « Ce type de mensonge éhonté est risible… Il ne semble pas y avoir de doute que ZunZuneo fonctionnait comme une opération des services secrets, destinée en dernière instance à la subversion », alors que le non moins prestigieux POLITICO Magazine comparait ce qui venait de se passer avec ZunZuneo avec le fiasco des États-Unis à Playa Giron dans un article intitulé « Bay of Tweets » (La Baie des Twitts).

Glenn Greenwald, qui publie les révélations de l’ancien analyste de l’Agence de Sécutité nationale (NSA) Edward Snowden, a qualifié ZunZuneo de « goutte d’eau dans l’océan de propagande sale sur Internet ». Quant au journaliste étasunien Tracey Eaton, il a publié dans son blog Along the Malecon la facture qui démontre le détournement de fonds destinés au Pakistan pour financer ZunZuneo, à hauteur de 1,6 million de dollars.

Les déclarations au journal Juventud Rebelde d’Hilda Arias, directrice générale des Services mobiles de l’opérateur de télécommunication cubain Etecsa, qui a signalé d’autres attaques de spams venues des États-Unis depuis des espaces administrés directement par le gouvernement de ce pays, ont eu des répercutions dans plusieurs médias internationaux.


Le gouvernement du Costa Rica, par l’intermédiaire de son ministre de la Communication, Carlos Roverssi, a déclaré : « Nous devons enquêter sur cette affaire. C’est très grave », faisant référence aux actes de subversions de l’USAID contre Cuba à travers le programme d’envoi de SMS, ZunZuneo.

« La dénommée CAN SPAM Act, Loi publique 108, adoptée par le Congrès des États-Unis en décembre 2003, et immédiatement signée par le président George Bush, interdit expressément d’envoyer des messages à caractère commercial ou d’un autre type sans que le destinataire en ait exprimé son consentement. »

« Cependant, les promoteurs de sites tels que Martinoticias, ainsi que d’autres projets de subversion comme Cubasincensura ou Diario de Cuba, semblent croire que lorsqu’il s’agit de Cuba, ils sont au-dessus de toute Loi ».

« Jusqu’à octobre 2013, selon des données obtenues par Etecsa concernant la provenance de la messagerie de texte, 219 envois massifs de spams avaient été effectués, ce qui représente un total de 1 055 746 SMS adressés à des usagers cubains », a-t-elle dit.

Par ailleurs, Juventud Rebelde fait référence à un projet appelé Commotion pour lequel « entre septembre 2012 à septembre 2015, l’USAID avait prévu de fournir 4,3 millions de dollars à plusieurs sociétés sous-traitantes, destinés à la création de réseaux sans fils clandestins à Cuba », à savoir le recyclage de ZunZuneo à travers un réseau semblable, en utilisant également les SMS, appelé Piramideo, et lancé depuis le bureau des transmissions vers Cuba en 2013, ainsi que d’autres projets tels que Hablasinmiedo ou La Singularidad.

Il n’est donc pas surprenant que les destinataires de ce financement destinés aux spammers, comme Diario de Cuba ou Marti noticias, aient été parmi les quelques voix qui se sont élevées en faveur des actions illégales du gouvernement des États-Unis. Diario de Cuba – financé par le gouvernement nord-américain à travers la National Endownment for Democracy – signalait dans un éditorial que ZunZuneo « a un semé un trouble international injustifié ».

Quant au site Marti Noticias, il a reconnu dans un communiqué signé par son directeur, Carlos Garcia Perez, qu’il n’y a pas d’espace numérique absent de ses envois à Cuba. « Piramideo est un outil de communication supplémentaire, comme la radio, la télévision, les DVD, les clefs USB, le courrier électronique et les SMS. Ce que TV et Radio Marti offrent à leur audience est un outil de communication supplémentaire, comme la radio, la télévision, les DVD, les clefs USB, le courrier électronique et les SMS ».

Selon Tracy Eaton, Piramideo a été construit par Washington Software Inc., à Germantown, Md. pour Radio et TV Marti, pour un coût de 3,2 millions de dollars. En avril 2013, le journaliste affirmait dans son blog que dans le cadre des efforts vers Cuba, The Broadcasting Board of Governors (BBG) avait versé à cette même entreprise.

- 531 576 dollars pour créer les serveurs Proxy d’Internet.

- 500 987 dollars pour créer un service de messages courts (SMS), le réseau social.

- 451 796 dollars pour détourner le blocage de sa messagerie électronique par le gouvernement cubain.

- 173 074 dollars pour envoyer des messages de texte à Cuba via SMS.

- 96 028 dollars pour programmer des ordinateurs.

- 84 000 dollars pour la conception et l’opération d’un système de SMS.

- 83 050 dollars pour financer un ordre d’opération non spécifiée est inclus dans « la stratégie de TI (technologies de l’information) et l’architecture ».

- 60 275 dollars pour envoyer des courriers électroniques massifs.

- 2 580 dollars pour payer les coûts des passerelles pour Internet.

Eaton précisait alors que « les documents n’indiquent pas combien de messages de texte ont été envoyés à Cuba à travers ce programme. Selon les informations d’un fichier, BBG a payé 14 474 dollars pour 361 873 messages de texte en octobre 2011 à Washington Software ».

Cependant, la vocation de spammer de Martinoticias ne se limite pas aux SMS et à Piramideo. En août 2012, bien que je ne fasse pas partie de son audience –, j’ai moi-même dû dénoncer une attaque de spams depuis le compte twitter de ce site.
 

                             IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina
/ Directeur éditorial: Gustavo Becerra Estorino
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano
© Copyright. 1996-2013.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page