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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 15 Mai 2014

La Syrie sur la voie des urnes

Manuel Vazquez

LES autorités syriennes ont annoncé la tenue d’élections présidentielles comme une voie permettant de préserver les institutions de l’État et de former un gouvernement capable de relever l’énorme défi de la reconstruction du pays, détruit à la suite du conflit armé. Ainsi, cette décision neutralise les intentions de certaines personnes et groupes opposés au président Bachar el-Assad, patronnés par les pays occidentaux et leurs alliés régionaux, de former un soi-disant gouvernement de transition qui, conformément à leurs vœux, procèderait au démantèlement des institutions syriennes.


Le président Bachar el-Assad (à droite) en visite au refuge de personnes déplacées d'al-Duair, en banlieue de Damas, pour y vérifier les conditions de vie des réfugiés.

Les Syriens pourront choisir en quelques mois, de manière directe, un président parmi les candidats présents sur les listes, y compris de l’opposition basée en Syrie. La voie a été dégagée à la suite de l’appel de candidatures à la présidence, lancé le 21 avril par l’Assemblée du peuple (Parlement), fixant la date des élections aux 3 juin prochain.

« Les élections se tiendront à la date prévue, peu importe ce que disent certaines personnes à l’étranger qui cherchent à miner notre confiance en nous pour nous écarter de notre voie politique et démocratique », a déclaré le président du Parlement Mohamed Jihad al-Laham. Lors d’une session parlementaire, Al-Laham a appelé tous les Syriens, à l’intérieur et hors du pays, a exercer leur droit de vote, et à ceux qui souhaitent briguer la présidence à exercer leur droit constitutionnel.

Faisant référence à la position du gouvernement à propos du caractère purement national du processus électoral, le président du Parlement a souligné qu’il n’y a pas de volonté supérieure à celle du peuple syrien.


Manifestation de soutien au président Bachar el-Assad à Damas, la capitale du pays. Le chef d’État syrien renforce ses chances de réélection.

À cette occasion, du fait des amendements constitutionnels adoptés en 2012, tous les candidats réunissant les conditions requises par la loi pourront aspirer à la présidence. Entre autres conditions, le candidat doit avoir vécu dans la République arabe syrienne pendant une période de 10 ans de manière continue au moment de présenter sa candidature, et ne doit pas avoir une nationalité autre que syrienne, d’après le texte.

Autrement dit, telles qu’approuvées, les clauses empêchent de facto de se présenter les figures de l’opposition en exil à la solde des puissances étrangères, qui cherchent à renverser le gouvernement et soutiennent les groupes armés irréguliers responsables du bain de sang en Syrie.

Comme il fallait s’y attendre, avant même de connaître la liste des éventuels candidats, ces groupes ont refusé le verdict des urnes, indépendamment du pourcentage des votants et du niveau de transparence des élections, ceci tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas aspirer au pouvoir, confirmant que la conception de démocratie que défend l’opposition syrienne basée à l’étranger est directement liée à leurs velléités de s’emparer du pouvoir.

UN CHEMIN TORTUEUX


L’Armée syrienne pénètre dans le centre de Homs après le départ des insurgés.

Cependant, la tâche du peuple syrien sur la voie des urnes ne sera pas facile. La Syrie entre dans sa quatrième année de guerre et plusieurs zones du pays sont aux mains de groupes extrémistes islamiques, comme la ville d’Al-Raqqa, dans le nord-est. Certains points d’autres villes et provinces comme Alep, Homs, Latakia, Idlib, Deraa, Quneitra et Damas sont toujours le théâtre de combats quotidiens, et l’ouverture de bureaux de vote est impossible.

Faire voter les millions de personnes déplacées par le conflit, dont la plupart sont réfugiées aux frontières, sera un véritable défi en matière d’organisation.

Cependant, les progrès récents de l’armée régulière syrienne dans l’ouest du pays, de loin la région la plus peuplée, permettent d’organiser des élections dans des conditions de stabilité relative, comme le veut l’un des principes de base de la démocratie : le droit de la majorité à exprimer sa volonté.

Il ne fait aucun doute que les dernières victoires remportées par les forces armées, notamment dans les villes proches de la zone montagneuse de Qalamoun (principal fief des extrémistes tombé aux mains de l’armée syrienne) contribuent à renforcer la position du candidat du parti au gouvernement.


Le drapeau syrien ondoie sur la ville de Homs.

Plusieurs citoyens syriens interrogés à cet égard ont affirmé n’avoir aucun doute sur la candidature de l’actuel président Bachar el-Assad qui, ont-ils dit, est en position favorable pour l’emporter.

Même certains secteurs de la population qui par le passé ont critiqué le gouvernement considèrent l’élection du président el-Assad comme la meilleure manière de préserver l’intégrité de la Syrie face à la menace des extrémistes soutenus depuis l’étranger (Fragments tirés de Rebelion).


El-Assad remporte une victoire à Homs

LES radicaux insurgés se sont retirés du cœur de la ville de Homs, d’où avait été lancée l’insurrection armée contre le président Bachar el-Assad. Cette opération est interprétée comme une victoire symbolique du chef d’État syrien, moins d’un mois avant sa possible réélection.

L’accord conclu le 4 mai entre le gouvernement de Damas et les bandes armées rebelles prévoit la libération des prisonniers tombés entre les mains des insurgés dans les provinces d’Alep et Latakia, ainsi que le relâchement de la pression des rebelles dans deux localités assiégées par les extrémistes dans le nord de la Syrie.

Les rebelles, en leur majorité sunnites, étaient parvenus à établir un bastion dans la Vieille ville de Homs et les quatre districts proches, mais ces derniers mois c’est à peine s’ils contrôlaient deux kilomètres carrés sur les 40 de cette ville détruite.

Le gouverneur de Homs, Talal al-Barazi, a déclaré le 7 mai que 980 miliciens opposants avaient évacué la zone le mercredi. L’opération s’est déroulée sous la supervision de l’ONU.

Cette évacuation intervient après les victoires de l’Armée syrienne, secondée par les combattants libanais du Hezbollah, dans le couloir stratégique qui relie la capitale Damas à Homs, ainsi que dans la zone dominée par la minorité alaouite, à laquelle appartient le président el-Assad, et qui est une branche du chiisme.

Le dernier groupe terroriste a quitté la ville dans la nuit du 8 mai.
 

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