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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 14 Août 2014

La gauche espagnole prépare une alliance en vue des élections générales

Miguel Lozano

UN an et demi avant les élections générales, le climat politique en Espagne laisse entrevoir la possibilité d’une vaste alliance des organisations de gauche et des mouvements sociaux afin de gagner les élections et l’ouverture d’un processus constituant.


Le député d’Izquierda Unida Alberto Garzon rappelle que la plupart
des Espagnols plaident pour un changement de société.

Izquierda Unida (Gauche unie), la troisième force politique du pays, a lancé récemment un appel aux organisations de gauche et aux mouvements sociaux pour unir tous les efforts et converger vers cet objectif.

Le député et responsable du Processus constituant pour IU, Alberto Garzon, a affirmé que l’Espagne est passée de l’apathie à la participation politique, avec une majorité qui souhaite un changement dans la société.

Cependant, comme l’ont également reconnu d’autres forces, ce parti estime qu’une campagne en solitaire ne permettra pas de priver l’élite politique et économique du pouvoir pour forcer un changement.

Lors d’un meeting organisé pour présenter la proposition de confluence, le coordinateur fédéral de IU, Cayo Lara, s’est prononcé pour une nouvelle Constitution qui consacre le droit réel à l’égalité entre les hommes et les femmes au travail, au logement, à l’éducation et à la santé.

Il a insisté sur d’autres principes comme la laïcité et un modèle d’État fédéral, républicain et solidaire, afin de neutraliser les mouvements séparatistes.

Cette initiative part du constat que les gouvernements successifs issus du système bipartite comme le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ont entravé l’exécution pratique des principaux points de la Constitution de 1978.

D’après cette évaluation, le pacte constitutionnel qui a garanti la transition de la dictature de Francisco Franco (1939-1975) à la démocratie a été rompu par des impositions telles que la réforme en 2011 de la Constitution visant à privilégier le remboursement de la dette au détriment des droits sociaux.

De l’avis de Lara, cette Constitution qui répondait au rapport de forces de l’époque a fait son temps.

Même si la proposition d’une alliance des forces de gauche n’est pas nouvelle, elle a acquis une nouvelle connotation à la suite des élections du Parlement européen du mois de mai, qui ont confirmé la descente en chute libre du PP et du PSOE.

Ces élections ont également vu l’arrivée de nouvelles forces politiques comme Podemos, un mouvement politique né il y a quatre mois et devenu la quatrième force politique avec plus de 1,2 million de voix.

Le succès de ce parti est attribué dans une large mesure à l’apparition de nouveaux dirigeants comme Pablo Iglesias, professeur et communicateur social, qui propose un discours frais capable d’attirer des secteurs réticents à participer à la politique, surtout parmi les jeunes.

Pour IU, Podemos et d’autres forces, la possibilité de construire un bloc politique et social ayant des chances d’obtenir le gouvernement dans au moins plusieurs communautés autonomes et les mairies de grandes villes, dont Madrid, semble plus proche que jamais.

Cependant, le projet de confluence est encore à l’état embryonnaire et devra surmonter des obstacles importants, dont certains ont été énumérés récemment par Podemos dans un document sur le changement politique en Espagne.

Cette organisation reconnaît qu’elle se doit encore d’être à la hauteur des attentes qu’a suscitées son entrée par la grande porte aux élections européennes, car, selon ses propres dirigeants, le mouvement apparaît comme une référence de la dichotomie Nouveau/Vieux, difficile de maintenir dans le temps.

Podemos, qui est en butte aux attaques de la droite et de ses médias, reconnaît que le passage du temps menace d’user ce projet et de faire de cette formation un acteur politique de plus dans le système de partis, une formation à stratégie de croissance lente dans un contexte stabilisé.

Par ailleurs, le mouvement met en garde contre ce qu’il considère comme des analyses excessivement optimistes sur la dégradation du régime de 1978, car la crise politique peut durer beaucoup moins longtemps que la crise économique.

« Nous n’avons pas tout le temps du monde : une bonne part de la contestation sociale existante aujourd’hui découle d’une crise d’expectatives qui ne se reproduira pas pour les générations suivantes », estiment ses dirigeants.

Par ailleurs, la crise du PSOE ouvre des opportunités pour une nouvelle majorité, mais si ce parti parvient à se remettre de sa perte de crédibilité, même partiellement, il pourrait reconquérir l’espace perdu et diminuer les options pour une force de rupture.

Un autre aspect à prendre en considération, selon Podemos, c’est la possibilité d’une réoxygénation du PP à travers la présentation d’évidences timides selon lesquelles le plus dur est passé avec les mesures d’ajustement, et que la relance économique est proche. (PL)
 

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