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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 11 Septembre 2014

France : nouveau tournant néolibéral du gouvernement

Carmen Esquivel Sarria

À travers la composition du nouveau cabinet, le gouvernement français a envoyé un signal très clair de sa détermination à poursuivre sa politique de réformes en renforçant son ancrage dans le courant néolibéral.

Le gouvernement du président François Hollande, ici avec le nouveau ministre de l’Économie Emmanuel Macron (au centre) et le Premier ministre Manuel Valls, semble s’inspirer d’une vision « allemande » de l’Europe, qui ratifie l’austérité au détriment de l’emploi et de la relance de la croissance économique.

Les changements ne sont pas nombreux, mais ils sont déterminants. Le Premier ministre Manuel Valls a reconduit dans ses fonctions la quasi-totalité des ministres sortants. Les poids lourds du précédent gouvernement conservent donc pour l’essentiel leur portefeuille, notamment aux postes clés : Affaires étrangères, Intérieur, Justice, Défense et Finances.

Par contre, les détracteurs des mesures d’ajustement de l’Exécutif, à savoir les anciens ministres de l’Économie Arnaud Montebourg ; d’Éducation Benoît Hamon, et de la Culture Aurélie Filipetti, ont été écartés.

Parmi les surprises, la nomination à l’Économie de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, Emmanuel Macron.

Né en 1977 à Amiens, Emmanuel Macron est diplômé de Sciences Po et de l’École nationale d’administration (ENA), vivier de l’élite politique française.

Cet ancien banquier d’affaires chez Rothschild est un ami du président François Hollande, et un défenseur de la politique d’austérité et de réduction du déficit adoptée par le gouvernement.

Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, s’est montré très critique de la politique de rigueur et d’austérité du gouvernement.

Macron est l’un des « pères » du Pacte de responsabilité qui a octroyé des allègements fiscaux aux entreprises pour un coût de 30 milliards d’euros, ces entreprises devant s’engager à investir en France et à créer des emplois.

Un programme considéré par les syndicats comme un « cadeau aux patrons », aucune garantie n’ayant été prévue pour contraindre les entreprises à respecter leurs engagements.

Le nouveau ministre de l’Économie a également joué un rôle actif dans l’affaire de la vente d’une partie de la branche d’Alstom au groupe nord-américain General Electric.

Certains l’appellent « le banquier de Rothschild », tandis qu’un article publié l’année dernière dans Le Figaro le décrivait comme « l’hémisphère droit de François Hollande ».

Sa nomination en a surpris plus d’un si l’on sait que, quelques minutes avant l’annonce, presque tous les analystes s’attendaient à une fusion des ministères de des Finances et de l’Économie.

Plusieurs secteurs, y compris au sein du Parti socialiste (PS) au gouvernement, ont exprimé leur préoccupation face à la nomination de l’ancien banquier à la tête d’un portefeuille clé.

« Il est clair que la politique suivie depuis deux ans est une politique d’austérité. Or, il semble qu’elle va être renforcée, cela transparaît à travers la composition du gouvernement », a déclaré le secrétaire général du syndicat Force ouvrière Jean-Claude Mailly.

Dans les rangs du PS, Frédéric Cuvillier, qui avait refusé de faire partie du nouveau gouvernement, a dit avoir l’impression que le gouvernement n’a pas entendu le message des élections municipales, lorsque ce parti a perdu 150 villes et a été rétrogradé à la deuxième place derrière l’Union pour un mouvement populaire (UMP).

Christian Estrosi, de l’UMP, a rappelé que, dans son discours de campagne, François Hollande s’était présenté comme l’ennemi des finances, ajoutant qu’à présent il n’hésite pas à confier à un banquier la lourde tâche de sortir la France de son marasme.

L’économie française est à l’arrêt, avec une croissance nulle du Produit intérieur brut (PIB) durant les deux premiers trimestres de l’année. Le chômage ne cesse de monter depuis plus de trois ans et touche actuellement 3 398 000 personnes.

Dans le cadre de ses engagements avec l’Union européenne à diminuer la dette et le déficit fiscal, le gouvernement réalisera 50 milliards d’euros d’économies entre 2015 et 2017, en gelant les prestations sociales jusqu’en 2015.

Plusieurs voix au sein du PS estiment cependant que l’exécutif devrait mener une politique différente, augmenter les dépenses publiques, stimuler la croissance et la consommation, et réduire le chômage.

« Il est grand temps pour la France de se démarquer de l’obsession de l’Allemagne pour l’austérité, et de chercher des mesures alternatives pour la consommation nationale dans la zone euro », signalait l’ancien ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, au quotidien Le Monde. Des déclarations qui lui ont coûté son poste.

Il s’agit du troisième gouvernement, du troisième remaniement depuis l’élection du président François Hollande en 2012, et de la période Valls comme Premier ministre (« gouvernement Valls II »).

Pour les analystes et les politiciens de gauche, ce nouveau changement est perçu comme un signal clair d’allégeance du gouvernement aux intérêts du secteur privé et des finances (PL).
 

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