Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

TEXTE seulement  

I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 10 Juillet 2014

Vers une nouvelle architecture financière

Ariel Noyola Rodriguez

LES pays du BRICS (sigle pour les pays émergents Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)) jettent les bases d’une nouvelle architecture financière, à travers l’accord sur le Fonds de réserve monétaire et la création de leur propre banque de développement.


Les pays du BRICS jettent les bases d’une nouvelle architecture financière dans le monde (Photo du Sommet de Durban, en Afrique du Sud, en 2013.

Le 6e Sommet des BRICS débutera au lendemain de la finale de la Coupe du monde de football au Brésil. Les villes de Forteleza et de Brasilia accueilleront cette rencontre qui se tiendra les 14, 15 et 16 juillet 2014, afin d’instaurer enfin une nouvelle architecture financière avec pour devise : « Croissance incluante et solutions durables ».

À la différence des initiatives de régionalisation financière asiatique et sud-américaine, les pays du BRICS, du fait qu’ils ne forment pas un espace géographique commun, sont moins exposés à subir des turbulences financières simultanément, si bien qu’ils accroissent l’efficacité de leurs instruments de défense.

Un Fonds de réserve monétaire nommé Accord de fonds de réserves (CRA) et une banque de développement, appelée Banque BRICS, rempliront les fonctions de mécanisme multilatéral de soutien aux balances des paiements et de fonds de financement de l’investissement. En réalité, les pays du BRICS prendront leurs distances d’avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, institutions crées il y a 70 ans dans l’orbite du Département du Trésor des États-Unis. Au milieu de la crise, ces deux initiatives ouvrent des espaces de coopération financière face à la volatilité du dollar, ainsi que des alternatives de financement pour les pays en situation critique, sans les soumettre à conditions à travers des programmes d’ajustement structurel et de reconversion économique.

Le Sommet du BRICS – composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud – aura lieu dans les villes de Fortaleza et Brasilia les 14, 15 et 16 juillet 2014.

Du fait de la décélération croissante de l’économie mondiale, il est devenu plus compliqué pour les pays du BRICS d’atteindre des taux de croissance supérieurs à 5 %. La baisse soutenue du prix des matières premières à usage industriel, due à une demande inférieure du continent asiatique, ainsi que le retour de capitaux à court terme vers Wall Street ont eu un impact négatif sur le commerce extérieur et le taux de change. À l’exception de la légère appréciation du yuan, les monnaies des pays du BRICS ont perdu de 8.80 (roupie indienne) à 16 (Rand sud-africain) points de pourcentages face au dollar entre mai 2013 et juin de cette année.

Dans ce sens, le Fonds de réserve BRICS – annoncé en mars 2013 –, doté de 100 milliards de dollars, grâce à l’apport de 41 milliards de dollars de la Chine, de 18 milliards du Brésil, de l’Inde et de la Russie et de 5 milliards de l’Afrique du Sud –, devrait réduire de façon substantielle la volatilité des changes sur les flux de commerce et d’investissement entre les membres du bloc.

Selon les sceptiques, le Fonds de réserve aura une importance secondaire et n’exercera que des fonctions complémentaires à celles du FMI, mais ils négligent le fait que, contrairement à l’Initiative Chiang Mai (accord de multilatéralisation entre la Chine, le Japon, la Corée du Sud et 10 économies du l’Association des Nations du Sud-est asiatique), le CRA BRICS pourra se passer de l’aval du FMI pour réaliser ses prêts, ce qui garantit une plus grande autonomie face à Washington. La guerre des devises des économies centrales contre les économies de la périphérie capitaliste exige la mise en route de Fonds de toute urgence.

La création d'un Mécanisme de réserves contingentes (MRC) et d’une banque de développement commune seront de précieux instruments financiers, indépendants de Washington, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale pour renforcer la coopération au sein du groupe et améliorer ses interactions avec les autres économies émergentes et en développement.

Par ailleurs, la Banque BRICS a suscité beaucoup d’attentes. Cette Banque qui débutera ses opérations avec un capital de 50 milliards de dollars (avec des apports de 10 milliards et 40 milliards en garantie de chacun des membres), aura la possibilité d’atteindre en deux ans 100 milliards de dollars et en 5 ans 200 milliards. Elle disposera d’une capacité de financement allant jusqu’à 350 milliards de dollars, destinés à des projets d’infrastructures, d’éducation, de santé, de sciences et technologie, et d’environnement.

Cependant, en ce qui concerne l’Amérique du Sud, les effets à moyen terme ont un double aspect. Tout n’est pas au beau fixe sur les marchés de crédit. D’un côté, la Banque BRICS pourrait bien contribuer à réduire les coûts du financement et renforcer la fonction contre-cyclique de la Corporation Andine de de Développement (CAF), à travers l’augmentation des crédits en période de crise, et écarter ainsi les prêts de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine du Développement (BID). D’un autre côté, comme pourvoyeur de crédit, la Banque BRICS entrerait en concurrence avec d’autres entités financières, à l’influence considérable dans la région, comme la BNDES (Banque nationale de Développement économique et social du Brésil), la CAF, et les banques chinoises qui ont un plus grand pouvoir de crédit (China Development Bank et Exim Bank of China). Il semble impossible que ces institutions financières fassent converger leurs offres de crédit de façon complémentaires sans affecter leurs propres portefeuilles d’emprunteurs.


Au lendemain de la Coupe du monde de foot, la présidente Dilma Rousseff accueillera le Sommet du BRICS.

Au cas où les prêts de la Banque BRICS seraient effectués en yuans, la monnaie chinoise avancerait dans son internalisation et affirmerait progressivement sa position comme moyen de paiement et comme monnaie de réserve au détriment des autres devises.

Au-delà de la consolidation d’un monde multipolaire, le Fonds de réserve monétaire et la Banque BRICS, représentent les bases d’une architecture financière, qui émerge à une étape pleine de contradictions de la crise, caractérisée tant par la coopération que par la rivalité financière. (Tiré du Réseau Voltaire)


LE Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, les cinq économies émergentes les plus dynamiques de la planète, forment le BRICS, une puissante association qui représente 43% de la population mondiale, 30% de la superficie terrestre, 18% du PIB global et 35% des réserves de devises.

Les productions des pays membres de ce groupe ont apporté plus de 50% de la croissance économique mondiale de ces dix dernières années. Selon la banque d’investissements Goldman Sachs, aux environs de 2030 le BRICS pourrait devenir un centre économique beaucoup plus importants que le G-7, composé des principales puissances industrielles.

Par ailleurs, Goldman Sachs affirme que le potentiel économique du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine est tel que ces pays pourraient devenir les quatre économies dominantes dans les années 2050. Ces quatre pays représentent un territoire immense (37, 7 millions de kilomètres carrés), d’où des dimensions stratégiques continentales et une quantité gigantesque de ressources naturelles.
 

                             IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina
/ Directeur éditorial: Gustavo Becerra Estorino
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano
© Copyright. 1996-2013.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page