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La Havane. 5 Juin 2014

Alejandro Pérez : le projet Lucas a été déterminant pour le clip cubain

Abel Castillo Noriega et Raudelis Sarmiento Villalon

ALEJANDO Pérez fait sans aucun doute partie des innovateurs de l’audiovisuel cubain. Un réalisateur dont les productions artistiques remarquables ont été très bien accueillies par la critique. Derrière la lentille de sa caméra, se profile un créateur prolifique qui fait des longs métrages et des clips, de véritables œuvres d’art d’une grande valeur esthétique, visuelle et communicative.

Alejandro Pérez durant le tournage d’un clip.

Il a été directeur et réalisateur de photographie dans plus d’une vingtaine de créations audiovisuelles. Des films comme Habanastation, Viva Cuba, Fabula et Conducta portent sa marque.

Quand avez-vous commencé à penser le monde en images ?

D’abord, je dois dire que même si je suis connu en tant que réalisateur de clips, en réalité je suis instituteur. Enseigner est l’une des professions les plus belles et les plus altruistes du monde. Avoir été diplômé dans ce domaine m’a beaucoup aidé dans le monde de l’audiovisuel, car diriger un groupe de personnes est très semblable à enseigner dans une salle de classe. Comme je l’ai expliqué auparavant, dès mon plus jeune âge, je me suis intéressé à l’enseignement, mais il est arrivé un moment dans ma vie où sans m’en rendre compte, j’ai eu envie de faire des incursions dans l’art. J’ai commencé par être directeur de photographie jusqu’au jour où j’ai pris le risque de réaliser un clip, et comme il a été bien accueilli par le public, j’ai continué dans l’audiovisuel. Je m’impose constamment des défis et en ce moment je prépare mon premier long métrage.

Quelle est l’importance d’une base théorique à l’heure de réaliser un clip ?

Le projet Lucas a été déterminant pour l’évolution du clip cubain, affirme Alejandro Pérez.

Je vous dirais que la théorie est importante, mais que la pratique est le critère de la vérité, comme l’a affirmé Karl Marx. La théorie te donne les outils, mais le quotidien sur le terrain est ce qui te fournit la maîtrise nécessaire pour réaliser n’importe quel projet.

Ces dernières années, le nombre de jeunes qui se consacrent à la réalisation de clips a augmenté. Que pensez-vous de cet intérêt croissant pour l’audio visuel cubain ?

À l’heure actuelle, beaucoup de gens font des incursions dans le monde de l’audiovisuel. Cette nouvelle génération de réalisateurs issue des écoles d’art de notre pays a envie de montrer ce qu’elle a appris dans ces centres de formation. Les institutions doivent soutenir davantage ces réalisateurs et leur fournir tout l’appui nécessaire pour leur permettre de réaliser les projets dans lesquels ils sont engagés. J’aime beaucoup ce que font Joel Guillian, José Rojas, Joseph Ortega Ros et Manolito Ortega. Certains de ces artistes ont obtenu plus de résultats que d’autres, mais en général, j’estime qu’ils font un travail cohérent en fonction des exigences de nos médias.

D’après votre expérience, que signifie le projet Lucas pour les réalisateurs cubains ?

Le jeune réalisateur Joseph Ross fait partie de cette nouvelle vague de réalisateurs issus des écoles d’art qui a redonné une nouvelle vigueur au clip cubain.

Actuellement, on ne conçoit pas une chanson sans un clip. Au niveau international, les artistes sortent un DVD qui contient tous les titres de l’album, avec un concert en direct ou une série de clips pour faire la promotion de l’album. Une chanson, si connue qu’elle soit, ne parviendra pas au succès sans le complément audiovisuel.

Le projet Lucas [émission de télévision qui diffuse des clips cubains à laquelle est associée un concours annuel] a été décisif pour l’évolution du clip cubain. Cette émission dirigée par Orlando Cruzata nous a donné une plate-forme pour présenter et promouvoir les productions audiovisuelles de notre pays. Lucas, avec ses réussites et ses erreurs, a joué un rôle fondamental dans la promotion de la musique cubaine.

Quelles sont les principales qualités d’un réalisateur audiovisuel ?

Une personne qui s’engage dans l’audiovisuel doit être observatrice et en constante recherche, parce que souvent l’idée pour réaliser un travail se trouve dans notre environnement. À plusieurs reprises, j’ai été coincé, car je n’étais pas satisfait de ma première idée pour réaliser un clip ; et tout à coup, il se trouve qu’en regardant autour de moi, l’idée de projet est apparue. Une autre des qualités indispensables d’un réalisateur, c’est d’être prêt à travailler à tout moment et en toutes circonstances. Si on veut avoir des résultats dans ce métier, il faut s’y consacrer complètement.

Le projet Lucas, avec ses réussites et ses erreurs, a joué un rôle essentiel dans la promotion de la musique cubaine.

Vous êtes devenu le réalisateur de clips cubains le plus connu. Récemment, vous avez eu l’occasion de tourner avec plusieurs artistes étrangers les plus importants sur le marché latino-américain. Décrivez-nous votre expérience avec Enrique Iglesias ?

Son équipe m’a contacté et nous avons commencé l’enregistrement de sa version de la chanson Bailando. Enrique Iglesias est un homme extraordinaire. Lors de notre première rencontre, il m’a dit qu’il avait vu plusieurs de mes productions sur Youtube et qu’il avait été impressionné par mon travail. Filmer avec Enrique en République Dominicaine fut une expérience enrichissante. Ce chanteur, malgré son statut d’homme public très connu, est une personne simple qui a fait en sorte que le tournage soit un succès. Dès le premier jour, nous avons eu une bonne relation de travail et dans les intervalles des enregistrements où j’ai pu échanger avec lui sur divers sujets, il s’est avéré être un grand admirateur et connaisseur de la musique cubaine. (Tiré de CubaDebate)
 

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