Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

 

TEXTE seulement  

 C U L T U R E L L E S

La Havane. 21 Août  2014

95e ANNIVERSAIRE DU ROI DU RYTHME
Évocation de Benny Moré à La Havane

Rafael Lam

BENNY Moré, en son temps, a été le symbole de la capitale havanaise, par sa vie de bohème dans les bars, les cabarets, les salons de danse, les théâtres, les spectacles, les studios d’enregistrement et dans la vie musicale.

Statue en bronze de Benny, en taille réelle dans la ville de Cienfuegos.

Il est arrivé à la capitale en 1936 et s’y est définitivement installé en 1940. Le chanteur aurait dit à son cousin Enrique Benitez Mora (El conde Negro) : « Je reste à La Havane. Ou je m’enterre, ou je m’en sors ».

Il déambulait dans les bars et les restaurants, étant rejeté de nombreux endroits luxueux. Il vivait dans des auberges insalubres, et chantait avec le Cuarteto Cordero, le Septeto Figaro, l’ensemble Cauto de Mozo Borgella, et celui des Matamoros.

En 1945, il part au Mexique et en revient en 1951. Lors de la première interview, il devait déclarer au journaliste Don Galaor de la revue Bohemia : « J’étais venu conquérir La Havane et je ne m’avouais pas vaincu. Il fallait qu’on me voie. J’avais confiance dans ma voix, dans mes chansons. Avec une guitare sous le bras, je me suis lancé dans la rue à chanter pour les touristes et je n’avais pas honte, Carlos Gardel a fait comme moi. Cette tragédie a duré trois ans, plus que je ne le pensais. Je voulais chanter à La Havane. Triompher dans la capitale. J’ai eu faim, j’ai passé de mauvais moments, c’est vrai, mais rien ne valait le fait d’être dans la capitale. Pour un paysan, être à La Havane était le plus important dans la vie ».

En 1952, il enregistrait avec l’orchestre d’Ernesto Duarte, il se présente aussi, avec réussite, dans l’émission Mil Diez de la RHC Cadena Azul, où il lance le rythme « Batanga » avec l’orchestre de Rythmes de Cuba de Bebo Valdés.

Il a élu domicile dans plusieurs quartiers de La Havane : Paula 111, quartier Hornos à Marianao, rue Oquendo 1056, entre Clavel et Santa Marta, et finalement Benny s’est installé en 1957, sur l’avenue 43 entre 84 et 86, maintenant rue 243 entre 86 et 88), la Cumbre, le Caballo Blanco, quartier de San Miguel del Padron, près du Ali Bar. La maison de deux étages a été construite à la demande de Benny, avec un jardin potager et des espaces pour élever des oiseaux et des animaux.

LE JARDIN


Benny Moré reste le représentant par excellence de la musique populaire cubaine.

Nous connaissons son jardin à travers un reportage de la télévision, dans le lequel on voyait Benny coupant un régime de bananes et donnant à manger aux cochons et aux poules, une de ses habitudes pour maintenir ses traditions paysannes et pour se débarrasser des tensions après ses représentations et ses enregistrements.

La maison est assez bien entretenue, avec soin, et on possède d’excellentes photos offertes par Jorge Luis Sanchez, réalisateur du film El Benny. A l’entrée, il y a une pancarte qui indique : « Ici vécut le sonero Benny Moré, sang et miroir de notre condition métisse, hommage de Cuba. Fondation de la culture afro-hispano-américaine, Séville, La Havane, 1998 ».

Une de ses épouses, la danseuse Norayda Rodriguez , a raconté au journaliste Félix Contreras que « Benny était un type spécial... Je me souviens de ce qu’il aimait manger : canard en sauce qu’il élevait dans le jardin, il cuisinait des ragoûts, il buvait des jus de tamarin... ce qu’il aimait le plus... ah, et la queue de boeuf grillée, avec une sauce tomate et poivron. Il aimait aussi manger des langoustes ».

Selon l’actrice Odalys Fuentes, le chanteur aimait aussi manger des oeufs cuits à l’eau, auxquels il ajoutait ail et huile pour résister à sa boisson préférée, le rhum Peralta. Il n’aimait pas la bière.

INAUGURATION DE LA BANDA GIGANTE

Benny et sa Bande géante ont fait la joie du public avec des rythmes comme le son, la guajira, l’afro, la rumba, le montuno et le bolero.

La Banda Gigante s’est formée avec la collaboration de plusieurs musiciens prestigieux. Ce groupe a commencé ses répétitions dans un local à Infanta et Pedroso, et il a débuté dans le programme Cascabeles Candado de la CMQ Radio. Ils étaient entre 15 et 20 musiciens. Il a bénéficié, à certains moments, d’orchestration d’Eduardo Cabrera « Cabrerita », Pedro Justiz « Peruchin » et de Generoso Jiménez. Les vecteurs harmoniques sonnaient à la manière de Bebo Valdés.

Clemente Piquero « Chicho » a révélé au cinéaste Puri Faget que l’inauguration « a été sensationnelle, spectaculaire, l’élégance des musiciens était surprenante, avec des costumes croisés à quatre boutons, cravate de soie, pantalon coupe tube et chaussures vernis. Benny était vêtu de lin blanc irlandais, cravate rouge, un oeillet à la boutonnière de la veste et des chaussures à deux tons. L’orchestre était magistral, personne ne voulait en perdre un instant. Certains étaient hypnotisés, obnubilés par le spectacle ».

Benny a chanté dans des cabarets de première, seconde et troisième classe, La Campana, El Sierra, El Palete, El Ali Bar. Il s’est aussi produit au Montmartre et Tropicana. Au Monmartre, il s’est produit avec Rita Montaner dans la super production El Solar, sous la direction du chorégraphe Alberto Alonso.

En 1958, il apparaissait dans le troisième show du cabaret Tropicana, où il prouvait qu’il pouvait remplir la salle à n’importe quelle heure.

Ses représentations en mars 1961 ont été mémorables, dans les carnavals de l’avenue du Port. Cette même année, il remporte le disque d’argent pour Se te cayo el tabaco.

En 1962, il se produit au cabaret Caribe de l’hôtel Habana Libre, dans les jardins de La Tropical et de La Polar, le cabaret Sierra, Night and day et à l’Amadeo Roldan, dans le cadre du 1er Festival populaire de musique cubaine organisé par Odilio Urfé. Il est présent les jours de l’inauguration, le 12 septembre, au salon Mambi du Tropicana.

AU ALI BAR


Le cabaret Ali Bar est l’un des lieux emblématiques fréquentés par
Benny Moré à La Havane.

Le cabaret Ali Bar est l’un des lieux emblématiques fréquentés par Benny Moré. Ce fut son « quartier général », où il laissa la trace d’une légende brillante. Dans ces représentations, il partagea la scène avec tous les chanteurs les plus en vue.

Benny Moré débuta au Ali Bar en 1953, avec un petit groupe du cabaret, parfois renforcé avec le trombone de Generoso Jiménez. Il s’est présenté une seule fois comme un événement spécial avec la Banda Gigante. Benny avait beaucoup d’engagements à Cuba, mais il revenait toujours au Ali Bar.

Le grand compositeur et guitariste Leo Brouwer disait de Benny Moré qu’il « a fait ce qu’il ressentait et non ce qu’il lui convenait  ».

Un hommage au roi du rythme pour son 95e anniversaire, avec des souvenirs de son passage à La Havane qui cette année aura 495 ans.
 

                             IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina
/ Directeur éditorial: Gustavo Becerra Estorino
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano
© Copyright. 1996-2013.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page