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 C U L T U R E L L E S

La Havane 14 Octobre 2014

3e mois de la culture brésilienne à Cuba
Du temps et de l’espace pour partager art et pensée

Mireya Castañeda

LA HAVANE a coutume de célébrer des semaines de la culture et du cinéma de différents pays. Pour la troisième fois, le Brésil s’installe pour un mois, avec toute l’intensité de son art et de sa pensée.

Le programme, qui comprend théâtre, expositions de livres et d’arts plastiques, conférences, cinéma et musique, a été présenté par M. Cesar Melantonio Neto, ambassadeur du Brésil à Cuba, lors d’une conférence de presse, qui s’est tenue à la Salle Manuel Galish de la Casa de las Américas, siège de la plupart des activités.

Selon l’ambassadeur, les deux pays partagent de nombreux aspects de leur culture et leurs institutions ont tissé des liens solides. « La coopération culturelle entre le Brésil et Cuba a la particularité d’être très spontanée », a affirmé le diplomate.

Quant à Mayté Lorenzo, directrice de presse de la Casa, elle a rappelé les liens historiques que les intellectuels brésiliens entretiennent avec l’institution. « La collection Littérature latino-américaine et caribéenne a été lancée en 1963 avec Memorias postumas de Bras Cubas, de Joaquim Maria Machado de Asis.»  

Selon le saxophoniste César Lopez, la musique brésilienne « est une des plus riches qui existent », si bien que le Mois de la Culture brésilienne à Cuba a ouvert ses portes avec un concert de César Lopez et son groupe Habana Ensemble, une institution du jazz de Cuba et du monde, à la salle Che Guevara de la Casa de las Américas.

Cesar Lopez éprouve une grande passion pour la musique brésilienne, qu’il nous a faite partager en interprétant plusieurs morceaux anthologiques de la musique de ce pays. Lopez, qui anime une fois par mois au Jazz Café Les nuits brésiliennes, a rappelé qu’il a eu la chance d’enregistrer avec des musiciens brésiliens réputés, comme Ivan Lins, et aussi avec d’autres grands interprètes cubains et internationaux, comme Roy Hargrove, Silvio Rodriguez, Chucho Valdés, Danny Rivera et Leo Brouwer.

Le théâtre sera présent avec la pièce La farsa del buey o el deseo de Catirina au Théâtre national de Guignol par le théâtre de marionnettes Teatro Viajero.  L’œuvre du Brésilien Antonio Barroso pénètre l’univers mythique et populaire de l’Amazonie à travers « la danse ou le carnaval du bœuf », un mélange de la culture afro-brésilienne avec des légendes de l’Amazonie.

Une autre proposition de la Casa : l’exposition América ilustrada, qui présente des pièces importantes de l’art graphique brésilien, inclues dans la collection Arte de Nuestra América, données par des artistes et des institutions du géant sud-américain au cours de ces 15 dernières années.

À la salle Fabrica del Arte, Ibis Hernandez, spécialiste de l’équipe des curateurs de La Havane apportera des informations sur l’actualité des arts visuels au Brésil, à travers une conférence sur la Biennale de Sao Paulo, un rendez-vous qui compte déjà 30 éditions et 60 ans d’existence.

Dans le domaine de la littérature, la Casa exposera des œuvres de plus de 30 auteurs présents dans son Fonds éditorial. Dans la bibliothèque seront présentés des titres de Machado de Asis, Frei Betto, Rubem Fonseca, Chico Buarque, Thiago de Melo, Darcy Ribeiro, Augusto Boal, Clarice Lispector, Fernando Morais, Nelida Piñon, Emir Sader et autres, complétés par des documents de ses archives « qui témoignent de la profonde relation des auteurs avec la Casa de las Américas.

La cinémathèque rendra hommage à l’acteur brésilien de cinéma et de télénovela, José Wilker, décédé en avril dernier, à l’âge de 66 ans. Wilker qui fut également réalisateur et présentateur, est une figure incontournable de la culture brésilienne. Il connut le succès à partir de son rôle dans la telenovela Roque Santeiro, en 1985, avec Regina Duarte, et pour le personnage de Vadhino, le mari qui revient de la mort pour tourmenter son épouse, interprétée par Sonia Braga, dans le film Doña Flor y sus dos maridos, tourné en 1976 par Bruno Barreto.

Au cours de l’hommage qui lui sera rendu le public aura l’occasion de revoir 14 de ses films au cinéma 23 y 12 et à la Salle Charlot. Cette rétrospective commencera avec le film El hombre de la capa negra de Sergio Rezende, qui raconte la vie de Tenorio Cavalcanti, un personnage très polémique du Rio de Janeiro des années 50, qui, vêtu d’une cape noire et armé d’une mitraillette, devint une sorte de justicier, qui défiait les corrompus et les puissants qui dominaient la ville.

On pourra voir aussi Los inconfidentes, de Joaquim Pedro de Andrade qui traite du mouvement révolutionnaire contre la domination coloniale portugaise, Inconfidência Mineira, dont un des leaders fut le dentiste Tiradentes. Le film Doña Flor y sus dos maridos, inspiré du roman de Jorge Amado, une histoire costumbriste pleine d’ironie et de lyrisme, de satyre sociale et de sensualité, ne pouvait pas manquer à la programmation.

José Wilker, spécialisé dans les personnages de caractère, incarne Ponce Pilate dans le film  Maria, madre del hijo de dios, de Moacyr Goes. On pourra voir aussi Giovanni Improtta, dirigé et interprété par José Wilker en 2003, dans lequel il joue le rôle d’un joueur de cartes de Rio qui veut progresser socialement et entrer dans la légalité.

Wilker, qui joua dans 110 films pour le cinéma et la télévision, était sans aucun doute un des meilleurs acteurs du cinéma brésilien, apprécié du public pour ses interprétations de personnages variés.

Le 3e Mois de la Culture brésilienne à Cuba nous offre un programme intense conçu par l’ambassade du Brésil, le ministère de la Culture, l’ICAIC et la Casa de las Américas. Impossible de conclure sans un regret : il n’y aura ni samba ni batucada…

 

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