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La Havane. 22 Mai 2014

Les châteaux de La Havane

Roberto F. Campos

VOYAGER constitue, pour l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), une activité qui représente la paix par opposition à la guerre, surtout du point de vue de la compréhension et de la tolérance.

Et ce concept s’appuie sur le fait que les voyageurs acquièrent des connaissances sur l’Histoire et les traditions des peuples. Dans le cas de Cuba, et en particulier de sa capitale, La Havane, les touristes sont attirés par les nombreuses forteresses, témoignages de son passé.

Des lieux qui témoignent d’une époque de domination sont devenus aujourd’hui de véritables symboles. Des cartes postales qui identifient la ville la plus importante de l’archipel cubain.

La Havane, une ville pleine de contrastes, possède de nombreux châteaux. Des bastions d’une époque coloniale, entre les attaques de pirates et la volonté des Espagnols de préserver leur colonie. Tout est resté pratiquement intact et aujourd’hui, les touristes peuvent facilement les visiter.

Ces forteresses constituent des symboles de la pérennité de la mémoire historique de la ville, de sa permanence, et c’est pour cette raison qu’elles apparaissent sur les cartes postales comme le signe le plus distinctif de la ville.

Le château du Morro en est l’exemple le plus significatif. Il accueille ceux qui arrivent par la mer, ou simplement les étrangers en visite à La Havane qui souhaitent connaître les sites les plus représentatifs de cette ville fondée le 16 novembre 1519.

LE MORRO IMPÉNITENT

Toujours de garde, le Château de los Tres Santos Reyes El Morro est bâti sur un promontoire rocheux à l’entrée de la baie de La Havane. Cette forteresse et son phare guident les bateaux, et sont une image parfaite pour ceux qui se plaisent à observer les détails pendant leurs voyages.

Actuellement, c’est un site où l’on arrive par un bateau qui traverse le canal d’entrée de la rade ou par voie terrestre, en passant par le tunnel de La Havane.

Mais avant d’être un site touristique, il a connu bien d’autres fonctions. En effet, il fit partie des plans de défense de la ville de la couronne espagnole entre le 16e et 17e siècles, pour se protéger des attaques des pirates par la mer.

Les travaux durèrent quarante ans, de 1589 à 1630, sous la direction de l’ingénieur militaire italien Gian Battista Antonelli, qui construisit également d’autres forts de la ville.

El Morro, comme on l’appelle communément, a la forme d’un polygone irrégulier, avec d’épaisses murailles ; il s’élève à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer et possède des remparts et des angles défensifs.

Un des événements les plus remarquables qui s’y déroula fut la défense contre les attaques de la flotte anglaise en 1792, laquelle s’empara de la forteresse au terme d’une bataille qui dura environ 11 mois (jusqu’au 6 juillet 1963) et aboutit à la prise de La Havane.

Mais aujourd’hui les voyageurs peuvent voir la forteresse avec sa tour de 10 mètres, son phare, qui servit de tour de guet et connut de nombreuses modifications : au début, pour son éclairage, alimenté au bois, en 1819 à l’huile, en 1928 à l’acétylène et finalement, dès 1945 par l’électricité.

UNE FORTERESSE INEXPUGNABLE

Protégeant l’entrée de la baie, la plus ancienne des forteresses, le château de la Real Fuerza se trouve dans la partie cosmopolite de la cité. On peut y passer un bel après-midi, surtout au coucher du soleil, dans une cafeteria qui se trouve dans sa partie supérieure ou profiter des expositions de céramiques à l’intérieur.

Il fut construit pour faire face aux nombreuses attaques de corsaires et de pirates. Pour y faire face, le roi d’Espagne, Philippe II, ordonna au gouverneur de La Havane, Don Hernando de Soto, la construction d’une imposante forteresse.

Ces travaux commencèrent en 1558 et s’achevèrent une vingtaine d’années plus tard, en 1578. À noter : Ils débutèrent sous la responsabilité de l’unique femme gouverneure de la capitale, Doña Isabel de Bobadilla, épouse de De Soto qui mourut en 1542 au bord du Mississippi pendant la conquête de la Floride.

L’épouse amoureuse, qui attendit vainement le retour de son compagnon, confia les travaux à l’architecte Mateo de Aceituno. Ce fut un lieu tellement sûr que plusieurs gouverneurs l’utilisèrent comme résidence.

L’histoire d’Isabel de Bobadilla devint un tel symbole de fidélité qu’un artiste créa une girouette, une petite statue de métal représentant la jeune femme, les yeux tournés vers l’horizon. Elle fut placée sur la plus haute tour du château et reçut le nom de La Giraldilla, devenue un des emblèmes de La Havane.

LA PUNTA, PROCHE DE LA MER

Le château de La Punta a été bâti sur une avancée de terre dans la mer. Sa construction, qui dura 10 ans, s’acheva en1600,

30 ans avant celle du Morro. Cette forteresse se transforma en simple fortification en forme de quadrilatère, de 100 mètres de long et 58 de large.

Les historiens rappellent que pendant la prise de La Havane par les Anglais, La Punta souffrit de graves dommages qui furent réparés plus tard. En 1868, pendant la Guerre des 10 ans pour l’indépendance de la colonie espagnole, quatre esplanades lui furent ajoutées, ainsi que quatre canons. (PL)

SAN CARLOS DE LA CABAÑA, LIEU D’ÉVÉNEMENTS

En plus d’accueillir le Musée des Armes et la salle où Ernesto Che Guevara installa son bureau au début de la Révolution cubaine en 1959, la forteresse San Carlos de La Cabaña est aujourd’hui le centre du Parc historique, touristique et militaire Morro-Cabaña.

Cette forteresse, située sur une colline dominant la ville, fut construite par l’architecte Gian Maria Antonelli. Les militaires de l’époque la considéraient comme un point stratégique pour leur défense.

Ce fut tellement vrai qu’Antonelli, en construisant El Morro, regarda vers ce promontoire et s’exclama que « quiconque le dominerait aurait La Havane, comme cela se produisit avec l’armée anglaise ».

Les travaux commencèrent en 1763 – immédiatement après le départ des Anglais – sur ordre de Charles III, et s’achevèrent un an plus tard. Les plans furent exécutés par le Français M. de Vallière et les dessins par un autre Français, M. Ricaud de Tirgole.

Il s’agit d’une place de 700 mètres de long, avec un polygone de 450 mètres de murailles avec des remparts, des terrasses, des caponnières et des ravelins. En 1859, une garnison de 1 300 soldats y était stationnée, pourvus de 120 canons et obus de bronze.

Dans ses cours, des patriotes cubains furent fusillés, comme le poète Juan Clemente Zenea. Le château fut le centre de commandement des troupes rebelles après 1959. Il servit également de prison, des procès s’y déroulèrent. Aujourd’hui, il est utilisé comme centre touristique et accueille des événements culturels.

Actuellement, chaque soir à 21 heures, en présence d’un public nombreux se déroule « El cañonazo » : la cérémonie du « coup de canon » au cours de laquelle de jeunes soldats vêtus de costume d’époque tirent un coup de canon en utilisant une pièce d’artillerie de l’époque.

Selon la tradition, ce tir ordonnait la fermeture des murailles de La Havane, une autre des protections de la ville contre les pirates.
 

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