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La Havane 17 Novembre 2014

LES 495 ANS DE SAN CRISTOBAL DE LA HABANA
La Havane… harmoniser le traditionnel et le contemporain

Mireya Castañeda…

LES écrivains ont reçu le don de découvrir le visage cachée des villes que l’on parcourt quotidiennement. Ils parlent de leurs énigmes, dont ils semblent être les seuls à détenir le secret.

Alejo Carpentier, un Havanais de souche, qui avait surnommé La Havane, la Ville des colonnes, vantait la diversité de ses styles architecturaux : « … l’ennui n’existe pas dans ses rues. La rue havanaise est un éternel spectacle : théâtre, caricature, drame, comédie… Mais il y a en elle de la matière vive, de l’humanité, des contrastes, qui peuvent faire les délices de tout observateur ».

San Cristobal de la Habana – son nom d’origine – fut la dernière des sept villes fondée par le conquistador espagnol Diego Valasquez, le 16 novembre 1519. Cette date fait référence à son emplacement actuel, car auparavant, entre 1514 et 1519, il y en eu au moins deux autres : en 1514, l’une des premières cartes de Cuba, celle de Paolo Forlano, situe la ville sur la côte sud, puis elle apparaît à la Chorrera, dans le quartier de Puentes Grandes, près de la rivière Almendares.

La fondation de 1516 est commémorée chaque année au Templete, un monument, de caractère néoclassique, sur la Plaza de armas, dont la construction date de 1827. À l’intérieur, trois peintures murales de Jean Baptiste Vermay, fondateur de l’Académie San Alejandro, évoque cette fondation.

Tous les ans, la veille du 16 novembre, selon la tradition, de nombreux Havanais font trois fois le tour de la Ceiba (fromager), plantée à l’entrée du Templete, jette une monnaie au pied de ses racines et font un vœu en silence.

Toute ballade sur la Plaza de armas mène inévitablement au Château de la Real Fuerza, non seulement parce que ce fut la première forteresse construite en Amérique (1558-1577), mais parce qu’au sommet de l’une de ses tours se dresse le symbole de la ville : La Giraldilla, une gracieuse girouette en bronze en forme de femme.

Le 20 décembre 1592, le roi Philippe II confère à La Havane le titre de ville. Ainsi commence l’histoire d’une cité qui compte aujourd’hui plus de deux millions d’habitants.

Depuis plus de 30 ans, le Bureau de l’Historien de la ville effectue des travaux de restauration importants afin de conserver la splendeur du Centre historique. « Nous devons préserver la mémoire historique, car sans elle, nous ne sommes rien », a déclaré Eusebio Leal, lors d’une rencontre avec la presse à l’occasion du 495e  anniversaire de la ville, qui s’est déroulée au Palais du Segundo. Un bâtiment qui, « une fois restauré et sauvé des ruines, sera prochainement un des musées les plus intéressants de la ville », a-t-il ajouté.

L’Historien a d’abord mentionné les 20 travaux de restauration achevés, dont le Théâtre Marti, fermé depuis 1977 et qui a rouvert ses portes cette année ; le Sloppy Joe’s Bar ; une partie du Capitole ; le monument dédié à l’un des grands généraux de l’indépendance cubaine, Calixto Garcia, situé sur le Malecon (front de mer) au bout de l’avenue des Présidents et la Plaza Vieja, « qui était totalement détruite et qui est aujourd’hui un espace florissant ».

Eusebio Leal a ensuite présenté les avancées des travaux de restauration effectués sur l’allée de Paula, qui respectent le plus possible son aspect originel ; le Muelle de Caballeria jusqu’aux entrepôts San José, où se trouvent d’anciens bâtiments comme, les Practicos del Puerto et le Emboque de Luz, ou la plus grande partie de structures métalliques a été conservée. Des améliorations sont apportées à l’arrivée et au départ des caboteurs qui relient la partie historique de la ville aux petites villes côtières de Regla et Casablanca. Quant aux anciens Entrepôts du bois et du tabac, ce sont aujourd´hui une grande brasserie.

Sur ce tronçon est prévu également le prolongement de la Place Saint-François par une plateforme qui traversera la voie. La construction de la basilique mineure, du même nom, d’architecture baroque, a démarré en 1575 et s’est achevée 200 ans plus tard.

À propos de l’allée de Paula, Leal a indiqué qu’il est prévu d’installer un môle flottant parallèle qui fera office de promenade maritime pourvu d’un éclairage et de mobilier, dont l’inauguration devrait avoir lieu vers la mi-2015.

La priorité, c’est de veiller à combiner de façon harmonieuse l’aspect traditionnel de la vieille ville avec le contemporain.

Dans sa plénitude, sa beauté et son mystère, Saint-Christophe de La Havane, avance, en peine rénovation, vers ses 500 ans. Concluons avec Alejo Carpentier qui écrivit : « La Havane se dessine, grandit, se définit, sur le ciel lumineux du lever du jour ». 

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