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 S P O R T S

La Havane. 9 Août 2012 

« Je suis venu défendre mon
statut de champion ! »
• Mijain Lopez, l’athlète le plus titré de la lutte gréco-romaine cubaine vient d’ajouter cette médaille d’or à ses quatre titres de champion du monde

Alfonso Nacianceno, envoyé spécial

IL l’avait annoncé haut et fort. « Je vais à Londres pour défendre mon statut de champion ! ». Mijain Lopez a tenu parole en conservant son titre olympique obtenu à Pékin, en 2008, dans la catégorie des 120 kg de la lutte gréco-romaine. Le Cubain a surclassé ses adversaires. Mais, surtout, il a pris sa revanche sur le Turc Riza Kayaalp qui l’avait battu aux Championnats du monde d’Istanbul.

La participation en demi-finales de Mijain, quatre fois champion du monde, s’est donc soldée par une victoire sans appel sur le Turc par 2-0 (2-0, 1-0) qui lui a servi d’inspiration pour aborder son dernier combat contre l’Estonien Heiki Nabi, qu’il a gagné par 2-0.

« Je dédie cette victoire au peuple cubain, qui a eu confiance en moi. J’aurais préféré disputer la médaille d’or face à Kayaalp, mais je l’ai battu en demi-finales. J’ai été pour la deuxième fois le porte-drapeau de la délégation cubaine, et je pense avoir été à la hauteur de cette responsabilité en gagnant ce titre. Je tiens à adresser les salutations les plus chaleureuses au peuple cubain, et en particulier à mon village d’Herradura, dans la province de Pinar del Rio », a déclaré le champion.

C’est avec une détermination sans faille que Mijain a entamé le tournoi olympique de lutte gréco-romaine, sans

s’inquiéter des favoris de son tableau, parmi lesquels figuraient le Russe Khasan Baroev (champion olympique à Athènes, en 2004) – il l’avait battu à la finale de Pékin –, éliminé d’emblée ; le Kazakh Nurmakhan Tinaliev (médaillé de bronze aux Mondiaux de 2010 et 2011), l’Étasunien Dremiel Byers (7e au J.O. de Pékin), et l’Arménien Youri Patrikeev (3e à Pékin).

Gagner deux médailles d’or à deux Jeux olympiques consécutifs est un exploit uniquement réussi par son compatriote Filiberto Azcuy, originaire de la province de Camagüey, qui s’était imposé dans deux catégories différentes : chez les 74 kg aux Jeux d’Atlanta, en 1996, et chez les 69 kg à Sydney, en 2000.

IL Y A BEAUCOUP DE SACRIFICES DERRIÈRE CETTE MÉDAILLE

Mijain a reçu l’honneur d’être le porte-drapeau de la délégation cubaine pour la deuxième fois de suite (il avait porté notre drapeau aux J.O. de Pékin), au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée sur la Place de la Révolution de La Havane. Quelques jours après, au Centre d’entraînement Cerro Pelado, il m’avait confié : « À Londres, ça sera une autre paire de manches, parce que j’ai retrouvé confiance depuis ma défaite face à Kayaalp aux Mondiaux à Istanbul l’année dernière. Peu importe s’il a obtenu des médailles à plusieurs tournois de ce cycle olympique, j’irai défendre mon statut de champion olympique ! ».

Un vœu exaucé, à la grande satisfaction des Cubains, qui voient en ce sportif modeste et affable qui s’apprête à fêter ses 30 ans, l’un des représentants des meilleurs valeurs de la Révolution.

« Personne n’aime perdre, et moi encore moins. Je dois m’entraîner dur pour arriver en forme à chaque compétition. Il y a beaucoup de sacrifices derrière cette médaille. Il me reste encore quelques petits détails techniques à

régler, mais d’ici à Londres, tout sera fin prêt », avait-il ajouté.

UNE TÉNACITÉ OLYMPIENNE

Mijain Lopez avait dû être opéré du coude droit. Ce fut une convalescence difficile qui l’a obligé à travailler dur pour retrouver sa forme.

À l’instar des autres athlètes cubains qui participent aux Jeux olympiques de Londres, Mijain s’entraîne de lundi à vendredi, et il passe le week-end avec sa famille. Il vient d’être papa, sa femme ayant mis au monde un garçon.

Je me souviens qu’aux Jeux de l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) à Caracas, en 2007, je lui ai demandé s’il aimait le baseball. « Mais bien sûr ! J’aurais peut-être été un lanceur ultrarapide », a-t-il lancé en guise de plaisanterie.

À l’Excel de Londres, Mijain Lopez a signé une excellente prestation. Il ne fallait absolument pas qu’il rate cette médaille olympique, pas question de faire une quelconque erreur. Le géant cubain a tenu parole. Une médaille d’or qui s’ajoute à ses quatre titres de champion du monde. Et sans permettre un seul point, s’il vous plaît !
 

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