• Mijain
Lopez, l’athlète le plus titré de la lutte gréco-romaine
cubaine vient d’ajouter cette médaille d’or à ses
quatre titres de champion du monde
Alfonso Nacianceno,
envoyé spécial
IL l’avait annoncé haut et fort. « Je vais à
Londres pour défendre mon statut de champion ! ».
Mijain Lopez a tenu parole en conservant son titre
olympique obtenu à Pékin, en 2008, dans la catégorie
des 120 kg de la lutte gréco-romaine. Le Cubain a
surclassé ses adversaires. Mais, surtout, il a pris
sa revanche sur le Turc Riza Kayaalp qui l’avait
battu aux Championnats du monde d’Istanbul.
La
participation en demi-finales de Mijain, quatre fois
champion du monde, s’est donc soldée par une
victoire sans appel sur le Turc par 2-0 (2-0, 1-0)
qui lui a servi d’inspiration pour aborder son
dernier combat contre l’Estonien Heiki Nabi, qu’il a
gagné par 2-0.
« Je dédie cette victoire au peuple cubain, qui a
eu confiance en moi. J’aurais préféré disputer la
médaille d’or face à Kayaalp, mais je l’ai battu en
demi-finales. J’ai été pour la deuxième fois le
porte-drapeau de la délégation cubaine, et je pense
avoir été à la hauteur de cette responsabilité en
gagnant ce titre. Je tiens à adresser les
salutations les plus chaleureuses au peuple cubain,
et en particulier à mon village d’Herradura, dans la
province de Pinar del Rio », a déclaré le champion.
C’est avec une détermination sans faille que
Mijain a entamé le tournoi olympique de lutte gréco-romaine,
sans
s’inquiéter des favoris de son tableau, parmi
lesquels figuraient le Russe Khasan Baroev (champion
olympique à Athènes, en 2004) – il l’avait battu à
la finale de Pékin –, éliminé d’emblée ; le Kazakh
Nurmakhan Tinaliev (médaillé de bronze aux Mondiaux
de 2010 et 2011), l’Étasunien Dremiel Byers (7e au
J.O. de Pékin), et l’Arménien Youri Patrikeev (3e à
Pékin).
Gagner deux médailles d’or à deux Jeux olympiques
consécutifs est un exploit uniquement réussi par son
compatriote Filiberto Azcuy, originaire de la
province de Camagüey, qui s’était imposé dans deux
catégories différentes : chez les 74 kg aux Jeux
d’Atlanta, en 1996, et chez les 69 kg à Sydney, en
2000.
IL Y A BEAUCOUP DE SACRIFICES DERRIÈRE CETTE
MÉDAILLE
Mijain a reçu l’honneur d’être le porte-drapeau
de la délégation cubaine pour la deuxième fois de
suite (il avait porté notre drapeau aux J.O. de
Pékin), au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée
sur la Place de la Révolution de La Havane. Quelques
jours après, au Centre d’entraînement Cerro Pelado,
il m’avait confié : « À Londres, ça sera une autre
paire de manches, parce que j’ai retrouvé confiance
depuis ma défaite face à Kayaalp aux Mondiaux à
Istanbul l’année dernière. Peu importe s’il a obtenu
des médailles à plusieurs tournois de ce cycle
olympique, j’irai défendre mon statut de champion
olympique ! ».
Un vœu exaucé, à la grande satisfaction des
Cubains, qui voient en ce sportif modeste et affable
qui s’apprête à fêter ses 30 ans, l’un des
représentants des meilleurs valeurs de la Révolution.
« Personne n’aime perdre, et moi encore moins. Je
dois m’entraîner dur pour arriver en forme à chaque
compétition. Il y a beaucoup de sacrifices derrière
cette médaille. Il me reste encore quelques petits
détails techniques à
régler, mais d’ici à Londres, tout sera fin prêt »,
avait-il ajouté.
UNE TÉNACITÉ OLYMPIENNE
Mijain Lopez avait dû être opéré du coude droit.
Ce fut une convalescence difficile qui l’a obligé à
travailler dur pour retrouver sa forme.
À l’instar des autres athlètes cubains qui
participent aux Jeux olympiques de Londres, Mijain
s’entraîne de lundi à vendredi, et il passe le week-end
avec sa famille. Il vient d’être papa, sa femme
ayant mis au monde un garçon.
Je me souviens qu’aux Jeux de l’ALBA (Alliance
bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) à
Caracas, en 2007, je lui ai demandé s’il aimait le
baseball. « Mais bien sûr ! J’aurais peut-être été
un lanceur ultrarapide », a-t-il lancé en guise de
plaisanterie.
À l’Excel de Londres, Mijain Lopez a signé une
excellente prestation. Il ne fallait absolument pas
qu’il rate cette médaille olympique, pas question de
faire une quelconque erreur. Le géant cubain a tenu
parole. Une médaille d’or qui s’ajoute à ses quatre
titres de champion du monde. Et sans permettre un
seul point, s’il vous plaît !