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La Havane. 18 Janvier 2012 

Pedro Chavez: « Le baseball est une priorité dans ma vie »

Harold Iglesias Manresa
(Photo de l’auteur)

IL ne saurait en être autrement pour quelqu’un qui a consacré plus de 60 ans de sa vie au baseball, véritable passion des Cubains. À l’âge de 75 ans, ce légendaire première base qui appartient à la légende de grands joueurs ayant marqué l’histoire du baseball cubain, a conservé toute l’énergie et la fougue de sa jeunesse. Pedro Chavez a eu l’amabilité de répondre aux questions de Granma :

Pedro Chavez: « Le baseball est une priorité dans ma vie »À quel âge avez-vous attrapé le virus du baseball ?

À l’âge de 7 ans. Je suis né à la ferme de Santa Rita, près de San Antonio de los Baños, ville située à 26 km de La Havane. Près de chez nous il y avait un monsieur qui était passionné de foot et qui était propriétaire un terrain de baseball. Chaque fois que j’en avais l’occasion, j’allais y faire un tour et, me voyant arriver, l’homme sortait une batte, une balle et un gant. Il me filait le gant et frappait la balle pour que je l’attrape. J’ai joué à ce jeu et j’ai adoré. À 13 ans je faisais déjà partie de l’équipe baseball de sa ferme, et deux ans plus tard j’ai commencé à jouer dans la ligue de l’Union athlétique de Cuba, ensuite dans celle de Quivican et finalement dans celle de Pedro Betancourt. Mon frère aîné m’a beaucoup aidé dans mes débuts, lorsque je jouais arrêt-court, troisième base et dans le champ gauche.

Vous avez joué la 1ère Série nationale, dans une grande équipe. Comment y êtes-vous parvenu ?

C’était très dur. Avant 1959 les joueurs amateurs devaient trouver du temps pour pouvoir alterner le travail et le sport. Seuls les professionnels se consacraient à plein temps au baseball. Et ceux qui comme nous étions appelés dans une ligue quelconque était traités comme tels.

Avec la Révolution, l’État s’est beaucoup occupé du sport. Fidel a insisté sur la nécessité d’éliminer le professionnalisme, ce a permis à beaucoup de joueurs qui comme moi avaient évolué dans d’autres ligues de remplir les stades et de tout donner pour notre maillot et les supporters.

Auparavant, quelques-uns d’entre nous ont participé aux 3e Jeux panaméricains de Chicago, en cette même année 1959 nous avons pris part au Championnat du monde du Costa Rica, en 1961. Nous étions là-bas au moment de l’invasion de Playa Giron, et nous avons demandé à rentrer. Mais on nous a dit que chaque milicien devrait défendre sa tranchée, et que notre ligne de front était ici. Nous sommes revenus avec le premier titre mondial du baseball cubain.

Revenant à la 1ère Série, je me souviens d’avoir joué dans le champ droit, car Edwin Walters, un excellent joueur, occupait le champ gauche. J’ai connu le bonheur d’être sacré champion avec Occidentales à ce 1er championnat national, et ensuite deux fois avec les Industriales, mon équipe de cœur.

Et après cet excellent début ?

Ces compétitions ont été tout de suite très bien accueillies, et par la suite des stades ont été construits dans toutes les provinces. L’État nous a délivré des licences pour nous permettre de jouer, et ceci a également permis à plusieurs entraîneurs professionnels de transmettre leurs expériences. Ils ont accepté ce genre de travail et nous ont été d’une aide précieuse.

Des moments mémorables dans votre carrière ?

Il y en a eu beaucoup. Le premier date d’avant la 1ère Série nationale, lorsqu’en 1957 j’ai décroché la triple couronne des frappeurs (meilleur total de coups de circuit, de points produits et meilleure moyenne à la batte) dans la ligue de Pedro Betancourt. J’ai participé à huit championnats cubains, car j’ai commencé sur le tard, à 26 ans. Mon esprit combatif et ma hargne de vaincre m’ont coûté plusieurs lésions plus ou moins graves, si bien que j’ai dû passer à la première base.

J’ai passé de bons moments, j’ai rencontré des joueurs de qualité et humainement intéressants. J’ai tissé une profonde amitié avec nombre d’entre eux comme Urbano Gonzalez et Jorge Trigoura – nous nous connaissions depuis la ligue de Quicivan, et nous étions toujours ensemble. Quelques années plus tard, il m’a été très facile de coacher des joueurs comme Urbano, Antonio Jiménez, Ricardo Lazo et Tony Gonzalez…

À mon époque de joueur, je dois avouer que lorsque j’étais à la batte je me sentais mal à l’aise face aux lancers de Modesto Verdura, qui était un lanceur rapide, qui possédait une bonne courbe et une slider redoutable. Par contre, je m’en sortais pas mal face au grand Manuel Alarcon.

Un jour, j’ai questionné le lanceur Raul « Guaguita » Lopez, sur la légère difformité qu’il avait au bras, et il m’a répondu : « Tu t’étonnes ? Avec tous les lancers bizarres que j’ai servi aux batteurs… ». C’était un grand joueur.

Je ne joue plus, mais pour moi, le plus important c’est de savourer chaque bon match, car le baseball est toujours une priorité dans ma vie.
 

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