Leonel Suarez :
encore un
bronze magnifique !
• Cette soirée magique aura
été marquée par le record de Bolt et de son relais
jamaïquain au 200 mètres, celui du Kényan Rudisha au
800 mètres, et la médaille de bronze extraordinaire
du décathlonien cubain
Ariel B.
Coya, envoyé spécial
LONDRES.— L’histoire se répète: Usain Bolt a
repoussé les limites de l’impossible, David Rudisha
est le phénomène du demi-fond, et Leonel Suarez a
réédité sa prestation de 2008.
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Avec un
lancer de 76.94 m, Leonel Suarez s’est
adjugé la médaille de bronze du
décathlon, rééditant ainsi sa prestation
de Pékin. |
Ceci même si le dénouement était assez prévisible
à cette épreuve du décathlon. Les as étaient en
tête. Il s’agissait des Étasuniens Ashton Eaton,
plusieurs fois champion du monde
(9 039), et Trey Hardee, le champion du monde en
titre, engagés dans un bras de fer haletant dès le
début de la compétition. Le reste des concurrents ne
combattaient donc plus que pour la médaille de
bronze. Malgré une pression énorme, le Cubain Leonel
Suarez n’a pas manqué son rendez-vous londonien et
s’est offert la médaille de bronze, rééditant ainsi
sa prestation de Pékin 2008 et des mondiaux de Daegu
2011.
Leonel a fait preuve d’une volonté, d’un
engagement et d’une capacité de surpassement
admirables : après avoir réalisé un chrono de 11.27
secondes au 100 mètres qui lui avait valu une 26e
place, il est passé 14e après le saut en longueur
(7,52m, sa meilleure prestation personnelle), 7e
suite au saut en hauteur (2,11m), 6e après l’épreuve
du 400m (49.04s), 3e après le concours du javelot
avec un excellent lancer de 76,94m, et il a conservé
cette place après avoir résisté aux tentatives du
Belge Van Alphen (8 447), terminant au-dessus des 8
500 points avec un total de 8 523 points (à quatre
petits points de son record personnel, établi il y a
quatre ans).
« Je suis content et très satisfait d’avoir
obtenu cette médaille au terme d’un concours très
serré. Le niveau de cette compétition était très
relevé, notamment avec la présence des Nord-américains,
et j’ai réussi cette troisième place en dépit des
blessures et des problèmes de tension artérielle qui
avaient perturbé ma préparation cette année. Mon
objectif à présent est d’améliorer ce résultat, et
peut-être même de dépasser les 9 000 points… Mais
cette médaille est quelque chose de phénoménal », a
déclaré cet athlète originaire de la province de
Holguin, dans l’est de l’île.
« LA FOUDRE » A ENCORE FRAPPÉ
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La
Jamaïque est sur le toit du sprint
mondial. Elle a fait carton plein à
Londres avec ses sprinters Usain Bolt,
Yohan Blake et Warren Weir. |
Le Jamaïquain Usain Bolt est décidément
extraordinaire. Il a réalisé une performance jusque-là
inégalée : remporter le doublé 100m-200m lors de
deux éditions successives des Jeux olympiques d’été.
Jamais un sprinter n’avait, auparavant, pu conserver
son titre sur les deux épreuves.
Avec ses 1,96 m pour 86 kg, Bolt, qui ne répond
pas aux canons en vigueur dans le sprint, est
pourtant le premier sprinter à avoir amélioré trois
fois de suite le record du monde du 100 m. Sa grande
taille lui permet des foulées allant jusqu’à 2,70 m.
Ni Carl Lewis, ni Michael Johnson n’avaient
réussi une telle performance. Usain Bolt l’avait
d’ailleurs averti : « Le 200 mètres est mon épreuve
de prédilection, celle où je mets le plus de charge
de travail. Je ne permettrai pas qu’on me l’arrache
facilement. Quand Blake m’a battu aux trials de
Jamaïque, il a fait sonner l’alarme. Je ne le
permettrai plus. Si je veux entrer dans la légende,
je dois défendre les trois médailles d’or de Pékin ».
Et il n’a pas déçu, faisant taire les doutes et
les rivaux. Une fois de plus, sa course a été un
monologue impressionnant. Bolt contre Bolt. Engagé
dans un véritable combat contre la montre. S’il n’y
a pas eu de record au 200 mètres, c’est tout
simplement parce que le prodige jamaïquain est resté
un peu assis dans les starting-blocks, prenant le
troisième départ le plus lent parmi les concurrents.
Après une sortie de virage spectaculaire, Bolt a
gardé l’avantage dans le dernier quart et s’est
imposé sur un finish incroyable.
L’homme le plus rapide de la planète a remporté
la finale du 200 m en 19.32s, devant Yohan Blake
19.44) et Warren Weir (19.84). La Jamaïque était en
liesse après son triplé, et son géant vert et jaune
est entré dans l’histoire.
RUDISHA, « FIERTÉ DE L’AFRIQUE »
Le Kényan David Rudisha a fait coup double à
Londres. La « Fierté de l’Afrique », comme on le
surnomme, a remporté la médaille d’or en améliorant
son propre record du monde avec un chrono ahurissant
de 1:40.91, à l’issue d’une course qu’il a menée de
bout en bout.
Grand, élancé, souple, Rudisha est un compétiteur
hors pair. Il a amélioré d’un dixième son record du
monde établi le 29 août 2010 à Rieti, en Italie,
effaçant des listes le record olympique du Norvégien
Vebjorn Rodal, qui datait des J.O. d’Atlanta, en
1996.
Sous les regards attentifs de deux champions et
recordmen de l’épreuve, le Cubain Alberto Juantorena
et le Britannique Sebastan Coe, les participants à
cette finale du 800 mètres de Londres, tirés par
Rudisha ont signé les meilleurs chronos de leurs
vies, y compris le vice champion Nije Amos, qui a
donné au Botswana sa première médaille à ces Jeux,
devant un autre Kényan, Timothy Kitum.
Au triple saut (m), Alexis Copello est resté au-dessous
des 16.92 m de son premier essai, suivi de trois
sauts nuls, et il a terminé 8e d’une épreuve
remportée par les Étasuniens Christian Taylor
(17.81) et Will Claye (17.62). Quant à la Cubaine
Rose Mary Almanza (2:01.70), elle n’est pas parvenue
à se qualifier pour la finale du 800 mètres.