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 S P O R T S

La Havane. 15 Août 2012 

Leonel Suarez : encore un
bronze magnifique !
• Cette soirée magique aura été marquée par le record de Bolt et de son relais jamaïquain au 200 mètres, celui du Kényan Rudisha au 800 mètres, et la médaille de bronze extraordinaire du décathlonien cubain

Ariel B. Coya, envoyé spécial

LONDRES.— L’histoire se répète: Usain Bolt a repoussé les limites de l’impossible, David Rudisha est le phénomène du demi-fond, et Leonel Suarez a réédité sa prestation de 2008.


Avec un lancer de 76.94 m, Leonel Suarez s’est adjugé la médaille de bronze du décathlon, rééditant ainsi sa prestation de Pékin.

Ceci même si le dénouement était assez prévisible à cette épreuve du décathlon. Les as étaient en tête. Il s’agissait des Étasuniens Ashton Eaton, plusieurs fois champion du monde

(9 039), et Trey Hardee, le champion du monde en titre, engagés dans un bras de fer haletant dès le début de la compétition. Le reste des concurrents ne combattaient donc plus que pour la médaille de bronze. Malgré une pression énorme, le Cubain Leonel Suarez n’a pas manqué son rendez-vous londonien et s’est offert la médaille de bronze, rééditant ainsi sa prestation de Pékin 2008 et des mondiaux de Daegu 2011.

Leonel a fait preuve d’une volonté, d’un engagement et d’une capacité de surpassement admirables : après avoir réalisé un chrono de 11.27 secondes au 100 mètres qui lui avait valu une 26e place, il est passé 14e après le saut en longueur (7,52m, sa meilleure prestation personnelle), 7e suite au saut en hauteur (2,11m), 6e après l’épreuve du 400m (49.04s), 3e après le concours du javelot avec un excellent lancer de 76,94m, et il a conservé cette place après avoir résisté aux tentatives du Belge Van Alphen (8 447), terminant au-dessus des 8 500 points avec un total de 8 523 points (à quatre petits points de son record personnel, établi il y a quatre ans).

« Je suis content et très satisfait d’avoir obtenu cette médaille au terme d’un concours très serré. Le niveau de cette compétition était très relevé, notamment avec la présence des Nord-américains, et j’ai réussi cette troisième place en dépit des blessures et des problèmes de tension artérielle qui avaient perturbé ma préparation cette année. Mon objectif à présent est d’améliorer ce résultat, et peut-être même de dépasser les 9 000 points… Mais cette médaille est quelque chose de phénoménal », a déclaré cet athlète originaire de la province de Holguin, dans l’est de l’île.

« LA FOUDRE » A ENCORE FRAPPÉ


La Jamaïque est sur le toit du sprint mondial. Elle a fait carton plein à Londres avec ses sprinters Usain Bolt, Yohan Blake et Warren Weir.

Le Jamaïquain Usain Bolt est décidément extraordinaire. Il a réalisé une performance jusque-là inégalée : remporter le doublé 100m-200m lors de deux éditions successives des Jeux olympiques d’été. Jamais un sprinter n’avait, auparavant, pu conserver son titre sur les deux épreuves.

Avec ses 1,96 m pour 86 kg, Bolt, qui ne répond pas aux canons en vigueur dans le sprint, est pourtant le premier sprinter à avoir amélioré trois fois de suite le record du monde du 100 m. Sa grande taille lui permet des foulées allant jusqu’à 2,70 m.

Ni Carl Lewis, ni Michael Johnson n’avaient réussi une telle performance. Usain Bolt l’avait d’ailleurs averti : « Le 200 mètres est mon épreuve de prédilection, celle où je mets le plus de charge de travail. Je ne permettrai pas qu’on me l’arrache facilement. Quand Blake m’a battu aux trials de Jamaïque, il a fait sonner l’alarme. Je ne le permettrai plus. Si je veux entrer dans la légende, je dois défendre les trois médailles d’or de Pékin ».

Et il n’a pas déçu, faisant taire les doutes et les rivaux. Une fois de plus, sa course a été un monologue impressionnant. Bolt contre Bolt. Engagé dans un véritable combat contre la montre. S’il n’y a pas eu de record au 200 mètres, c’est tout simplement parce que le prodige jamaïquain est resté un peu assis dans les starting-blocks, prenant le troisième départ le plus lent parmi les concurrents. Après une sortie de virage spectaculaire, Bolt a gardé l’avantage dans le dernier quart et s’est imposé sur un finish incroyable.

L’homme le plus rapide de la planète a remporté la finale du 200 m en 19.32s, devant Yohan Blake 19.44) et Warren Weir (19.84). La Jamaïque était en liesse après son triplé, et son géant vert et jaune est entré dans l’histoire.

RUDISHA, « FIERTÉ DE L’AFRIQUE »

Le Kényan David Rudisha a fait coup double à Londres. La « Fierté de l’Afrique », comme on le surnomme, a remporté la médaille d’or en améliorant son propre record du monde avec un chrono ahurissant de 1:40.91, à l’issue d’une course qu’il a menée de bout en bout.

Grand, élancé, souple, Rudisha est un compétiteur hors pair. Il a amélioré d’un dixième son record du monde établi le 29 août 2010 à Rieti, en Italie, effaçant des listes le record olympique du Norvégien Vebjorn Rodal, qui datait des J.O. d’Atlanta, en 1996.

Sous les regards attentifs de deux champions et recordmen de l’épreuve, le Cubain Alberto Juantorena et le Britannique Sebastan Coe, les participants à cette finale du 800 mètres de Londres, tirés par Rudisha ont signé les meilleurs chronos de leurs vies, y compris le vice champion Nije Amos, qui a donné au Botswana sa première médaille à ces Jeux, devant un autre Kényan, Timothy Kitum.

Au triple saut (m), Alexis Copello est resté au-dessous des 16.92 m de son premier essai, suivi de trois sauts nuls, et il a terminé 8e d’une épreuve remportée par les Étasuniens Christian Taylor (17.81) et Will Claye (17.62). Quant à la Cubaine Rose Mary Almanza (2:01.70), elle n’est pas parvenue à se qualifier pour la finale du 800 mètres.
 

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