Les frontières
boliviennes, de l'abandon à l'intégration
Alfredo Boada Mola
PELECHUCO, une zone isolée du territoire bolivien,
proche de la frontière péruvienne, a reçu la visite
d’une délégation du gouvernement chargée d’apporter de
l’aide médicale, du matériel de téléphonie, ainsi que
des agents de l’état civil, dans le cadre du programme
de développement et de soutien à ces régions.
La Brigade solidaire d’intégration des peuples de la
Paz et Beni assureront durant 35 jours plusieurs
missions sociales dans les 36 communautés de ces régions
reculées, avec l’aide de médecins, d’odontologues,
accompagnés d’agents des services de l’état civil, des
télécommunications et des membres des Forces armées.
L’aide médicale de ces missions comprend la médecine
générale, la pédiatrie, l’ophtalmologie, la gynécologie
et l’odontologie.
En ce qui concerne les services administratifs, un
programme gratuit pour la remise de cartes d’identité et
l’attribution d’extraits d’actes de naissance sera mis
en place, ainsi que d’autres prestations sociales, comme
l’Allocation Dignité, une aide économique pour les
personnes âgées (de plus de 60 ans) et la prime Juana
Azurduy, une aide pour les femmes enceintes et les mères
avec enfants de moins de deux ans.
Les brigades, coordonnées par le cabinet ministériel
bolivien à travers l’Agence pour le développement des
macro-régions et des zones frontalières, ont parcouru 25
000 kilomètres à travers les vastes contrées du
territoire bolivien pour atteindre les communautés les
plus isolées de Bolivie et porter assistance à plus de
141 000 Boliviens.
Le directeur de ce bureau, Jerges Mercado, s’est
félicité de la participation des institutions
gouvernementales à ces missions qui ont pour but de
renforcer la souveraineté nationale dans les zones
frontalières du pays ; il a souligné également les
efforts déployés dans l’attention médicale et éducative,
les moyens apportés à la téléphonie et au combat contre
les illégalités, entre autres, afin de favoriser le
développement de ces communautés.
Cet organisme gouvernemental consolide les politiques
de l’État dans les zones frontalières et crée des liens
entre les populations les plus reculées et le
gouvernement national à travers des forums, des foires,
des accords de développement, le soutien aux entreprises
publiques, et autres initiatives productives.
Le gouvernement du président Evo Morales, dans la
nécessité de forger une nouvelle politique nationale
pour le développement harmonieux, intégral et durable
des zones frontalières, a crée en juin 2010, l’Agence
pour le développement des macro-régions et des zones
frontalières.
L’Institution s’est constituée sur la base de trois
objectifs : soutenir la défense de la souveraineté
nationale, protéger les ressources naturelles et
participer au développement des peuples frontaliers en
favorisant la justice sociale et l’intégration
économique.
Depuis l’époque coloniale jusqu’à la constitution de
l’État plurinational, les frontières de la Bolivie ont
souvent été laissées à l’abandon si bien que la faible
population de ces régions a souffert de marginalisation
et d’isolement, dû à un développement socio-économique
insignifiant.
Durant cette période, elle a perdu plus de la moitié
de son territoire, au profit de ses voisins. La Bolivie
qui comptait initialement 2 363 769 km2 s’est vue
réduite à un peu moins de la moitié de sa superficie (1
098 581 km2), essentiellement du fait de la
concentration de la vie économique, sociale et politique
dans la région de l’Altiplano (le Haut plateau).
En effet, l’État bolivien a toujours privilégié cette
région de l’Altiplano andin, aux dépends des territoires
chiquitano, pantanal amazonien ou chaqueño, qui
constituent les diverses régions de cette vaste nation.
Regroupées, ces macro-régions (Amazonie, Chiquitania,
Pantanal et Chaco) et leurs zones frontalières
représentent plus des deux tiers de l’actuel territoire
national, avec une population de 1,8 million d’habitants
; elles réunissent 70 communes de 33 provinces, sur 8
des 9 départements boliviens.
Avec la nouvelle constitution politique du pays, les
régions frontières limitrophes avec 5 pays latino-américains
et les macro-régions ont commencé à émerger comme des
territoires clefs pour le développement global de la
société bolivienne.
Depuis, l’Agence pour le développement des macro-régions
et des zones frontalières, rattachée au ministère de la
Planification du Développement, déploie ses politiques
publiques en collaboration avec les différents
ministères, les gouvernements, les municipalités, les
Forces armées, la police, et autres entités qui
participent au développement économique et social des
zones les plus isolées du pays. (PL)