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La Havane. le 2 Août 2012

Les frontières boliviennes, de l'abandon à l'intégration

Alfredo Boada Mola

PELECHUCO, une zone isolée du territoire bolivien, proche de la frontière péruvienne, a reçu la visite d’une délégation du gouvernement chargée d’apporter de l’aide médicale, du matériel de téléphonie, ainsi que des agents de l’état civil, dans le cadre du programme de développement et de soutien à ces régions.

La Brigade solidaire d’intégration des peuples de la Paz et Beni assureront durant 35 jours plusieurs missions sociales dans les 36 communautés de ces régions reculées, avec l’aide de médecins, d’odontologues, accompagnés d’agents des services de l’état civil, des télécommunications et des membres des Forces armées. L’aide médicale de ces missions comprend la médecine générale, la pédiatrie, l’ophtalmologie, la gynécologie et l’odontologie.

En ce qui concerne les services administratifs, un programme gratuit pour la remise de cartes d’identité et l’attribution d’extraits d’actes de naissance sera mis en place, ainsi que d’autres prestations sociales, comme l’Allocation Dignité, une aide économique pour les personnes âgées (de plus de 60 ans) et la prime Juana Azurduy, une aide pour les femmes enceintes et les mères avec enfants de moins de deux ans.

Les brigades, coordonnées par le cabinet ministériel bolivien à travers l’Agence pour le développement des macro-régions et des zones frontalières, ont parcouru 25 000 kilomètres à travers les vastes contrées du territoire bolivien pour atteindre les communautés les plus isolées de Bolivie et porter assistance à plus de 141 000 Boliviens.

Le directeur de ce bureau, Jerges Mercado, s’est félicité de la participation des institutions gouvernementales à ces missions qui ont pour but de renforcer la souveraineté nationale dans les zones frontalières du pays ; il a souligné également les efforts déployés dans l’attention médicale et éducative, les moyens apportés à la téléphonie et au combat contre les illégalités, entre autres, afin de favoriser le développement de ces communautés.

Cet organisme gouvernemental consolide les politiques de l’État dans les zones frontalières et crée des liens entre les populations les plus reculées et le gouvernement national à travers des forums, des foires, des accords de développement, le soutien aux entreprises publiques, et autres initiatives productives.

Le gouvernement du président Evo Morales, dans la nécessité de forger une nouvelle politique nationale pour le développement harmonieux, intégral et durable des zones frontalières, a crée en juin 2010, l’Agence pour le développement des macro-régions et des zones frontalières.

L’Institution s’est constituée sur la base de trois objectifs : soutenir la défense de la souveraineté nationale, protéger les ressources naturelles et participer au développement des peuples frontaliers en favorisant la justice sociale et l’intégration économique.

Depuis l’époque coloniale jusqu’à la constitution de l’État plurinational, les frontières de la Bolivie ont souvent été laissées à l’abandon si bien que la faible population de ces régions a souffert de marginalisation et d’isolement, dû à un développement socio-économique insignifiant.

Durant cette période, elle a perdu plus de la moitié de son territoire, au profit de ses voisins. La Bolivie qui comptait initialement 2 363 769 km2 s’est vue réduite à un peu moins de la moitié de sa superficie (1 098 581 km2), essentiellement du fait de la concentration de la vie économique, sociale et politique dans la région de l’Altiplano (le Haut plateau).

En effet, l’État bolivien a toujours privilégié cette région de l’Altiplano andin, aux dépends des territoires chiquitano, pantanal amazonien ou chaqueño, qui constituent les diverses régions de cette vaste nation.

Regroupées, ces macro-régions (Amazonie, Chiquitania, Pantanal et Chaco) et leurs zones frontalières représentent plus des deux tiers de l’actuel territoire national, avec une population de 1,8 million d’habitants ; elles réunissent 70 communes de 33 provinces, sur 8 des 9 départements boliviens.

Avec la nouvelle constitution politique du pays, les régions frontières limitrophes avec 5 pays latino-américains et les macro-régions ont commencé à émerger comme des territoires clefs pour le développement global de la société bolivienne.

Depuis, l’Agence pour le développement des macro-régions et des zones frontalières, rattachée au ministère de la Planification du Développement, déploie ses politiques publiques en collaboration avec les différents ministères, les gouvernements, les municipalités, les Forces armées, la police, et autres entités qui participent au développement économique et social des zones les plus isolées du pays. (PL)
 

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