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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. le 28 Juin 2012

Rio+20 au milieu
des protestations sociales

RIO DE JANEIRO.— La réunion de haut niveau sur le Développement durable (Rio+20), a été inaugurée par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, alors que des milliers de personnes du monde entier participaient à une gigantesque manifestation pour la défense de la nature et contre le système capitaliste.

Dénommée Mobilisation mondiale, cette initiative a réuni plus de 50 000 manifestants qui ont accusé les nouvelles formes de reproduction du capital de nuire à l’environnement et d’être incompatibles avec le développement durable.

L’agence Prensa Latina rapporte que l’imposante marche a réuni des activistes sociaux, des écologistes, des paysans, des femmes, des afro-descendants, des indigènes, des universitaires, et des personnalités politiques, entre autres.

Des organisations comme Via Campesina (Voie paysanne) ont rappelé que, 20 ans après le Sommet de la Terre, la vie sur l’ensemble de la planète est devenue beaucoup plus difficile.

Elles ont mis en garde contre le fait que « le nombre d’affamés a augmenté de presque un milliard, au point qu’un être humain sur six souffre de faim chronique, notamment les enfants et les femmes des campagnes ».

Cette organisation paysanne a pointé du doigt un grave problème comme l’expulsion des travailleurs ruraux de leurs terres et de leurs territoires, les conditions de désavantage qui leurs sont imposées dans le cadre d’accords commerciaux et par le secteur industriel, et les nouvelles formes de monopolisation des terres et de l’eau, ainsi que « l’imposition de nouvelles législations sur la propriété intellectuelle qui nous volent nos semences, l’invasion de semences transgéniques, l’avancée des plantations de monocultures, des mégaprojets d’infrastructure et d’extraction minière », entre autres.

« Les grandes promesses de Rio 92 se sont avérées vaines. La Convention sur la Diversité biologique n’a pas mis fin à la destruction de la biodiversité. Au contraire, elle a contribué à de nouveaux mécanismes destinés à la privatiser et à la transformer en marchandise. La désertification continue à avancer de pair avec l’agriculture industrielle et l’expansion de l’agro-industrie et des plantations de monocultures. Le réchauffement de notre planète – avec son cortège de désastres et la souffrance qui en découle - n’a pas été diminué, il s’est plutôt accéléré et aggravé », a dénoncé Via Campesina.

« La grande tromperie de 1992 a été le "développement durable". Alors que les mouvements sociaux le voyaient comme une possibilité de traiter l’origine des problèmes, cela n’a finalement été qu’une recherche de nouvelles formes d’accumulation. Aujourd’hui il s’agit de légitimer ce qu’ils appellent "l’économie verte" », ont dénoncé les manifestants.

Via Campesina rappelle que l’économie capitaliste a causé la plus grande crise systémique depuis 1929. « Depuis 2008, le système hégémonique s’efforce de trouver des issues à la crise structurelle, tout en recherchant de nouvelles possibilités d’accumulation dans la même logique. C’est dans ce contexte que le secteur financier s’est emparé des conventions sur la diversité biologique et le changement climatique, et a développé cette nouvelle ingénierie financière appelé capitalisme vert ».

Les écologistes ont exprimé leur déception et ont dénoncé la faiblesse du document final adopté la veille par les négociateurs et qui sera débattu par les chefs d’État, qui devront introduire leurs modifications. C’est précisément ce que demandent les membres des organisations de la société civile.

Pour les organisations non gouvernementales et les organisations sociales et civiles, le document qui a pour titre « L’avenir que nous voulons » manque d’objectifs clairs, et reste imprécis sur les formes de financement des programmes censés permettre de parvenir à un développement durable.

Ils craignent que cette prochaine réunion puisse renforcer les politiques néolibérales et les processus d’expansion capitaliste, de concentration et d’exclusion qui nous entraînent dans une crise environnementale, économique et sociale aux proportions démesurées.
 

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