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Ho Chi Minh aurait 120 ans
Marta Rojas
• LE fondateur de la nation
vietnamienne que nous connaissons aujourd’hui mais
dont l’origine est millénaire est né le 19 mai 1890
dans le village de Hoang Tru, qui appartient à
l’actuelle province de Nghe An. Enfant, il reçut le
nom de Nguyen Sinh Cung, mais il en changea
plusieurs fois au cours de sa vie, notamment pour se
soustraire aux persécutions coloniales.
Selon l’histoire, la terre
où naquit Ho Chi Minh possède depuis le XVIIème
siècle une culture populaire d’une richesse
exceptionnelle.
Son père, enseignant de
profession, était un maître réputé de Lettres
chinoises, mais Nguyen Sinh Cung perdit ses parents
très tôt et fut confié à ses grands-parents
maternels, qui surent cultiver son intelligence. Dès
l’adolescence, Nguyen Sinh Cung ouvrit une école
d’enseignement des lettres à son domicile. Il devait
ensuite passer sa licence ès lettres. Il acquit des
connaissances de plus en plus poussées dans le cadre
de l’enseignement franco-vietnamien, car à l’époque,
le Vietnam était une colonie française.
Il avait à peu près 21 ans
lorsqu’il s’enrôla dans un navire français de marine
marchande, comme simple matelot et garçon de cuisine.
C’est ainsi qu’il voyagea en France, en Afrique et
aux Etats-Unis où, s’installant dans le quartier
noir de Harlem, à New York, il continua d’apprendre
les langues et d’enrichir sa connaissance du monde.
Il se retrouva ensuite à Londres où il exerça pas
mal de petits métiers, dont celui de serveur dans un
hôtel. A aucun moment il ne renonça à son
apprentissage autodidacte.
Fort d’une culture solide,
il retourne en France à la fin de 1917 sous le nom
de Nguyen Tat Thanh et s’engage à fond dans la lutte
pour la libération des colonies. Il entre au Parti
socialiste français où il défend énergiquement la
cause de l’émancipation des colonies africaines et
asiatiques. Il fonde un journal sous le nom de
Nguyen Ai Quoc. Il passe tout naturellement au Parti
communiste français après la Troisième
internationale fondée par Lénine, dont les thèses
stimulent la pensée révolutionnaire du jeune
Vietnamien.
Lui-même devait le dire plus
tard: «Les thèses de Lénine constituèrent pour moi
une commotion: j’y trouvai l’enthousiasme, des
instruments d’élucidation, la foi. J’en éprouvais
tant de joie que j’étais au bord des larmes. Assis,
seul, dans ma chambre, j’élevais la voix comme si je
m’adressais aux foules: «Compatriotes martyrisés,
voilà ce dont nous avons besoin! Telle est la voie
qui conduira à notre libération (1)»
C’est en tout cas cette voie
qu’il emprunta, cette fois sous le nom de Ho Chi
Minh, pour organiser le peuple vietnamien, créer le
Parti communiste d’Indochine et insuffler sa passion
d’indépendance et de souveraineté à ses compatriotes
qui lui emboitèrent le pas dans le combat contre le
colonialisme français, l’invasion japonaise et
l’impérialisme étasunien. Il conduisit le peuple
vietnamien de victoire en victoire. Il libéra et
construisit son pays sous une devise à laquelle il
ne renonça jamais: «Il n’y a rien de plus précieux
que l’indépendance et la liberté.»
(1) Ecrits politiques de Ho
Chi Minh. •
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