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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 21 Juin 2012 

Penser l'avenir aujourd'hui
• Le Sommet de la terre de juin 1992 à Rio de Janeiro, au Brésil, posa les fondements de la mise en place d'actions communes entre tous les États pour lutter contre la dégradation environnementale

Yaima Puig Meneses

CHEFS d’État et de gouvernement, hommes, femmes… arrivèrent de tous les coins de la planète au Brésil en juin 1992 pour le Sommet de la Terre. Leurs buts ? Concrétiser des actions pour combattre la dégradation environnementale à l’échelle mondiale, aggravée par la précarité des conditions sociales et économiques dans la plupart des pays du monde.

« Nous avons pris conscience du problème lorsqu’il était presque trop tard pour le résoudre », a averti à la Convention de Rio le leader de la Révolution cubaine Fidel Castro. « L’échange inégal, le protectionnisme et la dette extérieure agressent l’écologie et favorisent la destruction de l‘environnement », a-t-il souligné.

Craintes, attentes, incertitudes ont marqué cette rencontre que beaucoup ont cependant qualifiée de révolutionnaire pour les idées et les projets qui ont été exposés, même si 20 ans plus tard elles continuent de rester lettre morte pour nombre de pays, d’entreprises et d’organisations internationales.

L’un des principaux résultats de cette conférence du sommet fut l’adoption de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, qui établit 27 principes généraux visant à orienter les actions des gouvernements et de la communauté internationale pour parvenir à un développement durable. Cet événement allait consolider le concept de développement durable comme une voie pour répondre aux besoins des générations actuelles sans hypothéquer l’avenir.

Par ailleurs, la Déclaration de Rio allait établir des critères recteurs pour s’attaquer aux principaux problèmes environnementaux et du développement durable à l’échelle mondiale, et elle allait placer en premier lieu les êtres humains au centre des préoccupations environnementales et économiques. D’où la nécessité de considérer la préoccupation pour l’environnement comme partie intégrante du processus de développement.

S’appuyant sur les principes de la Charte des Nations unies et du Droit international, la Convention a reconnu le droit souverain des États sur leurs propres ressources naturelles, conformément à leurs propres politiques environnementales et de développement, en insistant sur leur responsabilité de veiller à ce que ces activités soient réalisées dans le cadre de leurs propres législations ou sous leur contrôle, et qu’elles ne nuisent pas à l’environnement ni à d’autres États ou zones situées en dehors de leur juridiction nationale.

D’autre part, la Déclaration a identifié l’éradication de la pauvreté comme condition nécessaire au développement durable ; elle a posé le principe de solidarité mondiale, ainsi que celui des responsabilités communes mais différenciées ; elle s’est prononcée pour l’élimination des modes de production et de consommation non durables ; elle a considéré la guerre comme un ennemi du développement en soulignant l’indissociabilité entre la paix, le développement et la protection de l’environnement.

Un agenda mondial incluant

La Conférence de Rio ou Sommet de la Terre nous a également dotés d’un Agenda ou Programme 21, un plan d’action dont les buts concernent l’environnement et le développement au XXIe siècle, dont les 40 chapitres fixent avec une relative précision les objectifs, les actions et les moyens nécessaires pour parvenir à un développement durable.

Ce programme d’action est composé de quatre sections : portée sociale et économique ; conservation et gestions des ressources pour le développement ; renforcement du rôle des principaux acteurs ; et moyens d’exécution. Ainsi, l’agenda 21 a établi les engagements de base que les État avaient contractés dans le domaine politique pour mener à bien les changements environnementaux nécessaires.

Le Sommet de la Terre a aussi le mérite d’avoir amorcé – au niveau gouvernemental – le traitement des sujets et des effets négatifs sur le système climatique de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, provoquée essentiellement par l’utilisation des combustibles fossiles ; la diminution des émissions polluantes des véhicules ; les problèmes urbains liés à la circulation automobile ; les inconvénients pour la santé provoqués par la pollution environnementale, et la pénurie croissante d’eau potable.

Peut-être que maintenant, même si on a beaucoup entendu parler de ces sujets, certains s’interrogeront sur la nouveauté que pourrait impliquer le fait que ces questions soient traitées à l’échelle internationale. Cependant, le seul fait qu’elles soient soulevées régulièrement ne veut pas dire qu’il en était de même il y a 20 ans. En 1992, aucun de ces sujets n’avait l’importance ni l’intérêt qu’on leur accorde aujourd’hui.

Il est bon de signaler en outre que le Sommet de Rio a jeté le bases de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, qui par la suite allait donner lieu au Protocole de Kyoto.

Même si ce premier Sommet de la Terre n’a pas résolu les graves problèmes qui commençaient à affecter la planète, il a le mérite d’avoir souligné dans l’agenda mondial le lien entre l’environnement et développement. Et comme dans la plupart des rencontres internationales, ont a assisté aux conflits d’intérêts entre pays développés et pays sous-développés.

L’attitude de délégation des États-Unis – conduite par le président George Bush père – et appuyée par plusieurs pays développés qui ont refusé de signer la Déclaration de Rio et l’Agenda 21, a contrasté avec les concepts énoncés par le leader de la Révolution cubaine Fidel Castro et d’autres chefs d’État qui ont été capables de défendre la souveraineté de leurs pays face aux prétentions des USA et de certains de leurs alliés.

Ces dirigeants ont parlé au présent d’un avenir proche, en soulignant l’urgence de la situation. Il fallait agit vite pour sauver l’humanité de l’autodestruction, car demain il serait peut-être trop tard. Une mise en garde toujours d’actualité.
 

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