• Le
Sommet de la terre de juin 1992 à Rio de
Janeiro, au Brésil, posa les fondements de
la mise en place d'actions communes entre
tous les États pour lutter contre la
dégradation environnementale
Yaima
Puig Meneses
CHEFS d’État et de gouvernement, hommes,
femmes… arrivèrent de tous les coins de la
planète au Brésil en juin 1992 pour le
Sommet de la Terre. Leurs buts ? Concrétiser
des actions pour combattre la dégradation
environnementale à l’échelle mondiale,
aggravée par la précarité des conditions
sociales et économiques dans la plupart des
pays du monde.
« Nous avons pris conscience du problème
lorsqu’il était presque trop tard pour le
résoudre », a averti à la Convention de Rio
le leader de la Révolution cubaine Fidel
Castro. « L’échange inégal, le
protectionnisme et la dette extérieure
agressent l’écologie et favorisent la
destruction de l‘environnement », a-t-il
souligné.
Craintes, attentes, incertitudes ont
marqué cette rencontre que beaucoup ont
cependant qualifiée de révolutionnaire pour
les idées et les projets qui ont été
exposés, même si 20 ans plus tard elles
continuent de rester lettre morte pour
nombre de pays, d’entreprises et
d’organisations internationales.
L’un des principaux résultats de cette
conférence du sommet fut l’adoption de la
Déclaration de Rio sur l’environnement et le
développement, qui établit 27 principes
généraux visant à orienter les actions des
gouvernements et de la communauté
internationale pour parvenir à un
développement durable. Cet événement allait
consolider le concept de développement
durable comme une voie pour répondre aux
besoins des générations actuelles sans
hypothéquer l’avenir.
Par ailleurs, la Déclaration de Rio
allait établir des critères recteurs pour
s’attaquer aux principaux problèmes
environnementaux et du développement durable
à l’échelle mondiale, et elle allait placer
en premier lieu les êtres humains au centre
des préoccupations environnementales et
économiques. D’où la nécessité de considérer
la préoccupation pour l’environnement comme
partie intégrante du processus de
développement.
S’appuyant sur les principes de la Charte
des Nations unies et du Droit international,
la Convention a reconnu le droit souverain
des États sur leurs propres ressources
naturelles, conformément à leurs propres
politiques environnementales et de
développement, en insistant sur leur
responsabilité de veiller à ce que ces
activités soient réalisées dans le cadre de
leurs propres législations ou sous leur
contrôle, et qu’elles ne nuisent pas à
l’environnement ni à d’autres États ou zones
situées en dehors de leur juridiction
nationale.
D’autre part, la Déclaration a identifié
l’éradication de la pauvreté comme condition
nécessaire au développement durable ; elle a
posé le principe de solidarité mondiale,
ainsi que celui des responsabilités communes
mais différenciées ; elle s’est prononcée
pour l’élimination des modes de production
et de consommation non durables ; elle a
considéré la guerre comme un ennemi du
développement en soulignant
l’indissociabilité entre la paix, le
développement et la protection de
l’environnement.
Un agenda mondial incluant
La Conférence de Rio ou Sommet de la
Terre nous a également dotés d’un Agenda ou
Programme 21, un plan d’action dont les buts
concernent l’environnement et le
développement au XXIe siècle, dont les 40
chapitres fixent avec une relative précision
les objectifs, les actions et les moyens
nécessaires pour parvenir à un développement
durable.
Ce programme d’action est composé de
quatre sections : portée sociale et
économique ; conservation et gestions des
ressources pour le développement ;
renforcement du rôle des principaux acteurs ;
et moyens d’exécution. Ainsi, l’agenda 21 a
établi les engagements de base que les État
avaient contractés dans le domaine politique
pour mener à bien les changements
environnementaux nécessaires.
Le Sommet de la Terre a aussi le mérite
d’avoir amorcé – au niveau gouvernemental –
le traitement des sujets et des effets
négatifs sur le système climatique de la
concentration de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère, provoquée essentiellement par
l’utilisation des combustibles fossiles ; la
diminution des émissions polluantes des
véhicules ; les problèmes urbains liés à la
circulation automobile ; les inconvénients
pour la santé provoqués par la pollution
environnementale, et la pénurie croissante
d’eau potable.
Peut-être que maintenant, même si on a
beaucoup entendu parler de ces sujets,
certains s’interrogeront sur la nouveauté
que pourrait impliquer le fait que ces
questions soient traitées à l’échelle
internationale. Cependant, le seul fait
qu’elles soient soulevées régulièrement ne
veut pas dire qu’il en était de même il y a
20 ans. En 1992, aucun de ces sujets n’avait
l’importance ni l’intérêt qu’on leur accorde
aujourd’hui.
Il est bon de signaler en outre que le
Sommet de Rio a jeté le bases de la
Convention cadre des Nations unies sur le
changement climatique, qui par la suite
allait donner lieu au Protocole de Kyoto.
Même si ce premier Sommet de la Terre n’a
pas résolu les graves problèmes qui
commençaient à affecter la planète, il a le
mérite d’avoir souligné dans l’agenda
mondial le lien entre l’environnement et
développement. Et comme dans la plupart des
rencontres internationales, ont a assisté
aux conflits d’intérêts entre pays
développés et pays sous-développés.
L’attitude de délégation des États-Unis –
conduite par le président George Bush père –
et appuyée par plusieurs pays développés qui
ont refusé de signer la Déclaration de Rio
et l’Agenda 21, a contrasté avec les
concepts énoncés par le leader de la
Révolution cubaine Fidel Castro et d’autres
chefs d’État qui ont été capables de
défendre la souveraineté de leurs pays face
aux prétentions des USA et de certains de
leurs alliés.
Ces dirigeants ont parlé au présent d’un
avenir proche, en soulignant l’urgence de la
situation. Il fallait agit vite pour sauver
l’humanité de l’autodestruction, car demain
il serait peut-être trop tard. Une mise en
garde toujours d’actualité.