Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 1 Décembre 2011 

Les engins de mort à la mode US

Claudia Fonseca Sosa

AVEC les attaques par des avions sans pilote que Washington lance dans les régions tribales du Pakistan, on ne sait plus à quoi s’en tenir. Une publication du Wall Street Journal le résume ainsi : « on tire contre des combattants qui sont reliés à des groupes terroristes, mais sans connaître vraiment leur identité ».

Un rapport du Centre de surveillance des conflits signale que les récentes attaques de ces aéronefs sur le territoire pakistanais ont un « objectif punitif », puisqu’ils prétendent sanctionner Islamabad pour sa collaboration supposée avec le réseau Haqqani. Il s’agit, en effet, d’une guerre pas encore déclarée, dont les principales victimes ont été des civils.

Steven Zaloga, un historien étasunien qui étudie depuis 36 ans les tendances mondiales en matière d’armements, explique que les dénommés drones – créés par la CIA –, sont télécommandés à des centaines de kilomètres du champ de bataille et permettent à la force militaire d’exercer sa puissance, en minimisant les pertes en effectifs. Ces avions espions sont équipés de capteurs électroniques pour la reconnaissance et de missiles d’une précision mathématique. De vrais engins de mort.

Steven Zaloga, qui est également membre du Teal Group, une importante entreprise consultante de défense à Farfaix, Virginie, affirme qu’en 2002 le Pentagone a dépensé environ 550 millions de dollars pour l’achat d’avions télécommandés et que cette année, le montant frôle déjà les 5 000 millions. De plus, estime-t-il, les ventes globales de ces équipements arriveront à 94 000 millions de dollars au cours de la prochaine décennie.

Cependant, selon les Nations Unies, sur les 40 pays qui possèdent d’avions sans pilote, seuls les États-Unis, Israël et la Grande-Bretagne les ont utilisés à des fins de guerre. Les autres les utilisent pour leur objectif original : la reconnaissance aérienne.

De fait, Israël – allié principal de la Maison Blanche au Proche-Orient – est le deuxième exportateur de cette technologie au niveau mondial, avec une très vaste gamme de modèles : des micro-drones comme le Moustique qui ne pèse que 250 grammes, l’Oeil d’Oiseau que deux soldats pourraient transporter sur leurs épaules, jusqu’à la Panthère, transporté par tank, capable de voler jusqu’à 60 kilomètres derrière les lignes ennemies et transmettre des images en direct, Même si son produit phare est le Héron, de cinq tonnes équipé de missiles très puissants.

L’analyste nord-américain ajoute que ces engins sont comparativement moins couteux que d’autres utilisés auparavant par l’armée de son pays et que le fait qu’il diminue le risque de pertes dans ses rangs – tellement décimés par les guerres successives de l’empire –, en fait les « préférés » de la Maison Blanche.

Selon les estimations, environ 2 300 personnes ont été assassinées dans la chasse aux membres des groupes Taliban le long de la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. L’agression aérienne y est désormais de plus en plus fréquente.

Un rapport du Bureau de journalisme d’investigation à Londres a révélé en octobre que sur les 300 attaques avec des drones qui ont eu lieu depuis juin 2004 en territoire pakistanais, 248 se sont produites pendant l’administration de Barack Obama. L’actuel occupant du Bureau ovale envoie des avions équipés de missiles tous les quatre jours, alors que son prédécesseur, George W. Bush, tous 47 jours.

Selon la source, la Force aérienne étasunienne dispose d’une flotte de 230 drones et elle entraîne actuellement davantage de pilotes pour ce type d’opérations que pour des chasses de combat. La majorité des drones en usage sont de modèle Prédateur : ils volent pendant 36 heures consécutives et détruisent leur objectifs avec des missiles Hellfire (Enfer de feu), qu’Obama se plaît à qualifier de « très précis ».

Par contre, Chris Woods, chef du bureau de recherches sur les guerres secrètes du Pentagone, a déclaré au journal Dawn qu’en 2011 les avions de la CIA ont attaqué le Pakistan à 66 occasions. Plus de 20 % des victimes ont été des civils. Qu’en est-il donc de la « précision » en question des contrôles à distance ? Pour Obama, les drones sont les « armes miraculeuses » qui lui permettront de s’ouvrir, à coups de bombardements, la voie vers « la victoire dans la guerre contre le terrorisme ». Leur utilisation repose sur des directives établies par Bush : « les responsables d’attaques terroristes peuvent être poursuivis partout, de toutes les façons », ce qui concède au président le droit - et de ce fait, la responsabilité - d’utiliser des drones par « obligation d’auto-défense ». La question serait alors : qu’ont fait les civils pakistanais au Prix Nobel la Paix ?
 

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