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 C U L T U R E L L E S

La Havane. 7 Juin 2012

Andrés Correa ou la passion
du flamenco

Angela Oramas Camero

ANDRÉS Correa, un des chanteurs cubains de flamenco les plus connus, qui fête ses 25 ans de carrière artistique, était présent au concert Chants de Cuba et d’Espagne, à l’occasion de la 24e édition du Festival La trace d’Espagne, dédié cette année à l’Andalousie. Andrés Correa a débuté au Ballet espagnol de Cuba où il est resté comme soliste jusqu’en 1999. Aujourd’hui, il fait partie de la compagnie de flamenco Ecos.


Alicia Alonso et Irene Rodriguez (à gauche) à l’inauguration du Festival La Trace de l’Espagne.

Andrés Correa nous a accordé un entretien pour nous parler de ces événements. « Le concert Chants de Cuba et d’Espagne a eu lieu le 2 juin à l’auditorium du Musée national des Beaux-arts. J’étais accompagné par la pianiste Amelia Ruiz, le guitariste Yovany Brito et les danseuses Ana Rosa Meneses et Angela Badell de la compagnie flamenca Ecos. »

En 1993, vous avez débuté comme chanteur au Ballet espagnol de Cuba, puis vous complétez votre formation artistique aux Séminaires du flamenco à La Havane organisés sous les auspices du Ballet national de Cuba et de la Junte d’Andalousie. Les souvenirs de cette époque ?

Un apprentissage chargé d’émotions, assuré par d’excellents professeurs de chant : les Espagnols Vicente Gelo, Juan José Amador et le directeur du Centre andalou de flamenco de Séville, Segundo Falcon. J’ai aussi assisté aux cours magistraux de compas (rythme) donnés par le chanteur Diego Carrasco, aux conférences didactiques du danseur Mario Maya, et aux conférences théoriques de Juan Verjillos, un critique reconnu du flamenco et journaliste andalou .

Qui vous a amené au flamenco et qu’est-ce qui vous a séduit ?

Dès mon plus jeune âge, j’ai été attiré par la musique espagnole. En fait, c’est un cousin germain, aujourd’hui décédé, le Dr Eider Hernandez , lui-même chanteur de flamenco amateur, qui m’a initié. Il m’emmenait à des « tertulias » organisées par des amis, tous passionnés par le flamenco. J’ai grandi dans cette ambiance où j’ai vécu des expériences qui se sont révélées décisives. Mon autre source d’inspiration, c’est la chanson Castillo de arena (Château de sable). En l’écoutant, je me suis dit : c’est le chemin que je dois suivre. Aujourd’hui, je ne pense pas abandonner le chant flamenco, malgré mon nouveau projet de spectacle où j’ai introduit des boléros, des ballades et des chansons cubaines traditionnelles.

Parlez-nous de votre amour du flamenco...

Le flamenco est un art merveilleux qui s’insinue en toi comme un virus, et tu meurs avec lui, parce qu’il est incurable. Il imprègne notre temps et il s’enrichit des expériences des nombreuses cultures ancestrales qui lui ont donné naissance, comme les gitans et les Maures, sans oublier l’apport modeste des Africains et les expériences qui se sont accumulées, en particulier à Cuba, pendant la conquète et la colonisation du Nouveau Monde. Cest un genre qui me permet d’exprimer ce que je ressens et d’exorciser mes démons. Je profite pleinement de tous les chants parce qu’ils sont chargés de poésie et de toute les histoires d’autrefois.

L’hommage à Antonio Gades à l’Oratorio San Felipe de Neri. Quest-ce que cela a signifié pour vous ?

Rendre hommage à Antonio Gades a été un grand honneur. Cet homme a écrit une page de l’histoire, et il a laissé une trace indélébile sur le flamenco. On lui doit énormément. Le legs d’Antonio Gades à la danse espagnole en général a été prodigieux.

Quelles ont été les critiques lors de vos représentations en Espagne?

Je ne me plains pas, en effet… En 2009, je suis allé en Espagne pour des raisons personnelles. J’ai visité Madrid, Séville, Barcelone et la communauté valencienne. À Séville, j’ai chanté à la peña Torres Macarena lors d’une fête dédiée à la chanteuse Pastora Pavon (La fille aux peignes). Ce fut une soirée inoubliable. Tu imagines ce que cela a représenté pour moi de chanter dans le temple du flamenco ! Là-bas, il y avait beaucoup de fins connaisseurs du flamenco qui m’ont applaudi. J’ai pris des cours au Centre d’Art et du Flamenco de Séville donnés par la prestigieuse chanteuse Esperanza Fernandez.

Avec quelles autres figures espagnoles avez-vous partagé la scène ?

« J’ai été accompagné à la guitare flamenca par Paco Jarana, et j’ai chanté avec Segundo Falcon en hommage à Eva la Yerbabuena dans une solea. J’ai aussi été invité par un important groupe de flamenco gitan, la famille Fernandez, lors d’une de ses représentations à la salle Garcia Lorca du Grand théâtre national ».

Andrés Correa a effectué des tournées artistiques dans plusieurs villes cubaines, ainsi qu’au Mexique, en Colombie et en Espagne. Pour son album, il a enregistré des morceaux avec d’autres musiciens et des groupes cubains, dont Barbaro Torres, Liuba Maria Hevia, Fiebre Latina, Aceituna sin Huesos et Jorge Luis Chicoy.

Correa a également débuté au cinéma : il a chanté dans le film Al menos un quejio du groupe espagnol Martires del Compas, et il fait une apparition dans le film britannique Arrythmia, du groupe Tough Monkey Music Limited. Récemment, il a enregistré le thème du feuilleton télévisé japonais Don Quichotte, transmis actuellement par la télévision de ce pays.
 

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