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 C U L T U R E L L E S

La Havane. 3 Février 2012

SILVIO RODRIGUEZ AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS
Rendez-vous avec son public

Michel Hernandez

Le 12 juillet 1967, un jeune chanteur-compositeur est arrivé au musée national des Beaux-Arts pour démarrer, peut-être sans le savoir, une légende qui dure encore. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et l’époque où il montait sur les scènes cubaines, sa guitare à l’épaule et l’esprit enflammé, est révolue. Cependant, les chansons de Silvio Rodriguez continuent de s’insinuer sous la peau comme le plus profond des sentiments

Rendez-vous avec son publicDans son nouveau concert au Musée des Beaux-Arts, qu’il a partagé avec l’ensemble vocal Exaudi, cet artisan de la chanson nous a montré une partie de son passé et de son présent pendant près de deux heures. Presque à la tombée de la nuit, il a chanté deux versions de Sea señora, de son album Segunda cita. La première a capella, comme s’il s’agissait d’un dialogue intime, personnel, puis accompagné à la flûte par Niurka Gonzalez, à la batterie par Oliver Valdés, et par le trio Trovarroco, il a repris la chanson qui propose sa vision de la réalité cubaine contemporaine.

Presque aux pieds de la scène, le public semblait un membre supplémentaire de son groupe. Notamment quand il a chanté plusieurs de ses classiques comme Ojala, Mariposas, Oleo de mujer con sombrero, El reparador de sueños, Quién fuera et El Mayor, qui conservent aujourd’hui les mêmes qualités qui un jour en ont fait des grands succès. Sans doute, nombreux sont ceux qui, à la lumière d’aujourd’hui, donnent leur propre interprétation à ces œuvres, et les associent ensuite à leurs histoires personnelles comme des livres de chevet.

Tout au long de la soirée, le chanteur a présenté un Silvio disposé à profiter du concert non seulement comme un cadeau au jeune qu’il fut, mais aussi à sa légion de fans qui remplissaient le Musée. En fait, il a fait en sorte que tout dans son univers fonctionne à merveille ; il a même surmonté les défaillances évitables de la sono en plein milieu des accords d’ Escaramujo, une de ses chansons emblématiques. « Si vous voulez, je recommence », a-t-il dit, sous une salve d’applaudissements.

Aussitôt, il s’est remis à chanter ce classique qui, comme chaque fois, a ému le public au plus profond.
 

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